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 Généalogie ancêtres 

 généalogie Jean Nicolet 

                    
     

Jean NICOLET sieur de Belleborne
Maritourinuou
mon ancêtre

par Jocelyne Nicol-Quillivic 2015

 

Mon ascendance par les femmes m' amènent à Jean NICOLET de Belleborne un des pionniers du Québec.

Jean NICOLET fut mis au service des Cents Associés en tant qu' agent de liaison entre les Français et les Indiens.

 

Grand explorateur et interprète reconnu de tous, il vit le jour à Hainneville non loin de Cherbourg vers1598. Il est le fils de Thomas NICOLLET messager postal ordinaire du Roi entre Cherbourg et Paris et de Marguerite de la Mer.

 

A Cherbourg, le nom de Nicolet à l'époque s'écrit avec deux L. Jean Nicolet signait bien son nom, Nicollet.

 

Jean Nicolet arriva au Canada en 1618 au service de la compagnie des Marchands de Rouen et de St Malo.
La Compagnie des marchands de Rouen et de Saint-Malo, connue aussi sous le nom de Compagnie de Champlain, précise ses règles de fonctionnement. La durée de l’entente sur les droits de traite des fourrures est de 11 ans. En retour, la compagnie a des obligations strictes : verser au vice-roi 1000 écus par an ; établir au pays (la Nouvelle-France) six familles chaque printemps ; payer un salaire à Champlain et lui fournir, pour chaque bateau de traite, quatre hommes avec liberté de les employer aux travaux du poste ou à l’exploration du pays. (3)


Il s'embarqua le 24 mai 1618 au port de Honfleur avec quatre pères Récollets: les pères Jean Dalbeau, Denis Jamay, Joseph Le Carron et le frère Pacifique Duplessis. Il aurait selon René Blémus signé un contrat avec la compagnie de Rouen et Saint-Malo le 15 mars 1616.Les marchands de Rouen et de St-Malo sont Colier et Le Gendre jusqu'en 1611, ensuite Guillaume de Caën de Dieppe jusqu'en 1630.
(4)
 

On le destinait à vivre parmi les Indiens Alliés pour apprendre leur langue, leurs coutumes et explorer les régions qu’ils habitaient. On ne sait rien de son éducation ni de son tempérament sauf cette remarque du père Vimont en 1643 :
« Son humeur et sa mémoire excellente firent espérer quelque chose de bon de luy ».


"Le 24 juin 1618 un navire de Honfleur, après avoir franchi l'estuaire du St Laurent, jette l'ancre au mouillage de Tadoussac, au confluent de la rivière Saguenay. A bord d' une chaloupe Jean Nicolet et les quatre missionnaires accostent le long d'un sommaire appontement à quelques dizaines de kilomètres de la pointe sud de l'Ile d'Orléans. Il y a environ une trentaine de personnes pour les accueillir, la famille de Louis Hébert, quelques religieux, domestiques et commis-interprètes.
(1) "

 

Son ambition, non cachée, avec l’accord et l’aide de Champlain, son grand Ami, était de découvrir une route vers les Indes en essayant de trouver une autre mer. Il ne pensait pas le continent si grand.

 

Un mois après son débarquement, le 14 juillet 1618, il part pour le pays "d 'En Haut" à l'Ile aux Allumettes en territoire algonquin sur la rive gauche du St-Laurent. Il y résidera 2 ans et élargira le champ d'action de la Compagnie des Marchands. L'immersion totale et prolongée dans la population autochtone était l'idéal pour la formation des truchements. (Truchements : fait de servir d'intermédiaire entre deux interlocuteurs) L’île étant située sur un lieu stratégique, (Route des  Fourrures), il s’acquitta fort bien de sa mission, appris le huron et l’algonquin, vécut leur vie précaire, s’initia à leurs coutumes et explora la région. Les Algonquins l’apprécièrent comme l’un des leurs et le nommèrent capitaine. Ils lui permirent d’assister à leur Conseil et l’emmenèrent même chez les Iroquois négocier un Traité de Paix.
"Jean Nicollet apparait comme un authentique missionnaire laïc. Il commerce mais il porte aussi la bonne parole. Les Indiens le qualifient de "Manitourinuou" c'est-à-dire "d' Etre Merveilleux".
(1)

