A l' Anse au Sable, où le Gouverneur avait posté ses troupes près
de 2000 hommes, ne laissant que 300 soldats en ville. Les 2000 hommes se
tenaient silencieux, les armes prêtes, derrières les retranchements de
l' Anse aux Cormorans. Les Anglais qui ne voyaient point le piège où ils
allaient tomber, continuaient de descendre à terre.
La colonie aurait été sauvée si on leur eut donné le temps d'achever
leur débarquement, et de s'y avancer avec la confiance de ne trouver que
peu d'obstacles à franchir; " Alors, accablés tout à coup par le feu de
l' artillerie et de la mousqueterie, ils eurent infailliblement péri sur
le rivage ou dans les flots, au milieu de l'opération précipitée du
rembarquement, car la mer était dans cet instant fort agitée."
Mais l' impétuosité française, fit échouer toutes les précautions de la
prudence. A peine les généraux anglais eurent-ils débarqués une partie
de leur troupes et fait signe aux autres d' aborder, que l'on se hâta de
découvrir le piège.
Au feu brusque qui éclata sur leur chaloupes, et plus encore à l'
empressement qu'on eut de déranger les branches d' arbres qui masquaient
les forces que l' on avait tant d' intérêts à cacher, ils devinèrent le
péril et l' évitèrent. Revenant sur leur pas , ils ne virent pas
d'autres endroits pour descendre que le rocher ou Wolfe avait envoyé des
tirailleurs.
Le général occuper du soin de faire rembarquer ses troupes; ordonna à un
officier de s'y rendre. Ce que fit le Major Scott avec une poignée de
soldats. débarquant seul de sa chaloupe à moitié coulée. Il ravive ses
hommes réduit à une dizaine et atteint les hauteurs, protégé par les
rochers, il y contient une contre offensive française et indienne et
malgré l' artillerie, prennent possession du seul point qui leur
permettaient d'assurer leur descente vers la ville.Les Français
débordés et pris en flanc, inquiets du bruit qu' un autre corps d' armée
ennemi était débarqué au Cap Blanc, croyant qu'ils seraient coupés de la
ville, quittent leurs positions et rejoignent Louisbourg.
Les Français avaient perdus 200 hommes tués ou prisonniers.
Parmi ces tués " Le Capitaine et le sous-lieutenant des grenadiers de
Bourgogne; M. Mascle est blessé.
A 7 heures du soir, les troupes avaient rejoint Louisbourg, le
véritable état de siège venait de commencer.
Un conseil de guerre réunissant, Drucourt Gouverneur de la place, Desgouttes, commandant en chef de la
flotte, Beaussier, Marolle, le
chevalier de Courserac, le chevalier de Sorgeville, Du Dresnay,
Desrochers, le chevalier de Tourville, où chacun faisait part de ses
réserves.
Desgouttes a demandé le départ de la Flotte, Drucourt a rejeté
toute idée de laisser partir celle-ci.
Les sept compagnies restantes de Cambise, sont arrivées à 7heures du
soir au fond de la Baye, les chaloupes des vaisseaux les ont été
chercher. L'on a mis le même soir le feu aux maisons du Barachois qui
formaient un faubourg considérable.
Les Troupes ont couché au bivouac dans le chemin couvert et les
Grenadiers soutenus de quelques piquets au four à chaux que l'on a
commencé à démolir
A minuit, le Bizare est parti avec sa cargaison pour Québec et la
frégate la Comète est partie pour la France. .
Les Anglais, selon un document d' un Lieutenant du Régiment de
Valbertonne auraient eu 400 tués.
La Division qui attaqua L' Ance aux sable, a perdu environ 400
hommes tués ou noyés, duquel nombre était un capitaine de grenadier du
Royal Ecossais; 2 autres capitaines, 4 lieutenants, et que leur descente
au ....., à gauche de l' ance s'était faite par hasard qu' il n'a pas
cru cet endroit susceptible de descente, que 3 chaloupes s' y étaient
jetées pour éviter le feu des Français et que ces dernières avaient fait
signal aux autres d' avancer. Le
9 Juin
: A 5 heures du matin, l'on a envoyé une partie des troupes se
reposer, ce qui n'était pas sans besoin. Depuis 8 jours, elles avaient
couché au pied des retranchements de la côte par des temps de brumes et
de pluie qui ont fait tomber malade, une grande quantité de soldats.
Il a été envoyé au port Dauphin, un ordre express à Monsieur du Chafaux
de faire voile pour Québec avec tous les bâtiments qui étaient dans ce
port.
L'ennemi n'a pas attaqué ce jour se contentant de renforcer ses
positions prises la veille.
Un nouveau Conseil de guerre a lieu :
Le Marquis Desgouttes commandant l'escadre du Roy à Louisbourg, s'est
rendu à 9hres du matin chez Monsieur le Chevalier de Drucourt,
gouverneur,
auquel il a fait part de son point de vue et de son désir de sauver
l'escadre en la faisant quitter le port. Le Conseil a décidé que si cela
se faisait c'était livrer la ville à un assaut de terre et de mer sans
aucune protection et de ce fait forcer la ville à capituler rapidement.
Il a donc été décidé, que la flotte resterait à Louisbourg.
Etaient présents, Desgouttes, P. Revol, Denis de Bonaventure, Franquet,
Marin, Anthony, Drucourt. Vers 10 heures du soir, les anglais ayant
démasqué une batterie de 10 à 12 mortiers, ont arrosé les français
de plus de 250 bombes pendant la nuit. Plusieurs sont tombées sur la
ville, les autres aux alentours des vaisseaux, certaines les touchant,
nous faisant craindre d'y mettre le feu et de les faire sauter. La
décision a été prise de déplacer les dits bateaux afin d'en assurer leur
protection tout en leur laissant la possibilité de répondre aux tirs
ennemis.
 |
A gauche
Échange de tir avec
les navires anglais.
A droite
Renforcement des positions |
 |
Le 10 juin :
L'Etat Major a eu connaissance des emplacements des camps
de l'ennemi anglais qui paraissent situer au-delà du ruisseau de la
Pointe Plate sur le chemin de
la Cormorandières à l'étendue et au nombre de leurs tentes. Ils ont jugé
qu'il pouvait y avoir environs dix à douze milles hommes. Ils se sont
donc préparé à faire toute la résistance possible, ils ont fini la
démolitions du four à chaux et des cheminées des maisons brûlées qui
pouvaient nuire. Les ouvriers dans ces travaux sont soutenus et protégés
par des piquets des compagnies volontaires. Le 11 juin :
Un ingénieur et deux compagnies de volontaires ont été demandées pour
couvrir la démolition de la batterie royale par des ouvriers. Cette
démolition a été très avancée. Il est arrivé hier au soir, deux Acadiens
de l'île St Jean dont ils sont partis avec 14 des leurs et 12 sauvages.
Ces derniers sont restés au Port Toulouse et les Acadiens à la Cabane à
pierres. Il a été rapporté que le désordre y était grand et que les
vivres qui y avaient été portées avaient été pillées par les Indiens
sans que le soldat appliqué a sa garde ne puisse faire quoi que ce soit.
Rapporté également, la présence de sergents , caporaux et soldats
qui le jour de l'attaque avaient été séparés de leurs unités, perdus
dans les bois et qui s'étaient regroupés à cet endroit. Ce qui a porté
Messieurs de Villajoint, La Poterie, Vilmé et Rousseau a demandé douze à
quinze hommes pour se porter avec eux sur les lieux afin de rassembler
tout ce monde et d'en former si possible une compagnie de volontaires.
Ils ont reçu les ordres nécessaire ainsi qu'un ordre de Monsieur d'Anthonnay
à remettre à un officier de son bataillon et ses 20 hommes
qui se sont retrouvés du côté de Miré, n'ayant pu rejoindre les autres.
La petite troupe est partie à l'entrée de la nuit avec en plus le sieur
Lagonnère, avec 20 hommes de la compagnie Dacarette pour se porter sur
les arrières de l'ennemi, faire quelques prisonniers et les inquiéter.
Sept vaisseaux de ligne et deux frégates sont venues mouiller au large à
environ une lieue et demie par le travers du Cap Noir.
Sur le soir, ils ont appris qu'un sergent et quatre volontaires de la
compagnie de Gamberse étant en patrouille venaient de déserter.
