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Notre ancêtre René Hubert

Texte de Claude HUBERT

René Hubert était parisien de naissance. Il naquit en 1648 de René et d'Anne Horry, de la paroisse Ste-Geneviève-des-Ardents. D'après Le Jeune, la famille Hubert aurait occupé en France un rang distingué dans la magistrature, et René fils serait venu au Canada en 1665. La première mention qu'on trouve de lui est celle de son mariage; il épousait en 1669, à Québec Françoise de La Croix.

Dans l'ordre judiciaire, son premier office fut celui de greffier de la Maréchaussée. M. Pierre-Georges Roy dit qu'il fut nommé à cette charge par commission de l`Intendant Duchesneau le 22 septembre 1681. Il est notoire cependant qu'il l’exerçait avant cette date. Le 16 juillet 1678, on lui donne ce titre de greffier de la Maréchaussée à la justice seigneuriale de Montréal, devant laquelle il comparaissait comme procureur de Gaultier de Comporté, qui était lui-même Prévôt de la Maréchaussée. Il y en a d'autres exemples. D'autre part, on ne trouve trace d'aucun greffier nommé avant lui. Ne peut-on pas croire alors qu'il reçut cette charge dès la création de la Maréchaussée elle-même, en 1677? Ce n'est qu'en 1700 cependant que le roi lui donna des lettres qui le confirmaient dans cet office, et qu'au mois de novembre de cette même année qu'il fut installé officiellement en cette qualité. Il y avait plus de vingt ans qu’ il en faisait les fonctions! Disons tout de suite qu'il exerça cette charge jusqu’a son décès, concurremment avec plusieurs autres.

Le 18 mai 1681, I'intendant Duchesneau commettait René Hubert pour exercer la charge d'huissier au Conseil Souverain «  avec pouvoir d’exploiter et mettre à exécution par tout le pays du Canada tous contrats, obligations, lettres patentes, arrêts, sentences, ordonnances jugements et autres actes émanés du dit Conseil et juges royaux du dit pays..... » Le même jour, Guillaume Roger était nommé premier huissier, lequel mourut en 1702: alors Hubert accéda au rang de premier huissier. Il pratiquait fréquemment aussi comme procureur devant la prévôté et le Conseil, exposant et plaidant les causes des particuliers. Le greffier en chef, au Conseil, Charles de Monseignat, se trouvant dans l'impossibilité, de remplir tous les devoirs de sa charge, à cause de fréquents voyages et autres absences, commit,  (... sous le bon plaisir du Conseil, René Hubert ci-devant greffier en chef pendant que la charge était vacante (en 1703-1704, entre la mort d'Alexandre Peuvret et la nomination de Monseignat lui-même), et de laquelle il a prêté serment au Conseil dès le seize avril mil sept cent trois, pour faire les fonctions de greffier au dit Conseil... ) C’était en 1711. Mais Monseignat rnourut en 1714; Pierre Rivet passa aussitôt à la charge de greffier au Conseil, et Hubert fut appelé à remplacer celui-ci comme greffier en chef à la Prévôté . Ses lettres de provisions sont introuvables. Il est notoire toutefois qu'il exerça cette charge de 1714 a 1725. Sa signature dans les registres en fait foi.

Hubert ne semble pas avoir toujours habité Québec; le recensement de 1716 ne le mentionne pas. Il possédait en 1707 une terre à la campagne, sur la rive sud de la rivière Saint-Charles; il eut un procès de partage de la terre située à l’ouest de la sienne, en 1708, avec Pierre Racine, lequel était alors aux droits de Guillaume Bonhomme, et prétendait avoir aussi des droits sur la moitié de celle qui les séparait. Le partage fut fait par l’arpenteur Jason-Lapalme, avec l’abbé Buisson comme arbitre. Peut-être habitait-il cette campagne lors du Recensement?

Il avait reçu concession de Frontenac, le 14 novembre 1696, de la seigneurie du Grand-Pabos, à la Baie des Chaleurs.. Cette seigneurie couvrait les territoires actuels de Petit Pabos, Pabos, Chandler et Pabos Mills. Le terme Pabos provient du terme micmac Pabog signifiant «eau au cours tranquille». Il en portait foi et hommage au château St-Louis le 25 juin 1724, et le lendemain, 26, il présentait l’aveu et dénombrement pour ce fief. Les deux actes était faits en son nom pour la moitié du fief, et au nom de ses enfants, héritiers de sa première femme, leur mère, commune en biens avec lui: Jean-Baptiste, l’aîné, pour un quart au total; Simon, Charles et Marie-Charlotte, épouse de Jacques Pinguet, chacun pour un tiers de l’autre quart. Les mêmes jours, 25, 26 juin 1724, il rendait aussi foi et hommage et présentait son aveu et dénombrement pour la seigneurie Hubert, concédée à son fils René-Louis en 1698 et située derrière les fiefs St-Gabriel et St-Ignace. René-Louis étant décédé sans enfants en 1706, René, le père, avait hérité de la moitié du fief, et ses quatre enfants survivants, frères et sœur du défunt René-Louis, d'un quart de l’autre moitié‚ chacun . Sur ces deux fiefs, Hubert avouait qu'il n'y avait encore aucun établissement ni défrichement.