De retour à Québec, en 1620, il se verra confier une nouvelle mission par Champlain. "Il devra gagner le pays du Haut-Outaouais"

et entrer en rapport avec les Nipissing, ces Indiens qui occupaient chaque année une place plus importante dans les transactions du commerce des fourrures entre les tribus indiennes de l’Ouest et ceux de la baie d’Hudson avec les Français et éviter que les fourrures aillent du côté anglais.

Nicolet s'installe sur les rives du lac Nipissing et y séjournera 9 années. D'année en année, notre commissaire-interprète s'est intégré étroitement à la communauté Nipissingue. Selon le Père Le Jeune :" Il passe pour un de cette nation, ayant sa cabane et son ménage à part, faisant sa pêche et sa traite". Il avait donc sa cabane à part et un magasin qui lui permettait de traiter avec toutes les tribus qui se rendaient sur les bords du Lac des Nipissing. Il conversait avec eux afin de mieux connaître leur pays, leurs habitudes  et le soir il notait tout cela. Des rives du lac Nipissingue, il évacue vers Québec jusqu'à 30 000 peaux à chaque dégel après avoir négocié avec les tribus de la région.

 

 Il va sans dire que son mariage indien avec une Nipissingue à la mode du Pays-d'en-Haut en 1623 lui permit de mieux gérer ses transactions et ses contacts avec les tribus indiennes. Il eut une fille de cette union, Madeleine Euphrosine notre ancêtre. Selon le dictionnaire biographique du Canada, nous avons  "en 1628, Nicollet aura une fille naturelle née d'une Nipissingue". Les mémoires écrites de Nicolet furent perdues et c’est seulement par l’intermédiaire du Père Paul Lejeune et de son livre « Relations » qui s’en inspira pour décrire les mœurs des Indiens de cette région. Au moyen de ses contacts, il recueille de précieux renseignements sur la géographie et sur les mœurs des peuples de l'intérieur. Il part dans la région des Grands Lacs et dans la baie géorgienne sur la rive nord du lac Huron où il côtoie des tribus sédentaires  dont il imite la culture des céréales : "Blé d'Inde (maïs) et de haricots" (5)

Partie du contrat de mariage de Jean Leblanc et d'Eufrosine Nicolet
notaire Tronquet 18 octobre 1643


Il est bien écrit ceci :


"Eufrosine Nicolet cy devant appeler Magdelaine
Nicolet fille Naturelle de feu Jean Nicollet vivant
commis interprette de messieurs de la Compagnie
de la Nouvelle France agée d’environ quinze ans"


 

La Compagnie des Cent Associés

La fourrure de castor et autres bêtes à poil devient une ressource naturelle très convoitée.  Le Duc Henri II de Montmorency, vice-Roy de la Nouvelle-France voyant que la compagnie de Rouen ne s'oocupe pas assez de la colonie, crée en 1624, la compagnie de Montmorency. la compagnie de Rouen se sentant lésée, Champlain demande au Roy d'y remédier. Louis XIII  à l'instigation du cardinal Richelieu fait fusionné les deux compagnies, et celle-ci devient la Compagnie de la Nouvelle-France aussi appelée La Compagnie des Cent Associés. Elle voit le jour le 27 février 1627; approbation royale 6 mai 1628. Elle était composée de 100 associés et avait un capital de 100 000 Couronnes. Chaque associé contribue chacun pour 3000 livres.  En premier lieu, Richelieu lui-même puis le surintendant des finances du royaume. "Trente seigneurs de cour, douze gentilshommes, trente-huit marchands bourgeois, un notaire, un médecin, un imprimeur et plusieurs religieux" (9)

Elle se voit octroyer le monopole de tout commerce à perpétuité et celui du commerce des fourrures pour 15 ans au cours desquels elle s'engageait à installer, à ses frais, 4 000 colons, à administrer la colonie, à assurer la défense du territoire, et également à se consacrer à la conversion des Indiens. Acculée à la faillite et aux guerres iroquoises elle cède son monopole sur la traite de la fourrure en 1645 à la Compagnie des Habitants formée de marchands canadiens.
En 1663, le roi Louis XIV prononcera dissolution de la compagnie de la Nouvelle France dite Compagnie des Cent Associés. Celle-ci sera remplacée par la Compagnie des Indes-Occidentales.