Le 12 juin :
La destruction de la batterie royale se poursuit sous la
protection des deux compagnies de volontaires. Deux autres compagnies se
sont portées à la Pointe Blanche où ils ont trouvé un détachement ennemi
avec lequel ils ont échangé des tirs de mousquets.
La frégate l'Aréthuse commandée par le sieur Vauclin s'est positionnée
au Barachois pour écarter et prendre en flanc l'ennemi s'il débouchait
dans cette partie.
Le Contre-amiral est sorti de Gabarus avec 5 vaisseaux qui ont mouillé
sous le Cap Noir pour bloquer le port.
Wolfe avec deux milles hommes prend possession d'une batterie dite du
Phare et de tous les autres postes abandonnés par les assiégés. La
batterie du Phare était importante parce qu'elle commandait le port, la
ville, et les ouvrages d'une île située en face. De part et d'autre,
l'on se prépare au Siège en aménageant ses positions. Le 13 juin
:
Au lever du soleil, de nouvelles troupes débarquent vers les
Anses à Gautier. Elles font revoir les prévisions françaises d'attaque
qui étaient d'y faire un coup de mains par une partie de la garnison.
Par réflexion et la difficulté d'y faire effectuer des reconnaissances,
ils n'ont cru pouvoir l'entreprendre.
A dix heures, les compagnies de volontaires, Du Roquart, Desmailles,
Garcemences et Camberse se sont accrochées avec des troupes ennemies sur
les premières hauteurs du chemin de leur camp. Le feu de la mousqueterie
a été vif de part et d'autre l'espace de deux heures.
Messieurs Desmailles, Camberse, Roquart et De Beuve y ont été blessés,
les trois premiers légèrement, et De Beuve plus sérieusement. Des
soldats ont également été tués et blessés. Les capitaines de compagnies
ne croyaient pas s'engager autant mais l'ardeur et la grande volonté de
leurs troupes les y a conduit.
La connaissance des forces que l'ennemi peut avoir à l'Anse à Gautier
est imparfaite. La situation des lieux ne permettant pas d'y envoyer des
reconnaissances.
Mais il est certain, cependant qu'ils s'y établissent, Il leur est tiré
dessus depuis l' ile et à partir des vaisseaux, lorsqu' il se découvre
quelques pelotons de troupes. Le 14 juin :
Les Anglais fortifient leurs positions et approchent aux mieux
possible des positions Françaises, des échanges de tir ont lieu et
Monsieur Desgouttes fait sortir sa chaloupe carcassière armée de deux
canons pour tirer sur des transports de troupes Anglaises qui était par
le travers des Anses à Gautier. Une frégate venu du large protéger ses
transports à obligé cette chaloupe à faire demi-tour après un échange de
tir.
Des fausses alertes ont tenu en éveil les troupes Françaises. Il a même
été fait appel à L' Aréthuse pour canonner quelques positions supposées
Anglaises.
Le Sieur Drucourt, à envoyer un tambour porteur d' une lettre pour les
Anglais, dans laquelle il demandait des nouvelles du sort d' officiers
qui étaient tombés aux mains des Anglais lors du débarquement. Ce sont
Monsieur de Belesta et Langlade capitaine des grenadiers ainsi que des
Sieurs Savary et Romainville.
Un échange de courriers plein d' amabilités à lieu , ou l' on se rassure
les uns et les autres sur les bon soins apportes aux blessés; tant d' un
coté que de l' autre.
Le 15 juin :
Renforcement des positions, d' un coté et de l' autre. Rien à
signaler sinon que les Anglais prépare méthodiquement leur attaque.
Le 16 juin :
Rien de Spécial, des patrouilles de part et d'autre. Les troupes
en présence prennent du repos. Des piquets ont approvisionnés les
différents postes de défenses Français. 150 travailleurs ont été
employés du coté français à faire un épaulement sur les talus du rempart
à l' angle du flanc du bastion dauphin pour couvrir la batterie de ce
flanc.
Le 17 juin :
Du coté Français l' on poursuit le travail de renforcement des
positions de défenses.
Le général Amherst a envoyé à Madame Drucourt 2 Ananas,
en lui faisant dire qu' il était très fâché des inquiétudes que la
circonstance allait lui causer.
Le 18 juin :
Retour de politesse, le Marquis Desgouttes fait parvenir au
général Anglais un panier de 50 bouteilles de vin en remerciement des
intentions apporter à Madame Drucourt.
Le 19 juin :
Nuit calme, à 5 heure ce matin , les
volontaires d' Artois ont amené un déserteur Irlandais à leur
autorité. Ce dernier leur a appris que lors de la descente des
anglais, il ne s' en ai fallu de peu que cela tourne à l' avantage des
Français; mais le déclenchement trop rapide du tir et le découvrement
des positions françaises trop tôt, a permis aux Anglais de
reprendre l' attaque rapidement en d' autres lieux. Les Anglais
auraient perdu 400 hommes lors de cette première attaque. Interrogé sur
les forces de l ' Anglais, celui-ci dit venir du régiment de Walbreton et
que les forces anglaises sont de 13 régiments dont 6 venus cette
année de la vielle Angleterre. Ces régiments sont composés chacun de 10
compagnies, qui sur le pied complet devraient être de 68 hommes faisant au
total 685 hommes ,officiers inclus. Seul le régiment des Montagnards
écossais dont le corps est de 1300 hommes commandé par le Colonel Treghets diffère des autres.
Voici selon les dires du déserteur l' état des régiments arrivés de
la vieille Angleterre vers la fin du mois d' avril.
-un bataillon du Royal écossais commandé par M.Rootges
-un bataillon Heudeside
"
-un bataillon
commandé par M.Walpool
-un bataillon
commandé par M.William
-un bataillon
commandé par M. de Montaigu
-un bataillon
commandé par M.Fletger
Régiments qui étaient déjà à la Nouvelle-Angleterre
-Walbreton
-Dombar
-Haquets
-Lasalles
-2 bataillons du Royal Américain
-1 corps de 1600 coureurs des bois venant de la
Nouvelle-Angleterre, non vêtus et sans uniforme commandés par M.
Quennedy
-300 canonniers du régiment de pool pour l' artillerie
-500 soldats de vaisseaux
Tous ces corps de troupes sont estimés au nombre de 11920 hommes.
Toujours selon les dires du déserteur:
L' Amiral commande en chef l'expédition et
les forces de terre et de mer.
Le Général Lawrence, gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, commande
en second pour la terre
Le colonel Amherst commandant après lui.
Monsieur John O Neil commandant de l' artillerie et le génie
avec 7 ingénieurs peu expérimentés suivant le rapport du dit déserteur.
La grosse mer ne leur a pas permis jusqu'ici de débarquer l' artillerie.
Ils y travaillent mais avec beaucoup de peine et de difficultés.
Ils ont fait un chemin depuis la pointe plate pour communiquer derrière
les hauteurs vers le fond de la Baye jusqu'à l' anse à Gauthier et
Lorembec
Le camp anglais occupe depuis la Pointe Plate où il est à la droite,
il s' étend sur la gauche vers les hauteurs qui conduisent vers le chemin
Rouillé.
Les coureurs des bois de la Nouvelle
Angleterre sont campés sur la gauche du grand chemin de Miré au delà de
l' habitation du Gras, ayant avec eux 6 pièces de canon de six.
Depuis le fond de la baye, jusqu'à l' anse à
Gauthier et Lorembec ils ont dans cette partie 2000 hommes.
Ils cherchent à assurer leur camp par les derrières contre
les partis ( partisans ) et les sauvages par des redoutes qu'ils ont
élevées. Qu'ils ont des " blocosses" de bois prêtes à
assembler où ils auront du canon pour le même objet.
Sur la montagne en avant de la droite de leur camp, sur le
cap au Goéland, ils forment une batterie de 12 mortiers de 13 pouces.
Sur la seconde montagne est installée une
batterie de 18 canons de 18 pouces.
Sur la troisième
montagne en suivant sont 12 mortiers de 13 pouces.
Sur la pointe du carénage la plus avancée dans la rade, une batterie de
16 canons de 18 pouces qui ont été débarquées à l' anse à Gauthier.
Le déserteur anglais prétend que le projet du général est de tenter
l' entrée de la rade en battant le Fort de l' Islot. Les bateaux
du Roy ainsi que toute l' artillerie ouvriront le feu à son signal. Il dit qu' ils ont apporté 14 000 fascines et gabions, qu' ils ont
48 chariots avec des bœufs pour le service
de l' artillerie.