Hubert mourut a Québec le 31 août 1725. Il fallut nommer, pour le remplacer, un greffier la Prévôté, un premier huissier au Conseil, un greffier à la Maréchaussée, un geôlier des prisons royales et un commandant des gardes de la ferme du roi.

Il s’était marié trois fois. On a vu son premier mariage avec Françoise de La Croix. Des huit enfants issus de ce mariage, trois fils et une fille survivaient en 1725. Françoise de La Croix étant morte le 13 cctobre 1711, il épousa le 22 novembre suivant Marie-Anne de La Porte, veuve du notaire François Genaple: elle mourut le 28 juin 1718 sans lui laisser d'enfants, Et le l er septembre de la même année, Hubert se mariait en troisièmes noces avec Angélique Faveron, dont il eut trois enfants. Par Charles-Régis, issu de ce dernier mariage. René Hubert est le bisaïeul de Mgr Jean-Francois Hubert, neuvième évêque de Québec.

Claude Hubert
http://www.genealogie.org/ancetres/gen0.htm

Ajout de Claude HUBERT :

René Hubert a voulu mettre Simon HUBERT (son fils ) en prison pour annuler son mariage avec Marie-Anne De la Rue .

[30/03/1699]

 

Sur la requête présentée au Conseil par René Hubert huissier en icelui, tendante à ce que vu les pièces énoncées et attachées il plaise au dit Conseil de recevoir en son appel comme d'abus par lui interjeté le 21e février dernier et à celui qu'il interjette de la commission donnée par Monsieur l'évêque de Québec au Sieur Poncelet Prêtre curé de la  paroisse Notre-Dame de laurette pour faire le mariage d'entre Simon fils du dit suppliant et Anne LaRaux, lui permettre de faire intimer sur iceux qui bon lui semblerait pour voir dire que le dit prétendu mariage de son dit fils avec la dite LaRaux sera déclaré nul et clandestinement fait, cependant leur faire défenses d'habiter ensemble et enjoindre au fils du dit suppliant de retourner chez lui et à faute de ce permettre au dit suppliant de le faire constituer prisonnier des prisons de cette ville pour y demeurer jusqu'à ce qu'il soit rentré en son devoir requérant surtout la  Jonction du procureur général du Roy pour l'intérêt public, ouï le dit procureur général. Le CONSEIL a reçu et reçoit le dit Hubert en son dit appel, et en ce faisant lui a permis et permet intimer le Sieur Promoteur de l'officialité de cette ville, le dit Sieur Poncelet et le dit Simon Hubert son fils en ce dit Conseil à jour certain et compétent.

 

BOCHART CHAMPIGNY.

 

 
Signature de René HUBERT
sources : Claude Hubert
 
     

NOTES

Le mal des ardents appelé aussi "Peste de Feu" exerçait toujours de grands ravages dans la population parisienne, et comme à cette époque d'ignorances, on ne connaissait d'autre remède à ces maux que prier le ciel de vouloir bien arrêter le fléau et de promener les reliques des saints pour le fléchir, une procession publique fut ordonnée en 1429 et on y porta la châsse de sainte Geneviève ; cette procession, à laquelle prit part une foule compacte, arriva à la cathédrale par la vieille rue des Sablons et aussitôt que la châsse de la sainte fut entrée dans l'église, les malades vinrent la toucher et furent immédiatement guéris.

C e fut en raison de ce miracle (absolument réduit à l'état de fable par la plupart des historiens), que le roi fit bâtir l'église de Sainte Geneviève des Ardents, à l'endroit où, en 1747, fut élevé sur ses ruines, l'hospice des Enfants Trouvés, c'est-à-dire place du parvis Notre Dame.

 

Note : Le" mal des ardents" a sévi à plusieurs reprises sous forme épidémique dans certaines provinces de France, en Allemagne, en Espagne et en Sicile, du Xe au XIIe siècle. Il se présentait sous la forme de : frissons suivis de chaleurs, délire, prostration, douleurs violentes à la tête et aux reins, indurations et abcès des glandes axillaires et inguinales, gangrène des extrémités, pouvant aboutir à des infirmités graves et incurables Ces terribles épidémies étaient dues surtout à la condition et à l'alimentation misérables des populations, et en particulier à l'absorption de farines contenant de l'ergot de seigle, champignon entraînant des maladies des graminées, dont les principes actifs sont maintenant utilisés en pharmacie.

Pierre Bétourné

Les  "maréchaussées "  furent pendant des siècles le seul corps militaire exerçant  des fonctions de police.

  • La prévôté était sous l'Ancien Régime le premier degré de la justice royale.

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