Sceau et Contre-sceau
Cie de la Nouvelle-France
dite Cie des Cent Associés

 

          

Lors de la première prise de Québec par les Anglais, les frères Kirke, le 19 juillet 1629, Nicolet, fidèle à la France, se réfugia au pays des Hurons. Il contrecarra tous les plans des Anglais pour amener les Indiens à commercer avec eux.(2)
Champlain ainsi que la majeure partie de la population française de l’époque durent quitter les lieux et retourner en France. Seuls quelques français restèrent sur place ou parmi les Algonquins. Nous trouvons parmi ceux-ci : La veuve de Louis Hébert, Marie Rollet, Guillaume Couillard, Nicolas Marsolet et Jean  Nicolet. Il est rapporté que Jean Nicolet aurait confié sa fille Euphrasie Madeleine à Marie Rollet, veuve de Louis Hébert. Marie Rollet s'occupa de deux jeunes amérindiennes dont Euphrosine Madeleine et d'une fille d'un chef indien prénommé Manitouabéouitch et les forma à l'européenne.(3) Ils ne revinrent s’installer en Nouvelle-France qu’à la signature du traité de St-Germain-en-Laye  3 années plus tard.

Pendant ces trois longues années, il erra dans l'ouest chez les Algonquins et poursuivit la traite des fourrures. Le 13 juillet 1632 par le traité de Saint-Germain, la France est rétablie dans ses droits.

 

Vers 1633, il revient à Trois-Rivières et Québec.
Dès son retour Champlain âgé de 68 ans, le nomme au siège de la Compagnie des Cent Associés avec son ami Olivier Le Tardif qui deviendra par la suite son beau-frère

 

       

                                                                                                         

                                 Jean Nicolet chez les Gens de Mer                                                       Route de Nicolet à la recherche de la Chine
 

En juillet 1634, un double convoi quitte Québec. Le premier est chargé de créer un fort à Trois-Rivières. Nicolet et le Père Brébeuf avec l'autre convoi avait poursuivi leur route vers le Haut-Outaouais. La route est par le lac Nipissing et la rivière des Français. Nicolet arrive au Lac Huron.
Avec une escorte composé de sept Hurons, Nicolet navigue vers l'Ouest, passe l'articulation des trois lacs, Huron, Supérieur et Michigan, au sud du site du "Sault-Sainte-Marie" et, à travers le lac Michigan, gagne la rive ouest où se situe la baie Verte ou la baie de Puants.

 

Nicolet fait une entrée solennelle chez les "Gens de Mer" ainsi étaient appelés les personnes vivant dans la Baie Verte (Green Bay) du lac Michigan. Il revêt un fantastique accoutrement digne d'un opéra chinois: " Robe de damas, toute parsemée de fleurs et d'oiseaux multicolores". Le territoire de la Nouvelle-France se trouve considérablement élargi en même temps que le champs d'action des commis de la traite.

 

Nicolet décide alors de remonter la rivière aux Renards loin vers l'Ouest. Il atteint la ligne de partage des eaux et par la rivière "Ouisconsin" (sic), l'actuel Wisconsin, et va en direction du Mississippi. C'est dans le courant de septembre 1634, que Jean Nicolet découvre le lac Michigan. Il atteint la rive du lac au détroit de Mackinac à l'endroit précis où en souvenir de l'évènement les américains érigeront un jour une statue du commis-interprète. Ce voyage aura duré une année entière. Jean Nicolet qui ne retournera plus dans l'Ouest est le premier à avoir pénétré au cœur de l'Amérique du Nord.