Qu' ils ont plus de 3 000 malades et que leurs hôpitaux sont
établis derrières la Pointe Plate.
Egalement que les régiments venus d' Europe sont
arrivés le 25 avril à Halifax, que la flotte pour venir à Louisbourg est
partie de ce dernier lieu le 22 mai.
Qu' en outre des vaisseaux de guerre de cette flotte, il y avait
180 voiles, qui le tout n' a pu être rassemblé que du 31 mai au 2 juin;
et qu' il n' est resté à Halifax qu' un vaisseau de 300 hommes.
Que le jour de la descente, ils ont perdu par le
feu ou par les berges submergées 748 hommes.
Que le canon qui a tiré de l' Islot vers la Lanterne a tué et
blessé 60 à 70 hommes.
Que l' Amiral Hawks est arrivé avant hier de la
Méditerranée avec 5 vaisseaux dont les équipages sont presque tous sur
les cadres.
Ce dernier prétend qu' un sergent déserteur du régiment du Royal
Etranger qui a quitté les Français le 10 de ce mois, a empêché les
Anglais qui voulaient désertés de venir ici ,
leur faisant croire qu' ils y avaient beaucoup de malades. Ce même homme
a porté à la connaissance des Anglais, les emplacements
des poudres et des mines Françaises.
Ce même jour arrivé d' un prisonnier matelot de l' Escadre Anglaise.
Celui ci a été fait prisonnier par les Acadiens du Sieur de
Villejoint, fils. Ces derniers ont pris 4 matelots qui étaient en train
de faire du bois à Gabarus. Après un premier interrogatoire effectué sur
place, l' un d' entre eux a été envoyé aux autorités
Françaises.
Selon ces prisonniers,
Les troupes Anglaises seraient au nombre de 15 000 à 18 000 hommes
à terre, inclus environs 1 500 coureurs des bois.
Qu' ils ont 22 vaisseaux de guerre, une bombarde et près de 200
bâtiments de transport dont 20 chargés de fascines, dans
les autres, est l' artillerie et ustensiles.
Que l' Amiral Boscawen en commande l' expédition en général, qu'
il doit tenter de forcer la rade avec 6 vaisseaux de 90 canons ayant
appris par les prisonniers qu' ils ont fait fait aux retranchements qu'
il n' y avait que 5 vaisseaux de force pour la défendre.
Que se croyant certains de prendre Louisbourg, ils ont embarqué
des familles, beaucoup de malades à leurs bords qu' ils ont peine à les
manœuvrer.
Ils ont 1 100 hommes à l' Anse à Gauthier, 300 à Lorembec et
doivent en envoyé 1 500 à l'Isle St Jean.
Les Anglais appréhendent beaucoup une escadre française et espagnole de
36 vaisseaux de guerre qui doivent, disent-ils, arriver. Interrogés
s' il en ont eu des nouvelles, ils ont répondu que non.
Il a péri bien du monde dans les berges en débarquant, qui se sont noyés
ou tués par les Français, ainsi que de nombreux blessés. Les Anglais n'
auraient fait que vingt prisonniers, tous blessés.
Selon Monsieur de Villejoint
Un habitant arrivé de l' Espagnol hier, rapporte que les
vaisseaux dont on était inquiet ont fait voile le 8 de ce mois, il tient
cette nouvelle d' un homme qui les a vu appareiller. Par
la même voie, il apprend qu' il apparut, hier, par le travers de la
baye des Espagnols, 10 vaisseaux faisant route vers Louisbourg.
Monsieur de Villejoint, signale également qu'il
lui est impossible de mener quelques attaques de harcèlement que ce soit
tant les troupes Anglaise sont dense.
Il fera l' impossible pour désorganiser les préparatifs anglais en vue de la prise de la ville.
Nuit du 19 au 20 Juin
Vers les 9 heures du soir, Les Anglais commencèrent un tir vers
L' Islot et les Vaisseaux. Il en est tombé une vingtaine de bombes sur l' Islot le
reste étant dirigé sur les vaisseaux. 120 obus auraient été tirés. Les vaisseaux s' étant retranchés près de la ville,
quelques bombes
touchèrent cependant le" Prudent " ;
" L' entreprenant ";" Le Bienfaisant " sans faire de victimes. Par contre
sur le" Célèbre ", il y eu trois officiers tués et deux matelots
blessés. A terre trois soldats ont été blessés.
20 Juin
Les Anglais poursuivent leurs tirs. Les vaisseaux français
ripostent sur la batterie du fond de la baye et sur celle du fanal. A
bord du Bienfaisant, il y a eu ce jour
4 morts, 2 officiers, 1 garde marine, et 1 matelot.
21 Juin
.Les tirs se sont poursuivis pendant la nuit. Les Anglais
installent une nouvelle batterie à la Chapelle Ste Claire. 30 hommes sont
astreints à cet ouvrage.
Du coté français, les volontaires ont mis le feu à un dépôt de fascines
que les anglais avaient fait sur une hauteur en avant de leur camp, vis-à-vis le bastion du Roy. Les Français envisagent de couler
plusieurs bâtiments à l' entrée du port, pour en fermer l' accès aux
Anglais. Les vaisseaux Français ne sont plus à même d' en interdire l'
entrée.
22 Juin
Journée calme avec un fort vent du Sud-sud-ouest, brume et mer
fort agitée. Ce qui n' empêchera pas les Anglais de poursuivre leur
travaux d' approche et aux Français de fortifier le quai et se préparer à
couler dans la passe de l' entrée du port les navires suivants; " L'
Apollon"," La Fidèle", " La Chèvre", et un navire malouin. Monsieur Desgouttes, malgré les
ordres de Monsieur de Drucourt a ordonné le
départ de deux navires L' Entreprenant et le Célèbre vers les 9 heures
du soir, mais le temps devenu trop calme et la brume persistante ont
empêché ce départ.
23 Juin
|

Guerrier Micmac |

Milicien Acadien |
Du côté français, à 1 heure de l' après-midi, est arrivé
Monsieur de
L' Ery, parti de Québec le 8 mai avec Monsieur de Boishebert
. Ce dernier étant resté à Miramichi pour y rassembler son détachement
et ensuite se diriger sur Louisbourg. Les autorités françaises pensent ce
dernier arrivé à Port Toulouse, Son détachement doit consister en
soldats de la colonie, en Acadiens et en sauvages Micmac. Les deux
guides Acadiens rejoindront Messieurs de Boishebert et Villejoint.
Les Français ont quelques problèmes avec leur ravitaillement, un premier
dépôt ayant été dévasté lors du débarquement Anglais, un second a été
dilapidé par un administrateur peu scrupuleux.
Photos: Patrimoine Militaire Canadien |

Chef Micmac |
Une autre nouvelle rapporte également que Messieurs de Vaudreuil et
Montcalm avaient décidé de faire le siège de fort Lidius près du lac St
Sacrement. Tout était près pour ce siège. Leurs troupes et
miliciens sont prêts pour se rendre au fort St Frédérick où l'ensemble
des troupes vont se rassembler..
24 Juin
Les Anglais ont profité de cette journée pour apporter de
nouvelles pièces à leur batterie et d' en ajuster le tir. A 9 heures du
matin un nouveau conseil de guerre a lieu du côté Français; il en a été
décidé que les vaisseaux resteront dans la rade et devrons subir le même
sort que la citée. Chacun ayant fait valoir son avis, malgré la
réticence de Monsieur le Marquis Desgouttes, celui ayant malgré tout
reconnu que c' est la présence des navires dans la rade qui ont empêché
une attaque de la ville par ce côté. Il a donc été convenu de renforcer
la protection des navires par des " Blaindage" approprier. De même des
bouées ont été mises en place pour marquer les positions ou seront
coulés les bâtiments qui fermeront l' entrée de la rade.
Sur les 10 heures ce matin un tambour-major Anglais porteur d' une lettre
pour Monsieur Drucourt et de deux ananas pour Madame Drucourt. Le
courrier apportait des nouvelles des prisonniers Français, ainsi qu' une
autre lettre pour Monsieur Meyrac, cette dernière envoyé par l' Amiral
Boscawen aurait été trouvé à bord de la frégate " l' Echo ".
( Bâtiment pris par les Anglais ).
