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Corsaires   Célèbres

                                                                  MALESARD

 

 

Fils de « LA ROBINE » tenancière à CHERBOURG (citée dans le journal)

Du Sire de GOUBERVILLE où il passa quelques nuits lors de ses passages à CHERBOURG pour Affaires.

Périt à AURIGNY le 21 Juin 1558, emportant toutes les pièces le l’Ile et tout le bétail.

 

 

LEMARCHAND Gilles

Sire de RAFFOVILLE

 

Filleul du Sire de GOUBERVILLE, il habitait un manoir au Mesnil au Val et avait une humeur particulièrement batailleuse qui lui attira beaucoup d’ennuis.

Finança personnellement un navire et en 1556, son expédition lui aurait apporté 50000 Livres.

Il succomba sous les murs de VALOGNES aux blessures des hommes d’armes venus l’arrêter à la suite d’un différent avec les frères DIENY de ST PIERRE EGLISE.

 

 

BRICQUEVILLE (de) Antoine

Chevalier de BRETTEVILLE

 

 

Né à BRETTEVILLE en SAIRE en 1635, mort le 16 Juillet 1674 par un coup de fusil.

Capitaine en 1674. Il construit à BRETTEVILLE, un bateau de 10 canons monté par 60 Hommes.

 

 

LECLERC François

Dit « Jambe de bois »

 

 

Sa fille, Jeanne LECLERC, épousa Nicolas de HENNOT, sieur de ARREVILLE grand maître réformateur des Eaux et Forêts de Basse Normandie.

Participe en 1547 à la prise de SERCQ aux commandes de la FECAMPOISE, galion du roi.

Anobli  en 1551, pour faits d’armes déclarés, fit édifier aux dires de François DESRUES, COUTANCAIS  L’Ile de TATIHOU afin de résister aux invasions Anglaises ; la tour actuelle serait érigée sur les fondements d’une tour construite à une date antérieure (histoire de ST VAAST de Jules LEROUX.

En 1553, aux commandes du CLAUDE, est a la tête d’une division de quatre vaisseaux conduit sa flotte à ST DOMINGUE, pille les canaries et CUBA, emporte l’artillerie de l’Ile pour renforcer celle de BREST.

Devenu protestant, il s’attire les foudres du Roi et s’exile en Angleterre  mais, guère récompensé revient en France.

Aurait habité le manoir de REVILLE. Il reprend la course et meurt à son bord en 1563.

 

 

 

 

CORSAIRES SOUS LOUIS XIV

 

 

 

GRATON

 

 

 

Il commandait  la barque longue LA FLATTEUSE. D’après sa déclaration devant les Officiers de L’Amirauté de CHERBOURG, se trouvant sur la côte d’Angleterre , à 10 Lieues de PORTLAND, le 10 Juillet 1693, il prit une barque de JERSEY nommée «  LE GUILLAUME et JEAN », cette prise avait pour capitaine un sieur Abraham ARONDEL de JERSEY et pour armateur

Guillaume BOUTTON. Elle était allée prendre un chargement pour plusieurs marchands de JERSEY.

 

 

 

POITEVIN Jean

 

 

Il commandait la Frégate LA FLATTEUSE (ex barque longue), d’après les procédures des Officiers de l’Amirauté de CHERBOURG, POITTEVIN rapporte que le 22 Juillet 1695, il rencontra un bâtiment portugais

LE SAINT ANTOINE, venant de FAYAL, dans les Acores. Ce navire lui parut suspect parce que son capitaine, Jean d’OLLIVIERA, natif de Lisbonne, était en  possession de deux commandements : l’un portant que les marchandises étaient pour le compte portugais, l’autres qu’elles étaient pour le compte de marchands anglais. Le capitaine portugais, dans son interrogatoire, affirma qu’il était non seulement capitaine, mais aussi propriétaire du navire, et que celui-ci était chargé pour le compte de deux marchands portugais nommés EVANS et HENRIQUES. De son côté le pilote raconte une histoire assez obscure d’après  laquelle, d’OLIVEIRA avait été pris par un corsaire Français et menait à ST MALO, alors que, pendant qu’il était dans les prisons malouines, son navire avait été repris par un corsaire hollandais et ramené à GUERNESEY où, D’OLIVIERA, sorti de prison, l’avait rejoint mais que la malchance poursuivait le malheureux, puisqu’il retombait dans les mains du capitaine de la FLATTEUSE.

Malgré toutes ces explications, un jugement fut rendu le 19 Novembre 1695 en faveur de POITEVIN et le ST ANTOINE fut déclaré bonne prise.