 

A partir du mois de novembre 1635, Jean Nicolet s'installe à Trois-Rivières dans le fort qu'il a inauguré un an auparavant. Les premiers trifluviens se nomment Jean Guiot, Pierre Drouet, Isaac Leconte, Guillaume Mée, Michel Soult, Michel Croisy, Lefebure et Antoine. Monsieur de Chateaufort, gouverneur du nouveau poste, Du Chesne chirurgien de la colonie et barbier, de Malapart, de Maupertuis, de Launay ainsi que Hertel et Marguerie, commis-interprètes. Tous ces gens sont employés à la Compagnie des Cent-Associés.

 

Notable de Trois-Rivières, Jean Nicolet retrouve le calme d'une vie que l'on peut qualifier de bourgeoise, comparée à celle qui fut la sienne au cours des années passées. Depuis 1635 son frère Gilles prêtre séculier est venu de France pour s'installer au Canada, en même temps qu'un autre frère Pierre, navigateur et probablement marchand. Les deux frères resteront en Nouvelle-France plusieurs années. Pierre rentrera peu après 1642 et Gilles en 1647.

 

Gilles Nicollet recevait 25 écus par an de la compagnie de Cent Associés. Il desservait la chapelle Saint-Jean sur le Coteau Ste-Geneviève mais aussi la Côte de Beaupré. Il était chargé également d'administrer les Sacrements dans la petite colonie de Beauport. Il allait y dire la messe les dimanches et jours de fêtes ordinaire; pour cela il recevait 100 écus de Monsieur de Montmagny. Sa dernière signature est en date du 12 octobre 1646. Il assista avec l'abbé Jean Gagnon au contrat de mariage de sa belle-sœur, Marguerite Couillart veuve de Jean Nicolet qui épouse en seconde noces Nicolas Macard. (6) et (7)

 

Pierre Nicollet l' autre frère de Jean Nicolet est matelot au service de la Nouvelle-France (Il est appelé ainsi dans l'acte par lequel il fut nommé tuteur de sa nièce, la fille de Jean Nicolet le 27 novembre 1642, Marie Marguerite. On le trouve à Québec le 2 septembre 1640. Pierre et Jean Nicollet assiste tous les deux au contrat de mariage de leur compatriote Nicolas Bonhomme de Ste Croix de Fécamp, lequel épousa Catherine Bouget du bourg de Thury. (6)

 

Depuis longtemps déjà, une famille de colon exploitait une ferme au Québec, c'était celle de Louis Hébert apothicaire qui avait débarqué en 1613. Louis est mort le 25 janvier 1628 mais sa famille s'est maintenue en terre canadienne. L'une de ses filles, Guillemette était mariée à Guillaume Couillard, ancien charpentier-calfat. Guillaume et Guillemette eurent cinq filles. C'est précisément l'une d'elle Marguerite Couillard, filleule de Champlain, que Nicolet prend pour femme le 7 octobre 1637. Leur contrat de mariage fut signé devant le notaire Guitet le 22octobre 1637 à Québec.
 

Marguerite est très jeune, elle est née en 1626. La jeune épousée a 11 ans et son mari 39 ans. Les autres sœurs de Marguerite se marièrent adolescentes également  Louise à 12 ans, Elisabeth à 14 ans, Marie et Gertrude à 15 ans.  Un certain Olivier Le Tardif, grand ami de Jean Nicolet, commis comme lui de la Compagnie des Cents-Associés, avaient épousé aussi une des filles de Guillaume Couillard, Louise Couillard née en 1625, sœur aînée de Marguerite.