Monsieur de Drucourt, répondit en remerciant Hamerst de sa sollicitude et
lui faisant savoir que dès le lendemain, il enverra à bord d'un des
premiers vaisseaux par une chaloupe, le linge et autres effets que les
officiers blessés et prisonniers demandent. Monsieur de
Drucourt, envoya également une lettre à Monsieur de Boisebert le 24 juin
1758 à trois heures de l' après-midi. Copie de cette lettre:
" Monsieur de l'
Ery m' a appris avec plaisir, Monsieur, votre départ de
Miramichy, il est inutile de vous marquer ici les regrets que
j'
ai, que vous n'ayez pu partir que le 8 may de Québec, dès ce
temps nous attendions l' ennemi.
Si vous avez reçu mes précédentes par différentes voies de
courriers qui retournaient à l' Îsle St Jean en bâtiment et à la
rivière St Jean, vous aurez pu voir les arrangements que j'
avais pris, et par un dépôt de vivres chez Mr. de Villejoint qui
vous eu conduit au Port Toulouse, et par d' autres chez Pierres
à deux lieues d' ici et chez La Borde à la rivière de Miré. mais
les circonstances ont rendu nulles ces précautions.
Premièrement, Vous n' avez pas passé par l' Îsle St Jean.
Secondement, Le jour de la descente des Anglais, le 8 du présent
et les suivants, les Sauvages et autre ont dévasté et pillé
ledit dépôt, et celui qui avait été préposé chez La Borde pour
l' administration s' est conduit de façon qu' aujourd'hui il n'y
a pas pour 4 jours de vivres; aussitôt l' arrivée de Monsieur de
l' Ery les ordres ont été donnés pour que deux goélettes
risquassent le passage à la Rivière de Muiré, ce qui devait être
fait, mais ils n'ont pu partir cette nuit, voila les vents
contraires et je doute de la réussite.
Si donc, Monsieur, si vous parvenez chez Mr. de Villejoint et que vous n'
y trouviez pas les ressources en vivres et en munitions telles
que vous devez les avoir, le seul parti à prendre est à la
faveur de vos deux conducteurs que Villejoint fils vous
indiquera de forcer le passage ( depuis la frontière des bois
entre le chemin de Miré et la maison de Rodrigue) jusqu' au bord
de la mer vers chez Martissans et Dolobaratz, et là vous ferez
les signaux de trois coups de fusils avec vos serviettes ou
mouchoirs blancs au bout de bâtons, il me parait que ce trajet
ne peut se faire pour plus de sureté qu' en se trouvant à une
heure après minuit sur la lisière des bois et tout de
suite profiter du reste de la nuit pour se rendre sur le bord de
la mer. Je dis que dans ce trajet d' environ une lieue et demie,
si les avant-gardes en patrouilles des camps qui sont situés
vers l' habitation de Bonnaventure et Dugras, et celles des
batteries ou redoutes que nous connaissons au delà de la rivière
sous le bien, ayant connaissance de votre troupe, leur premier
mouvement est le seul qu'ils aient à faire, est de crier alerte,
non pas pour venir en force vous reconnaitre et attaquer; Mais
au contraire pour que chacun soit sous les armes et se préserver
soi-même. Je pense donc qu'il est inévitable à un corps d'
environ 400 hommes de se rendre au lieu indiqué et quand au
jour, nous en aurions connaissance, il nous sera facile à faire
sortie jusqu' au pont du St Esprit. un détachement assez fort
pour vous faciliter l' entrée sans être obligé de venir en
chaloupe, point à ce que, une fois sur le bord de la mer, le feu
du canon des vaisseaux vous protège. Les Volontaires que nous
avons chaque nuit dehors n' ont jusqu'à présent rien aperçu qui
puisse s' y opposer, il résulterait de votre entrée ici,
Monsieur, que la place même, nous vous donnerions les
connaissances du local pour faire vos dispositions et tomber à
l' improviste sur tel ou tel poste qui sont de votre
connaissance, situés à savoir une redoute entre la Pointe
Blanche et la Pointe Plate vers le Cap au goéland, ensuite leur
camp situé en deçà du ruisseau de la Pointe Plate et revenant
sur les hauteurs qui gagnent l' habitation du Gras près le
chemin de Miré sont deux autres redoutes, les unes et les autres
à environ 1000 toises de la ville entre chez Le Gras et l'
habitation de Mr. de Bonnaventure et un autre camp que nous
savons occupé par les coureurs de Bois au nombre de 1600 et
continuant la chaine à gagner les habitations de Mr. de Raymond
et de Morin. Ils traversent ordinairement la plaine n'
approchant pas la lisière des bois et leur premier poste paris
au delà du Ruisseau sous le Bien, là ou ils ont fait une
batterie de 6 à 8 canons et se sont précautionnés dans le même
goût en revenant à la Lanterne, ayant fait des redoutes et
batteries dans ces parties là.
Au
rapport d' un déserteur, ils ne peuvent pas être plus de 1000 à
1100 hommes y compris les malades en assez grand nombre de façon
que ces forces occupent depuis le Cap au Goéland jusqu'à la
Lanterne, la division doit en être grande et l' accès facile par
un je l' indique, qui est je crois le même que celui des
Acadiens qui ont conduit Mr. de l' Ery, au reste l' on peut se
fier à eux, car il me paraissent pratiques.
Vous aurez pu voir par ma dernière que je
désirais faire le présent aux sauvages et armer ceux qui ne le
seront pas, comme plusieurs des nôtres que j' ai su avoir
quitter leurs fusils pour emporter plus de vivres.
Vous savez que nous étions convenus dès l'
année dernière que vous m' amèneriez celle-ci, les Canibas
amalécites, je m' en suis expliqué de même et des raisons
pourquoi avec Monsieur de Vaudreuil, qui m'a approuvé, vous
pouvez même vous rappeler, que vous me dite l' année dernière,
que si vous aviez été prévenu, vous auriez eu 300 acadiens, que
vous ne manqueriez pas de prendre celle ci, mais je vois que le
nombre en est beaucoup au dessous. Souvent il se présente des
sujets dans un temps qui refusent dans un autre, mais il n' est
pas douteux que si les hasards avaient pu vous faire arriver au
commencement de juin avec une cinquantaine de soldats, trois
cent acadiens et canadiens et soixante ou quatre vingt sauvages
de Miramichi, L' Îsle St Jean et les nôtres que nous avions ici
au nombre de quarante ou cinquante, ils ne se sont pas établi
tranquillement, et même eussent remplis de certains vides dont
vous pouvez avoir connaissance au delà de l' anse au sable, car
l' année dernière votre détachement y était et ou il n' y avait
personne et là même ou ils ont fait leur débarquement après
avoir tenté celui de la Cormorandière.
Je vous envoie, Monsieur, la Croix
de St Louis que le ministre m' a adressé pour vous, portée là en
attendant le moment d' être reçu, cela ne peut faire qu' un bon
effet, ceux qui vous suivent doivent être bien aise des grâces
que le Roy vous accorde et leur donner de l' émulation.
Je suis très sincèrement votre très humble
et très obéissant serviteur
Signé Le Chevalier de Drucourt |
Un second conseil de guerre composé des chefs des corps et des
Capitaines de Vaisseaux a eu lieu, il en résulte ceci, que les vaisseaux
subiront le sort de Louisbourg, malgré un réquisitoire de Desgouttes en
faveur d' un départ. Les vaisseaux devrons se protéger au maximum, et
interdire l' entrée du Port à tout prix.
25 juin;
La nuit a été belle et tranquille, si l' on peut dire avec tout de
même un bombardement des anglais sur les positions françaises, mais avec
beaucoup moins d' intensité, que les jours précédent. Durant la journée
les Anglais ont poursuivi la fortification et l' aménagement de leur
batterie située à la Tour Blanche, Ils ont augmenté la puissance de feu
de deux pièces. Les Français ont ripostés depuis la Rade, l' Île et la
Pointe à Rochefort.
Une des bombes anglaises a blessé à l'Île 2 soldats, 1 canonnier, 1
milicien et détruit un mortier.
Monsieur de Pocly s' est porté le soir pour réparer les dégâts subi sur
l'île; mais après réflexion et en accord avec Messieurs Vallée et de la
Houillère, ils ont jugés préférable de masquer les dégâts au lieu de les
réparer, étant donné que cette partie de l'Île était fort défectueuse et
que la réparation apporterait plus de problèmes que d' aide.