 


Source : "La Femme dans l'Histoire du Canada" Albert Tessier

Acte de baptême de Marguerite COUILLARD

Le 10 aoust 1626 le Père Charles Lallemant jésuite baptise Marguerite fille de Guillaume Couillard et Guillemette hébert. Monsieur de Champlain commandeur fut parrain et Marguerite Longtain  espouse
d' Abraham Martin fut marraine

Transcrition : Jocelyne Nicol-Quillivic
Image : Family Search

 

 

Acte mariage Jean NICOLLET et Marguerite COUILLARD
 

 
 

 

 

Traduction du contrat de mariage entre Jean Nicollet et Margueritte Couillart
22 octobre 1637 Québec
Notaire Jean Guitet

Traduction par René Blémus

Furent présens en leurs personnes honorable homme Jean Nicollet commis et interprete pr Messrs de la Compagnie de la Nouvelle France fils de deffunct Thomas Nicollet messager ordinaire de Cherbourg à Paris Marguerite Delamer ses père et mère le dit sieur Nicollet a présent demeurant à Québecq pays de la Nouvelle France assisté de noble homme François Derré sr de Gan commis général pour messieurs de la compagnie et associés avec icelle honorable homme Ollivier Le Tardif, Nicolas Marsolais, Noël Juchereau et Pierre de la Porte tous demeurant au dit Québecq d'une part

et Margueritte Couillart fille de honorable homme Guilllaume Couillart et de Guillemette Hébert ses père et mère demeurant aussi au dit Québecq aussi assisté de honorables hommes Guillaume Hubou, Guillaume Hébert et Marie Rollet mère grand de la dit Margueritte Couillart ses parents et amys d autre part, lesquelles parties se sont promis et promettent respectivement d'un mutuel consentement et sans aucune induction se prendre l'un l'autre par foy et sacrement de mariage selon les formes ecclésiastiques et après icelle faictes touttes fois et quantes qu'il plaira aux dites parties et à leur première commodité et par ce faisant le dit sieur futur espoux a donné et donne a la sus dite future espouse pour denier dotaux la somme de deux mil livres a avoir et prendre sur ses biens tant meubles qu'immeubles présents et advenir et en quelque part qu'ils puissent estre tant à la vieille que Nouvelle France et sur le plus apparens de ses biens en cas qu'il n'y eust aucuns enfans yssus de leur chair, et après son décès comme aussy lui a donné en outre pour son douaire prefix au cas que douaire aye lieu tous et ung chacqun le revenu annuel tant de ces meubles qu' immeubles et ayant ce qui pourra rester apprès la dite somme de deux mil livres prise par presciput par la dit future espouse au cas qu'elle survive en quelque lieu que les sus dits biens soient situés comme cy dessus a esté dict et sans que le droict coustumier puisse préjudicier au prefix sy dessus auquel la dite future espouse s'arreste
dès à présent En consideration et contemplation duquel mariage les dits Couillart et Hébert père et mère de la dite future espouse se sont obligés solidairement bailler au dit futur espoux touttes fois et quantes qu il luy plaira la somme de neuf cens livres par maniere d'avancement de succession laquelle somme lui sera présentée sur le droit successif qu'elle pourra avoir de ses dit père et mère après leur décès et au cas que la sus dite future espouse précédast le sus dit futur espoux sans hoirs yssus de leurs shairs Y celluy sera obligé rendre pareille somme de neuf cens livres aux héritiers et ayant cause de la dit future laquelle sera remboursée par les dits Couillart et Hébert selon que a sa condition appartient et selon leur pouvoir et commodité et l'entretien de quoy et de ce que dessus les dictes parties se sont respectivement obligées par les clauses et conditions portées par le present contract soubs hypothecque de tous et chacuns leurs biens meubles immeubles present et advenir faict en présence de Claude Estienne et Etienne Racine tesmoings demeurant au dit Québec lesquels ont signé en la minute des présentes avec les parties parents et amys sy dessus le vingt deuxième d'octobre mil six cent trente sept

On signé ou paraphé :
Nicollet (paraphe), la marque sus dit Couillart, Marguerite Couillart, Guillemette Hébert, la marque sus dit Hubou, Guillaume Hébert, Marie Rollet, Derré (paraphe), Marsolet, Le Tardif ( et paraphe), Juchereau (et paraphe), Delaporte (et paraphe), Claude Estienne, Racine (et paraphe)

Sources : Traduction de René Blémus, tiré du livre "Jean Nicollet en Nouvelle France"
par René Blémus  Isoète/Carnet de l'Histoire

 

22 octobre 1637. – Traité de mariage entre Jean Nicollet et Marguerite Couilard

Traduction de Burroughs et Campbell

Furent présens en leurs personnes honorable homme Jean Nicollet Commis et Interprette pr Messrs de la Compe de la Nouvelle France fils de deffunct Thomas Nicollet messager ordre de Cherbourg à Paris Marguerite Delamer ses père et mère, le d sr Nicollet à présent demt à Québecq pays de la Nouvelle France assisté de noble homme François Derré sr de Gan commis général por Messrs de la Compe et associé avec icelle honorable homme Ollivier Le Tardif, Nicolas Marsolet, Noël Juche-reau et Pierre de la Porte tous demeurants au d. Québecq d’une part.

Et Marguerite Couillart fille de honorable homme Guillae Couillart et de Guillemette Hébert ses père et mère demeurant aussy au d. Québecq aussy assisté de honorables hommes Guillae Hubout, Guillaue Hébert et Marie Rollet mère grand de la d. Marguerite Couillart ses parents et amys d’aute part, lesquelles parties se sont promis et promettent respectivement d’un mutuel consentement et sans aucune Induction se prendre l’un l’aute par foy et Sacrement de Mariage selon les formes Ecclésiastiques et après Icelles faictes touttes fois et quantes qu’il plaira aux d. parties et à leur première commodité et par ce faisant le d. sr espoux a donné et donne à la s. d. future espouse pour deniers dotaux la somme de deux mil livres a avoir
et prendre sur ses biens tant meubles qu’immeubles pré-sens et advenir et en quelque part qu’ils puissent estre tant à la vieille que Nouvelle France et sur le plus appa-rens de ses biens en cas qu’il n’y eust aucuns enfans ys-sus de leur shair, et apres son deces comme aussy lui a donné en outre pour son douaire préfix au cas que douaire aye lieu tous et ung shacqun le revenu annuel tant de ces meubles qu’immeubles et en ce qui pourra rester auprès la d. somme de deux mil livres prise par preciput par la d. future espouse au cas qu’elle survive en quelque lieu que les s. dits biens soient situés comme cy dessus a esté dict et sans que le droict coustumier puisse préjudicier au prefix cy dessus auquel la d. future espouse s’arreste à présent. En considération et contemplation duquel mariage les d. Couillart et Hébert père et mère de la d. future espouse se sont obligés solidairement bailler au d. future espoux touttes fois et quantes quil luy plaira la somme de neuf cens livres par manière d’avancement de succession laquelle somme luy sera présentée sur le droit successif qu’elle pourra avoir de ses d. père et mère après leur décès et au cas que la s. d. future espouse précédast le susd. futur espoux sans hoirs yssus de leur shair Icelluy sera obligé rendre pareille somme de neuf cens livres aux héritiers et ayans cause de la d. future laquelle sera embrousser par les d. Couillart et Hébert selon que a sa condition appartient et selon leur pouvoir et commodité et l’entretien de quoy et de ce que dessus les dictes parties se sont respectivement obligés par les clauses et conditions portés par le présent contract soubs hypothecque de tous et chacuns leurs biens meubles Immeubles présents et advenir faict en présence de Claude Etienne Racine Tesmoings demeurant au d. Québecq lesquels ont signé en la minute des présentes avec les
parties parents et amys cy dessus le Vingt deuxième d’octobre mil six cent trente sept.

Nicollet (paraphe)
la marq du sd Couillart
Marguerite Couillart
Guillemette Hébert
la marque du sd Hubout
Guillaume Hébert
Marie Rollet
Derré (paraphe)
Marsolet
Le Tardif (et paraphe)
Juchereau (et paraphe)
De Laporte et paraphe Claude Estienne
Racine (et paraphe)
Inventorié ung avec paraphe

Paraphé ne varietur
Verrier Vre gent
Du Laurent, greffr.