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Positions des différends point
du récit |
25/26 juin ;
Echange de tir réduit provoquant quelques dommages de part et d' autre. Un
piquet de volontaire Français commandé par Monsieur Garsemeur est sorti
pour détruire un four en bois que les Anglais construisaient, sur le
chemin du haut miré. Leur attaque se solda par un échec et le piquet du
se retirer en combattant, poursuivi par des forces Anglaises supérieur
en nombre.
26 juin;
La journée se passa à quelques réparations et préparations de part
et d' autre.
26/27 juin
Echange de coups de canon, Les Français mettant hors d' état de nuire,
la batterie anglaise de la tour.
Les Anglais ont travaillé à la construction d' un chemin, que le feu du
canon français installé au bastion du Roy avait interrompu le jour
précédent, alors que ces derniers travaillaient à l' installation d' une
redoute sur la hauteur ou les volontaires de Cambise avaient brûlé leur
dépôt de fascines. Les navires Français ont tiré toute la journée pour
interrompre ce travail.
27/28 juin
Les Anglais ont bombardé l'Île, La Pointe à Rochefort et les vaisseaux
Français sans succès. Les Français se sont aperçu que les Anglais
avaient commencés un retranchement à la Pointe Blanche en avant du Cap
aux Goélands. Les volontaires Français ont Fusiller toute la journée les
postes avancés Anglais.
Mons de Couagne a fait travailler toute la nuit sur les batteries de l'
Île, afin de les consolider et d'éviter que cet endroit en très mauvais
état s' écroule et ne forme une brèche importante dans le dispositif
Français.
28 juin
Durand la journée les Français se sont préparer à couler dans la passe
les navires prévus à cet effet; soit L' Apollon, La Fidèle, et un autre
bâtiment.
Une note MG dit ceci:
" L' Ilot ne pouvant plus s' opposer à l'
ennemi, ses défenses étaient rasées, tout le fort ruiné, à peine dans
les débris avait on pu réussir à faire une allouve pour les trois
piquets que nous y avions. Quel parti prendre.. on ne vit plus quoi
faire...., la seule chose étant de combler la passe, on s'y décida. l'
Apollon, vaisseau de 50 canons qui servait d' hôpital dans le port fut
choisi, la frégate Le Lys, deux navires marchand, et une goélette, l'
Echo; on fit à ces bâtiments de nouveaux sabords.
Ils savent si mal couler qu' on fût obligé deux jours après d'y en
rajouter deux autres qui n'embouchèrent qu' imparfaitement la passe.
Cette opération fit cependant le bonne effet , qu' elle fit
abandonner à l' ennemi le dessein qu' il avait d' attaquer par le port,
et le força d' en venir à une tranchée....Jusqu' alors ils n' avaient
pas encore ouvert assez ouvert de boyaux. A gauche étaient les marais d'
espaces en espaces, à droite la Frégate les Chagrinait..... C' était
pourtant le seul endroit ou ils pouvaient approcher..... Ce fut le 28
juin que les deux batteries furent démasquées. Tous leurs coups
portaient ....nos vaisseaux ripostaient et faisaient un feu d' enfer,
mais si mal ajustés qu' ils leur fût impossible de faire taire un seul
instant, les batteries de l' ennemi."
29 juin
Les échanges de coups de canons se sont ralenti, les Français ont pris
connaissance de l' avancement des travaux Anglais, grâce a l' arrivé d'
un déserteur, ils ont annuler une sortie prévue de 300 volontaires aux
ordres de Mons Joubert, capitaine de la colonie, cette sortie, avait
pour objet de surprendre par la gorge, le poste le plus avancé de l'
Anglais sur la hauteur ou les volontaires de Cambis avaient brulés des
fascines; Il parait que la redoute que les Anglais construisent sur
cette hauteur, va leur servir d' entrepôt pour faire leur approche.
L' attaque Française devait se faire au point du jour, soutenue par 2
compagnies de grenadiers et 6 piquets qui devaient se porter à la digue
pour favoriser la retraite. Dans le même temps 2 autres bâtiments sont
préparés pour être coulés à l' entrée du port.
La désertion d' un deuxième soldat Anglais du régiment de Wabb, a confirmé
le rapport des premiers en signalant que ces derniers étaient mal
ravitaillé en nourriture. Que la Frégate l' Aréthuse les incommodait
beaucoup sur la hauteur que les volontaires Français avaient prévu
attaquer, ainsi que dans le vallon qui va de cette hauteur à leur camps
et qu'ils sont obligés de faire dans ce fond un épaulement considérable.
Vers les Quatre heures du matin, le Capricieux reçu une bombe, qui malgré
tout le "Blaindage" possible tant en cordage et autre, cette
dernière a percée le gaillard devant les deux poutres et le faux pont, a
cassé également un banc de la 2ème batterie et en autre est entré fort
avant dans la cale ou ayant éclatée elle a mis le feu que l' on a eu de
la peine à éteindre.
Le Marquis Desgouttes devant la multiplicité des batteries Anglaises
demande une nouvelle fois de faire sortir l' escadre ou du moins
quelques vaisseaux, mais la réponse de Monsieur le Chevalier Drucourt
reste la même, les vaisseaux doivent restés dans le port. Drucourt
demande même à ce que les navires soient limités au minimum dans leur
réserve de poudre, et que les matelots qui ne servent pas aux batteries
descendent à terre et que les voiles soient démontées afin de servir de
toile de tentes pour ces derniers. Les vivres à bord des bateaux seront
réduit et le reste devra être mis à l' abri à terre dans les endroits
prévus à cet effet.
Suite à ceci Desgouttes à immédiatement exécuté l' ordre et fait évacuer
ses bateaux après avoir mis ces derniers sur quatre amarres comme les
considérant entièrement désarmés, sous la garde de 25 hommes dirigé par
un officier afin d'y entretenir une espèce de police, de prévenir les
accidents de feu, et de faire tirer des coups de canon, laissant croire
à l' anglais qu' ils sont encore au complet. De cette façon Desgouttes
rend les gens de l équipage de son navire Le Prudent plus utile
au service de la place. Il en sera de même pour le Bienfaisant
commandé par le Chevalier de Courserac qui n' ayant presque plus d'
équipage , se trouve par cette raison hors d' état de rendre aucun
service à la rade; de même pour Le Célèbre et le Capricieux
qui étant parti de France armé en Flute avec très peu de monde se
trouvent réduits à un très petit nombre qui sont excédé par le travaille
journalier des vaisseaux et de la place.
Le Prudent, quoiqu' il ait pris en partie le peu d' équipage
restant des navires que l' on a coulé bas est aujourd'hui par le nombre
de morts et de malades réduit à très peu de monde. Il n'y a que l'
entreprenant auquel il peut rester 500 hommes. La totalité des équipages
sera réuni au corps de la place.
Cette prise de Position fut approuvé par l' ensemble des officiers
et par Mons. Drucourt. Ces navires ne seront détruits qu' à la dernière
minute.
Les officiers restant à même de se rendre à bord pour défendre la place
le cas échéant. 30 juin
A 5 heure du matin, un déserteur Anglais a fait à peu près le même
rapport que les autres au Français; C' est à dire que l' Anglais a
environ 14 régiments qui au complet font 14000 hommes, mais ces derniers
ne sont pas tous complet à l' heure actuel. Il ne semblerai qu' il ne
soit que 12 à 13000 hommes. Ils doivent faire
l' attaque générale quand toutes leurs batteries de canon et mortier
seront en état, les vaisseaux par le port et les troupes à l' escalade
avec des échelles.
Les batteries Françaises ont moins tirées ce jour, mais ces tirs ont
ralentis et inquiétés les Travailleurs Anglais.
La division de l' Escadre du pavillon de st Georges, qui était mouillé par
le travers du cap noir et qui a appareillée hier vers les 5 heures du
soir, pour faire route pour la partie est, n' est pas apparu ce jour.
Vers les 6 heures du matin deux piquets de volontaires Français,
commandés par le sieur Joubert et Garseneur, tous deux capitaine de la
colonie, aux ordres de Mons. Marin, lieutenant colonel de service, sont
sortis de la place, pour couvrir plusieurs piquets employés à enlever
des palissades pour le retranchement du quai; Le premier piquet fut
envoyé à la croisée des chemins de la batterie royale au haut miré près
de l' habitation de Le Gros, l' autre piquet fut posté suir les hauteurs
du pont du St Esprit. La cie des grenadiers de garde fut portée à la
digue pour recevoir les volontaires s' ils étaient repoussés.