Pour copie conforme à la minute trouvée dans l’Etude du feu Mtre J. Guitet, notaire, pour cette partie de la Nouvelle France maintenant appelée Province de Québec, déposée dans les Archives de ce dsitrict, victimée et collationnée par nous soussignés, gardiens d’icelles et Pronotaires de la cour Supérieure à Québec, le Dix-huitième jour de Juin, mil huit cent quatre vingt cinq.

BURROUGHS ET CAMPBELL.

 

 

Les deux beaux-frères reçurent du gouverneur le 23 mai 1637, quelques mois donc avant le mariage de Jean une concession à Trois-Rivières. La concession couvrait une superficie de 56 hectares. Avec son beau-frère à Québec, Jean Nicolet reçut un fief. Le fief était une terre de la Couronne concédée à titre définitif et transmissible par héritage. Ainsi Jean Nicolet devient "Sieur" à défaut d'autres titres et il accole à son nom celui de "Belle-Borne" qui est le nom du ruisseau traversant la propriété.

 

Sa fin tragique nous est racontée par madame Rina Auger dans un roman historique intitulé « Eléonore de Grandmaison  seigneuresse de Nouvelle-France. » (8)Eléonore de Grandmaison est une de mes ancêtres dans la lignée des Richer-Laflèche par les femmes.
 


Acte de décès de Jean Nicolet, Jean Fevre et Noël Girardain
27 octobre 1642

Le 29 on fit les funérailles de monsieur Nicolet et de trois hômes de Mr de Chavigny noyes dans une chaloupe qui allait de Kebec à Sylleri.......les noms desdit trois hommes sont Jehan fevre Noel Giardain

 

Jean Nicolet fut contacté en fin d’après-midi du 27 octobre 1642 par un messager du gouverneur, lui demandant son aide immédiate. Des Algonquins voulaient mettre à mort un prisonnier Agnier. Cette exécution mettait en danger la vie de tous les habitants des environs car les Iroquois menaçaient de se venger sur la population. Jean Nicolet ayant la confiance des Indiens, lui seul pouvait leur faire entendre raison et faire libérer le prisonnier. Devant se rendre aussi vite que possible aux Trois-Rivières, il demanda à François de Chavigny, époux d’Eléonore de Grandmaison, qui partait le lendemain de devancer son départ et de partir le soir même. Jean su convaincre l’épouse réticente de Chavigny et ils partirent avec Jean Ferré et Noël Girardeau. Mal leur en pris car en cours de route près de Sillery survint une violente tempête, la chaloupe chavira malgré les efforts des quatre hommes, Jean Ferré, Noël Girardeau et Jean Nicolet perdirent la vie, seul fut sauvé car sachant nager, François de Chavigny, mais ce fut d’extrême justesse grâce aux Jésuites du lieu.

Le Saint-Laurent engloutit Jean Nicolet en cette nuit du 27 octobre 1642 et ne rendit jamais son corps.

 

Une touchante cérémonie eut lieu en mémoire des trois hommes. Toute la colonie assista aux funérailles ainsi que François Chavigny soutenu par sa femme Eléonore et Antoine son fidèle serviteur. Marguerite Couillard, la jeune veuve de Jean Nicolet, seulement âgée de seize ans était présente tenant dans ses bras sa petite Marie-Marguerite. Monsieur de Chavigny viendra en aide à la jeune veuve et prendra l'enfant sous sa protection. C'est lui qui en particulier insistera pour la confier aux sœurs du Couvent des Ursulines à Québec.

Son histoire ne serait jamais arrivée jusqu'à nous, si les religieux, ses amis de toujours, n'avaient fait la relation de son aventureuse carrière.
Quelques trente années après sa disparition,  ses contemporains, survivants du front pionniers, n'avaient donné son nom à une petite rivière qui se jette dans le Saint-Laurent sur la rive droite, juste en face du poste de Trois-Rivières. Au confluent devait naitre le premier établissement de "Nicolet", une paroisse, une seigneurie et plus tard une ville.

 

Ventes des biens meubles et immeubles après le décès de Jean Nicolet

 
 


Monument de Lavérendrye et
autres découvreurs trifluviens

Pierre Gauthier de Varennes et de Lavérendrye(1685-1749) Ses fils l'accompagnèrent dans ses voyages dans l'Ouest canadien

Jean Nicolet (1598-1642) découvrit le lac Michigan et ses alentours du côté du Wisconsin en 1634.