A 9 heure, un corps de 5 à 600 Anglais a débouché sur la gauche de l'
habitation de Le Gros. La sentinelle Française avancée donna l' alerte
par deux coups de fusil. L' anglais fut aussitôt aperçu débouchant par
trois vallons. La retraite fut ordonné du côté Français. Cette retraite
se fit lentement et en bonne ordre, ne laissant aucun blessé ou tué aux
mains des Anglais. La disposition des piquets prévus pour protéger la
retraite fut excellente et retardaient considérablement l' avance
Anglaise. De nouvelles cies de volontaires français sortant de la place
pour prêter mains fortes aux piquets et faciliter ainsi la retraite.
L' Anglais n' ayant pas pu avancer au delà de la digue.
Le 2ème piquet français a réussi à faire une patrouille du coté du cap
Noir et a poussé jusqu' à l' ance de la pointe blanche ou elle a trouvé
des fascines débarquées. Mons de Garseneur en rendit compte
immédiatement au gouverneur, qui lui envoya 100 hommes armés, commandé
par Mons Brousede capitaine au régiment de Bourgogne, pour les
enlever. L' Anglais s' en étant aperçu envoya un fort contingent, qui
empêcha les français de les emporter, mais ces derniers réussirent à y
mettre le feu.
Des échanges réguliers ont lieu entre le Gouverneur Drucourt et L'
Amiral Desgouttes.
Le gouverneur voudrait que les navires restent dans la baie et que leurs
canons appuie la défense de la ville. Desgouttes quand à lui préfèrerais
quitter le port et tenter de rejoindre la France, abandonnant ainsi la
cité; c' est dans cet état d' esprit que sont échangés de nombreux
courriers; chacun argumentant pour la défense de ses idées. Mons.
Drucourt s' appuyant sur les idées du Roi, Desgouttes cherchant à
protéger son escadre.
En date du 30 Juin une réponse du Chevalier Drucourt à Mons. Le Marquis
Charry Desgouttes.
" Ayant cru avoir raisons suffisantes pour désirer le séjour des
vaisseaux du Roy dans la rade de Louisbourg, j' en ay réitéré la
demande à Mons Le Marquis Desgouttes avec d' autant plus d'
insistance que deux conseils de guerre avaient portés le même
jugement, le party pris de rester. Les Vaisseaux ont essuyés un
bombardement qui détermina à Desgouttes à me demander mon
avis pour les approches de la ville.
Les raisons qu'il allègue me paraissant conséquentes, ma façon de penser
fut comme la sienne. L' accident qui arriva hier au Capricieux
le détermina à se rapprocher encore autant en dedans qu' il
était possible conservant cependant la vue sur les vaisseaux
qui entreraient et qui depuis ceux qu' on a coulé
bas seront obligés de passer beaucoup plus près. Cette
circonstance faisant craindre la perte des vaisseaux du Roy soit
par incendie ou être coulé bas.
Mons Le Marquis Desgouttes n' a pu prendre de meilleurs précautions que
de sortir ses poudres et à mon avis ne peut prendre de meilleurs
pour l' avenir que de mettre les vivres à terre et de se
précautionner de façon qu' a la dernière extrémité de l'
obligation d' abandonner les vaisseaux, ils puissent entrer en
ville et y porter leurs secours et leurs aides pour contribuer à
notre plus longue défense et protéger notre fort ainsi qu'
il a plu au Roy d' en ordonner"
A Louisbourg le 30 Juin
Signé, Le Chevalier Drucourt
|
Dans la journée il a été compté du côté français, 8 soldats volontaires
blessés ainsi qu' un soldat du régiment de Bourgogne.
1er Juillet
Les volontaires Français ont eu connaissance des
travaux effectués par les Anglais et se sont aperçu de leur avancement.
L' Anglais travaillais beaucoup en deçà des hauteurs qu' ils occupaient
depuis quelques jours. La Frégate L' Aréthuse et le Bienfaisant ont beaucoup gênés leur
travaux, mais malgré cela, la progression est nette. A la lumière du
jour les Français s' aperçurent que les travaux anglais consistait à la
construction d' une redoute qui couperait toute communication avec
leurs postes situés au delà de la digue.
Vers les 6 heures du matin 2 piquets soutenus par 2 cies de volontaires
sont partis pour enlever des bois qui se trouvaient au fond du Barachoua
du côté du Pont St Esprit. L' Anglais s' en aperçu et fit filer des
troupes des hauteurs, du côté de chez Le Gras. Les troupes se sont
affrontées durant environs une heure et demi.
Les Français soutenus par les bastions du Roy et du Dauphin qui firent feu
sur l' Anglais. Il y eu plusieurs officiers et soldats tués du côté
Anglais, et seulement 5 blessés léger et 1 grave du côté Français.
Deux Acadiens et un déserteur envoyés par le Sieur Villejoint, sont
arrivés auprès des autorités Françaises. Ces derniers annoncent
que deux goélettes chargées de vivres et de munitions pour le
détachement de Mons Boishébert sont arrivés à Miré
Le déserteur confirme que les escarmouches faites par les volontaires
leur ont tués ou blessé beaucoup de monde. ce dernier annonce également
que la maladie qui sévit à bord des vaisseaux, commence à se rependre à
terre.
Des Travaux sont fait au Bastion de la Reine, ou les français travaille à
l' ouverture de nouvelles embrasures, afin d'y installer une batterie de
3 canons sur sa face droite; pour battre et enfiler le long de la cote
gagnant la Pointe Blanche. Ils construisent également des plates formes,
le long de la même face, ainsi qu' a celle de , gauche qui auront leur
directions sur la cote du Cap Noir à la Pointe Blanche.
Déjà durant la nuit du 1er au 2 Juillet cette batterie fut mise à
contribution pour tirer là ou les travailleurs anglais s' activaient.
Il a été aperçu plusieurs bergers au fond de la baye que les chaloupes
auraient du intercepter si leur services avaient été fait avec
régularité ce qu' aurait du être le cas étant donné la situation.
La Batterie Anglaise de la vieille intendance qui comprend 4
grosses pièces et 1 mortier qui ont commencés à tirer sur les
vaisseaux français qui ont ripostés.
Les Français ont coulés 2 vaisseaux de plus à l' entrée du port. Le
Lieutenant du régiment de Cambis a été blessé au Barachois.
2 / 3 Juillet
Les Anglais pendant la nuit ont commencé un retranchement sur la
hauteur de la Pointe Blanche et une autre redoute au Barachois sur une
hauteur qui avoisine celle que ces derniers avaient commencé la nuit
précédente.
Mons de Laboulardière fils est sorti de la place pour ameuter et conduire
les Sauvages dont il parle la langue.
3 Juillet
Les Anglais ont fait progresser leurs travaux pendant la nuit, par le
travers de la Pointe Blanche ainsi que le dessus droite et gauche du
Pont St Esprit. Cela malgré le tir français qui cherchait à ralentir l'
avancement des travaux.
A 7 heure du soir la batterie anglaise située au dessus de la Vieille
Intendance a ouvert le feu sur les bâtiments de la rade; 4 boulets ont
atteints " le Prudent " .
Sur ce fait, il est à signaler que les boulets tirés étaient chauffés à
rouge et faisaient des dégâts assez considérable; un de ces boulets
avait même démarré un début d' incendie. Suite à cela Mons Desgouttes
demanda l' autorisation de laissé ses vaisseaux à la garde seulement d'
une cinquantaine de personnes, et de rentrer en ville avec le reste des
équipages. Ce qui lui fut accordé aussitôt.
Une batterie anglaise située à la droite du ruisseau du St Esprit a
ouvert le feu jusqu' à vers les 10 heure du soir, sans causer de dégât.
3 / 4 Juillet
Durant la nuit les anglais reprirent le bombardement de la ville
et du port par le tir de 24 pièces à la fois, ce qui eu pour effet d'
accélérer la descentes des équipages.
4 Juillet
Au point du jour 200 travailleurs français sont parti établir une
redoute au Cap Noir pour favoriser la cie des volontaires chargé d'
éclairer cette partie. 2 pièces de petit canon vont y être installés. La
brume a favorisé autant les travaux français qu' anglais. Les Français
profitant de chaque éclairci pour ajuster leurs tirs. Ces derniers
semblent satisfait des résultats et des félicitations sont adressées aux
canonniers ainsi qu' à l'ensemble des troupes.
A huit heure du matin Mons le Chevalier de Courserac avec 70 à 80 de ses
hommes est venu occuper les batteries des Bastions Princesse, Maurepas
et Roussillon , accompagné dans l' après midi par le Chevalier de
Tourville. Les hommes qui étaient en poste dans ces endroits ont été
pour renforcer les batteries situées aux Bastion du Roy et celle du
Bastion de la Reine.
A huit heure du soir, les français ont délibérer sur un projet de sortie
proposé par Mons. Dauthonnay qui devait donner sur la partie droite du
côté du pont du St Esprit, avec 800 hommes, comprenant les 5 cies de
volontaires, une cie de grenadiers, et le reste en piquets. La décision
final fut prise à minuit, mais le temps de rassembler les troupes qui
furent prête entre 1heure et 2 heure du matin, rendit cette décision
trop tardive. A 2 heure du matin commença la sortie du Lieutenant de
service Mons de Dauthonnais avec ses hommes. Les troupes commencèrent
leur avances par le chemin couvert au trois divisions. La première cie
devait attaquer les deux redoutes situées au Barachois par la tète, la
seconde par les flancs, et la 3ème par les derrières. La grande clarté
de cette nuit laissa à penser à Mons de Dauthonnais que les troupes
seraient découvertes puisque peu de temps après sa sortie, ils ont
aperçu les anglais qui se positionnaient en nombre beaucoup plus
important, prêt à les recevoir, ce que laissait à penser les coups de
fusils tirés par ces derniers. Mons de Dauthonnay ordonna aussitôt la
retraite il se replia et rentra dans la ville.
5 Juillet
.....Temps
brumeux et pluvieux jusqu' à midi à tel point que les français n'ont
découvert les travaux anglais qu' à partir de ce moment et les ont dès
lors beaucoup canonner.
Vers 9 heure ce matin, Monsieur de Tourville après en avoir reçu l' accord
est remonté à bord de son navire, pour tirer sur une batterie anglaise
qu'il venait de découvrir à droite, à la croisée des chemins de Miré;
batterie sur lequel il pouvait tirer de son navire La Capricieuse, ce
qui fut fait, aidé en cela par l' ensemble des navires et des batteries
françaises.
Les anglais pendant ce temps poursuivent les boyaux de communications
entre les différentes batteries, tout en en installant de nouvelles de
plus en plus proche de la ville. 6 Juillet
Même travail de renforcement des positions et tir de ralentissement
de part et d'autre. Des bombes ont été envoyées à l'intérieur de la
ville, dont une est tombée sur l'hôpital du Roy; blessant deux religieux
et tuant le chirurgien major des volontaires étranger.
La frégate L' Aréthuse s'est rapproché de la ville afin d'être moins en
cible des batteries anglaises. Des échanges de courriers entre
Desgouttes et Drucourt concernant la position de la flotte et des
équipages nous montre les désaccords qu'il y avait entre eux, pour
savoir ce qu'il adviendra des équipages et des navires. 7 Juillet
Les anglais se rapprochent du coté de la Pointe Blanche et occupent
actuellement d' anciennes positions de défenses construites par les
français.
Drucourt fait parvenir un courrier aux généraux de terre et de mer anglais
pour leur proposer d' accepter l'installation d'un hôpital qui serait
respecté de part et
d' autre. Il fait parvenir également des vêtements pour les officiers
français blessés et fait prisonniers à bord des navires anglais.
Un échange de courriers a lieu entre Drucourt et Boscawen, ainsi que les
généraux Amherst et Hardy. Les officiers et soldats français sont bien
traités; mais Monsieur de Savary après avoir eu la jambe coupée est mort
il y a 2 jours. 8 Juillet
Une légère accalmie a eu lieu cette nuit et les armes se sont calmées
.Une pluie assez dense est tombé de minuit jusqu'a vers les 7 heures ce
matin. Les anglais avancent leur travaux d' approche. Les français
poursuivent l' installation de 9 pièces de canon aux face du Bastion de
la Reine qui seront fini demain. Ces derniers envisagent de construire
un ouvrage au Cap Noir en y installant 4 pièces de canon de 12 qui
pourraient stopper les anglais ou tout du moins les ralentir dans leur
approche.
Pour permettre de gagner un peu de temps, les français ont prévu une
sortie aux ordres de Monsieur Marin. Le détachement était composé de 5
compagnies de volontaires, 2 compagnies de grenadiers et 6 piquets.
L'ordre a été donné à minuit et le détachement fin prêt à 1 heure du
matin.
Sous un ciel de demi-lune, le détachement passa par la porte de la Reine,
il devait marcher proches l' une de l'autre, une colonne longe le bord
de mer, tandis que l' autre a longé le marais. Avant les 2 heures une
pénétration du premier retranchement anglais a été effectué baïonnette
au canon, peu de coup de feu sauf des piquets, ce qui eu pour effet de
gâcher quelque peu l' effet de surprise. Mais le résultat est tout de
même important, 30 prisonniers, dont un ingénieur et un lieutenant de
grenadiers, le nombre des morts anglais est inconnu , il y a cependant
un colonel et plusieurs officiers. Du coté français, on compte 51 morts
et blessés dont 2 capitaines de volontaires, il s'agit de Monsieur de
Garcement Cdt des volontaires de la colonie et Monsieur de
Chauvelus, Cdt des volontaires de Bourgogne. Monsieur de Jarnage
lieutenant des grenadiers d' Artois est blessé et a été fait prisonniers
par les anglais.
A 2 heure de l'après midi, les français ont appris l' arrivée du sieur de
Boishébert à Miré, ce dernier commande une troupe de près de 600 hommes,
incluant les acadiens du sieur Villejoint.
Un groupe d' Acadiens habitant du fort de" Toulouze" a défait les
conducteurs de 3 barges qui faisaient l'eau au fond de la Baye de
Gabarus.
Dans l' après midi le feu des bouches de canons a été fort vif de part et
d'autre. Les français renforcent les retranchements du Cap Noir afin d'y
installer 2 pièces de canon de 12.
Un échange de courrier entre Drucourt et Desgouttes a lieu et consiste à
faire que l' ensemble des équipages libres soient mis au service des
canons du fort et des retranchements. 9 Juillet
Un accord de cessez le feu a eu lieu ce matin dans le but d' enlever les
morts et blessés de part et d'autre. Des échanges de vêtements ont lieu
pour les prisonniers et des réparations sommaires des deux côtés sont
exécutés. 10 Juillet
Echange de tir très important; coté français 200 travailleurs armés ont
été amené au retranchement du Cap Noir et 50 autres aux embrasures du
Bastion de la Reine.
A bord du navire Le Prudent, un canon a explosé causant la mort de 3
hommes en blessant 9 autres. Même incident a bord de L' Entreprenant,
causant morts et blessés.
Dans l'après midi les anglais ont commencé un épaulement entre la
hauteur du centre de leur camp et leurs retranchements de la droite.
Le bombardement intense d'une position de batterie anglaise située près du
Pont St Esprit, a obligé ces derniers à effectuer durant la nuit de
grosses réparations. 11 Juillet.
Les Anglais tentent d' installer une nouvelle batterie de 6 canons, au
près du pont St Esprit, à la droite du ruisseau. Les Français ont tiré
un feu violent, pour tenter de les en empêcher, causant de sérieux
dommages.
De part et d' autre des constructions ont lieu, soit pour fortifier une
avancée ou creuser une tranchée de défense.
12 juillet
Très mauvais temps, avec pluies violentes, peu propice à l' avancement
des travaux; Quelques tirs des deux côtés.
13 / 14 / 15 juillet
Des tirs continues, mais peu d' action vitale. Quelques réparations sont
exécutés de part et d' autre. On ressent la préparation d' un assaut
massif, apport de munitions des deux côtés, troupes mises au repos, une
grande anxiété règne; celle de troupes qui se préparent à un rude
combat.
Nuit du 15 au 16 juillet
La Frégate l' Aréthuse a mis à la voile vers les 21h30 cette nuit pour
regagner la France et informer le Roi de la situation. La batterie
anglaise du fanal a ouvert le feu sur la frégate et lancé des fusées
pour avertir son escadre. Quelques bâtiments anglais prirent l' Aréthuse
en chasse; mais le capitaine Vauquelain, qui n' en était pas à sa
première sortie et avec son navire armé de 30 canons forçat le blocus et
rejoignit Bayonne sans encombre.