Pierre Pépin (1652-1722) explora le Wisconsin et se rendit au Mississippi.

Pierre-Esprit Radisson et son beau-frère Médard Chouart Des Groseilliers découvrirent le lac Supérieur

Nicolas Perrot (1641-1717) découvrit le Mississippi et le centre-ouest des États-Unis.

Christophe Dufrost de la Jemmerais (?-1736) était le neveu et le compagnon de voyage de Lavérendrye.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrimoine_de_Trois-Rivi%C3%A8res
http://lacigogneetlecaribou.kazeo.com/voyage-de-niagara-a-perce/trois-rivieres,a1742388.html
 

Les livres que possédaient Jean Nicolet
(d'après Auguste Gosselin, prêtre canadien)
 

 

 

Inventaire des Sciences
Art de naviguer
Un livre pour tirer l'épée
Métamorphoses d'Ovide mises en vers
Relation de la Nouvelle France de 1637
Histoire de Sainte Ursule
Méditation sur la vie de Jésus
Le secrétaire de la Cour
L'horloge de la dévotion
Eléments de logique
Les saints devoirs de la vie dévote
L'Histoire du Portugal
Deux livres de musique
Une vie des Saints

La poste des Etats-Unis
a honoré sa mémoire par l'émission le 7 juillet 1934, d'un timbre à l'occasion des 300 ans du Wisconsin

     
 

Descendance de Jean Nicolet
par ses filles
Madeleine Euphrosine et Marie-Marguerite

 En cliquant sur le texte en bleu à gauche, vous aurez accès à ma généalogie de Jean Nicolet

Mariage Eufrosine NICOLET et Jean LEBLANC
21 novembre 1643 Québec

Mariage Madeleine NICOLET et Elie DU SCEAU
22 février 1663 Québec
 

Mariage de Marguerite NICOLET et Jean-Baptiste LeGARDEUR
11 juillet 1656 Québec

 
 

Sources :
Le Mémorial du Québec  page 179
Un document  de la vente des biens meubles  et immeubles de Jean Nicolet à Marguerite Couillard en 1643
Merci à notre amie Marguerite Lafontaine

http://fr.wikipedia.org/wiki/Compagnie_de_la_Nouvelle-France
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/truchement/80050

Sources images :
http://livres-anciens-numerises.e-monsite.com/

http://menashabook.blogspot.fr/
 http://pages.infinit.net/cerame/heraldicamerica/


Sources des Actes : Family Search

1 : René Blémus "Jean Nicollet en Nouvelle-France" Carnets de l'Histoire 1988 page 22-23
(2) Dictionnaire biographique du Canada
(3) Louis-Guy Lemieux, Le Soleil (03.12.2006)
(4) La Normandie et la construction d'une Nouvelle-France par John A. Dickinson, université de Montréal, Paris III / Sorbonne Nouvelle
(5) chemindeserables.pageperso_orange.fr/quebechistoire3.htm
(6) Livre Jean Nicolet 1618-1642 par l'Abbé Auguste Gosselin, Imprimerie  de l'Eure 1893
(7) Dictionnaire généalogique Tanguay Tome 1 page 401
(8) Rina Auger dans un roman historique intitulé " Eléonore de Grandmaison  seigneuresse de Nouvelle-France"
(9) Canada-Québec 1534-2000, de Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois édition Septentrion 2001, page 50
Notes :
1)
Biographie Père Vimont : http://www.biographi.ca/fr/bio/vimont_barthelemy_1F.html

1) Marcel Trudel, historien de renom, dit qu'en 1618, Jean Nicolet ne fait que passer. Les actes concernant Jean Nicolet sont conservés aux Archives nationales du Canada. Elles révèlent que, le 10 mai 1619, Jean Nicollet est en France, où il participe à la rédaction de l’acte de vente d’une terre qu’il possède à Hainneville, près de Cherbourg. 

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