16 juillet
Journée d' intense activités côté anglais, ils ont avancé leurs travaux
de positions et avancé leurs batteries de façon à atteindre plus
aisément la ville; tout ceci malgré un tir éparse du côté français, il
semblerai que ces derniers veulent économiser leurs munitions.
Vers les 19 heures, les volontaires du Régiment D' Artois ont du
abandonner leur position au Barachois par un assaut donné par un corps
de plus de six cent hommes. Sans aucun appui du côté des vaisseaux, dont
un bâtiment aurai peu prendre la place de la frégate partie la nuit et
qui aurai certainement appuyé les volontaires.
La position enlevée, les anglais fortifie aussitôt la dite place sous un
feu de mitraille intense et continue , mousqueteries et canons. Les
anglais protégeant leur ouvriers en ripostant de la même manière, mais
avec canons et mortiers.
Le 17 juillet
L' échange de tirs se poursuit, et malgré ces tirs, les anglais
poursuivent l' avancée de leur travaux qui est très net. Le fort et les
vaisseaux ont joins leur force pour tenter de ralentir le travail au
maximum, mais sans grand résultats. De nouvelles batteries sont
installées. Côté français, on dénombre une vingtaine de soldats tués ou
blessés.
Le 18 juillet
Le positionnement des troupes anglaises démontre que ces derniers
occupent bien leur dernière acquisitions, et surtout renforce
efficacement l' emplacement des nouvelles batteries. le feu des
batteries anglaises a été très diminué ce jour.
Côté français, il a été distribué des fusils de remparts, environ 50 à 10
par piquet depuis la grande place d' Armes jusqu' à la barrière de la
porte Dauphine.
Lors de tirs plusieurs de ces fusils ont explosés, blessant les soldats.
Il a été décidé de ne plus se servir de ces fusils. Un tir de mitraille
a été ordonné sur les travailleurs et soldats anglais.
Les Volontaires de la Colonie ont repoussé les assauts des Montagnards
Ecossais pourtant supérieur en nombre. Une sortie française de dix
grenadiers des volontaires Etrangers commandé par le sieur Lafosse
lieutenant de cette compagnie à repoussé un poste anglais.
Le 19 juillet
Une réunion d' état major français a lieu, afin de délibérer sur le sort
des vaisseaux du Roi; ( Voir courriers Desgouttes-Drucourt)
Les anglais poursuivent leurs aménagements, gêné par un tir de
retardement des batteries françaises.
Le 20 juillet
Durant la nuit peu de tir coté anglais, mais coté français des tir
à mitraille sur les soldats et ouvriers anglais qui poursuivaient l'
avancement des travaux . malgré ces tirs, les travaux avançaient bon
train mettant sérieusement en danger les positions françaises. En effet
au fur et à mesure des avancées des canons de petit calibres sont
installés . Les français arrosent les positions avec des canons de 12
bien protégés et sont prêt à supporter un assaut de petites troupes.
Le 21 Juillet
Durant la nuit même principe que la nuit précédente; tirs français sur les
travaux anglais; alors que des travailleurs français tentent de réparer
et renforcer tous ce qui est possible.
Dès le début du jour, les tirs anglais s' intensifient causant de
sérieux dégâts aux fortifications ; les français ripostent avec leurs
faibles moyens.
Vers les 2heures et demi de l' après midi une bombe tombe à bord du Navire
" Célèbre " y mettant le feu qui va se communiquer à " L'
Entreprenant " et " Le Capricieux " . Vers les 7
heures du Soir, les 3 navires étaient définitivement perdus . Certains
bastions sont sur le point de céder face à la pression anglaise.
Le 22 juillet
Les ouvriers anglais ont fort bien travaillé et installé 2 nouvelles
batteries de 6 et 7 canons, ainsi qu' un emplacement de 5 mortiers
de 12 pouces qui bombardent le bastion de la Reine. Causant d'
importants dégâts coté français; Les 3 canons de l' éperon, le cavalier
du bastion Dauphin en son entier, 4 canons de la batterie d' en bas, les
3 canons de 12 pouces de la batterie à Barbette, toute cette artillerie
a été mis hors d' état. Le feu qui a pris au corps de casernes du
Bastion du Roi ,n 'ont pas permis au français de riposter.
Toutes tentatives de sorties coté français a été annulées. Dès l' entrée
de la nuit 20 petits mortiers anglais ayant été rapprochés ouvrent un
feu nourris sur le chemin couvert et le bastion du Dauphin; visant
principalement les embrasures des pièces françaises.
Le 23 juillet
A une heure du matin, un branle bas de combat a lieu coté français,
toutes les unités restantes se sont portées a leurs postes, échangeant
des tirs avec les positions anglaises.
Vers les 4 heures du matin, une ronde des officiers français montrent l'
état dégradant des positions et du peu de moyens qu'il leur reste. Tant
en Hommes valides, Qu' en armes et munitions. Ils se sont rendu compte
des dégâts causés aux batteries du Bastion du Dauphin, de la Courtine du
dit Bastion; ces derniers ont estimés à 200 hommes le nombre qu' il
faudrait pour réparer les dégâts. Il a été impossible d'y travailler
cette nuit suite à l' incendie des casernes du quartier neuf, qui a
commencé à 10 heures du soir et ne s'est terminé qu' à 5 heure du matin,
obligeant les soldats à se tenir sous les armes toute la nuit.
Durant cette même nuit, les Anglais ont tiré depuis leurs positions sur le
chemin couvert aux canons et aux mousquets; ils ont également tiré aux
mortiers sur la ville en employant des bombes remplies d' artifices afin
de mettre le feu aux maisons. C' est ainsi que le feu a été mis aux
quartier de la Reine, qui a été consumé, ainsi que la brasserie et deux
maisons voisines; Les bombes causent des dégâts très important aux
niveaux des civils et militaires dans la place. Les Anglais au petit
jour laissent apparaitre de nouvelles batteries, qu' ils mettent
aussitôt en action. Les différents bastions Français subissent de très
gros dégâts; le Cavalier du Bastion Dauphin, est entièrement abandonné.
Le 24 juillet
Le tir sur la ville s' intensifie , et les français ne possèdent plus
désormais suffisamment de canons pour faire face à l' avancée des
troupes britanniques. Les Soldats français sont exténués, ne pouvant
prendre de repos, n' ayant plus d' abri et devant faire face de tous
côtés. Malgré un courage étonnant de Madame Drucourt qui parcourait les
remparts sans relâche, encourageant les soldats, faisant le coup de feu
avec eux, donnant quelques oboles de ses propres deniers aux soldats,
elle mettait elle même le feu a trois pièces de canons.
Le 25 Juillet
Malgré les tirs important de la part des Anglais, tant
sur la ville que sur les différentes positions françaises, aucun nouvel
incendie s' est déclaré; Le mauvais état de la place, tant à l'
intérieur , qu' à l' extérieur, les trois tournées de reconnaissances
effectuées par Augustin du Bosc Henry et Monsieur de la
Houillère ont déterminé ces derniers à
demander avis à Monsieur Franquet. Afin de faire
une nouvelle inspection générale en compagnie des commandants des corps
concernés, afin d' en dresser un mémoire et avoir l' avis de chacun. La
tournée se fera demain matin.
26 Juillet 1758  |

Le Prudent en Flamme et Le Bienfaisant subissent les assaut des barquesAnglaises |
A une heure du matin, un appel aux armes retenti coté
Français, du Bastion du Roy et du Bastion du Dauphin les canons
tirèrent à mitraille sur les troupes anglaises, environ une demi
heure après l' ouverture du feu, les Français apprennent que les
vaisseaux de la rade, dont le Prudent et Le Bienfaisant sont
attaqués, Le Prudent est en flamme, trouvé échoué, les anglais
libère les prisonniers français en leur disant de regagner la
berge par leur propre moyens puis y mettent le feu. (il est impossible de savoir si c' est le
canonnier en charge de la destruction du navire en cas de prise
par les anglais ou ces derniers qui ont allumés ces incendies).
Le Bienfaisant ayant été amené au fond de la baye.
Les deux équipages surpris endormis, comptaient, 130 hommes pour l' un et
150 pour l' autre.
Après ces évènements et sur demande de Monsieur Drucourt un
conseil de guerre est décidé.
Y assistent:
Messieurs Prévost; Bonnaventure; La Houillère,
Desgouttes; Saint Julien; Marin; Dauthonnais.
Les décisions à prendre seront lourdes de conséquences. |
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