 

Jean POITEVIN et la FLATTEUSE, poursuivirent leurs exploits puisque le mois suivant, à la fin AOUT, ils prirent à la hauteur de GUERNESEY un navire hollandais  «  L’AVENTURE » de Lime, qu’ils menèrent à Cherbourg. Le maître de la prise se nommait Richard SCORK, et le propriétaire Guillaume de SNAILLE, toux deux demeurant à Lime. Le navire était chargé de sel, prunes, bas et autres marchandises, il allait de Guernesey à TAPSON.

 

 

LES FRERES JALLOT

 

Fraudeurs et Corsaires

 

 

 

Henri- Robert JALLOT de RANTOT, chevalier de MALTE., que l’information de Monsieur de MONTHUCHON mettait si nettement en cause, appartenait à l’une des plus anciennes et des plus nobles familles du Cotentin. Grands propriétaires fonciers, seigneurs ou patrons de Beaumont, Herqueville, Omonville la Petite, Digulleville, les premiers, parmi cette noblesse turbulente de la Hague dont les noms patronymiques sonnent comme des comme des noms de guerre, LA FOUQUE, FEUARDENT, DUREVIE, les JALLOT exerçaient dans ce coin de la presqu’île éloigné de tout centre et fermé aux influences du dehors, une prédominance

Incontestée.

 

On les trouve, dès le XVIe siècle, parmi les principaux bienfaiteurs de l’Eglise du Vœu, à Cherbourg, et ils étaient inscrits de temps immémorial, sur les registres de la célèbre confrérie de Notre Dame de Mort Christ, en l’Eglise de Jobourg, où ils remplissaient tour à tour le rôle d’échevin. A Valognes, le Versailles de la Normandie, où toute la noblesse du pays se donnait alors rendez vous, ils possédaient un de ces hôtels silencieux, aux porches maintenant fermés sur des rues désertes, ornement de la vieille petite ville dont BARBEY D’AUREVILLY a sien bien dépeint le charme mélancolique : c’est  l’hôtel de BEAUMONT, qui, sous le nom de

Maison de JALLOT, servit de maison de détention pendant la période révolutionnaire.

 

Cette famille était alliée aux BELLEFONDS, qui comptaient parmi les leurs, un maréchal de France. Commandant l’armée de terre rassemblée au camp de QUINEVILLE lors du désastre de la HOUGUE, aux CADOT, de SEBEVILLE, qui se distinguèrent au XVII è siècle sur les vaisseaux du roi et dans des missions auprès des cours Etrangères. Aux d’AMFREVILLE dont l’un

S’illustra aux côtés de Tourville et devint chef d’escadre ; aux CASTEL, de ST PIERRE, qui fournirent à la marine des officiers renommés, et entre autres, le chevalier de ST Pierre, frère de l’abbé, compagnon de Jean BART dans ses croisières de la Mer du Nord, et plus tard Lieutenant général commandant les vaisseaux de la religion, dans la Méditerranée. Eux-mêmes étaient de hardis marins. Dans une pétition qu’il adressait au Roy, le chevalier de RANTOT pouvait s’enorgueillir d’avoir eu plusieurs de ces JALLOT qui avaient accompli, pendant la guerre de Hollande, des exploits remarquables.

 

L a Manche était alors sillonnée de corsaires dunkerquois, boulonnais, dieppois et malouins. Les nôtres dont l’histoire officielle  a

Dédaigné les noms, n’étaient ni les moins heureux dans leurs entreprises, ni les moins braves au combat.

 

Un historien Cherbourgeois, Alexis GEHYN, dit VERUSMOR, a raconté les exploits héroïques d’Antoine de BRICQUEVILLE, Chevalier de BRETTEVILLE, qui appareilla du port de Cherbourg, vers la mi-Mars 1674, avec un petit bâtiment de 10 canons et 60 Hommes d’équipage, et qui, pendant quatre mois, courut la mer, de la pointe de la Hague au Cap Gris Nez et des côtes de France aux côtes d’Angleterre, présent partout, insaisissable, jetant le grappin sur tous les navires de commerce Hollandais qu’il rencontrait, s’attaquant à des frégates d’une force numérique double de la sienne, les obligeant tantôt à lâcher leurs prises, tantôt  a amener leur pavillon. BRICQUEVILLE trouva finalement une mort glorieuse dans un combat à l’abordage contre un brick de 20 Canons, porteur de dépêches expédiées par l’Amiral TROMP aux Etats Généraux de la HAYE : combat opiniâtre, héroïque, qui, commencé le soir, dura la nuit en se termina dans la retraite du brick ennemi. Celui-ci, criblé de projectiles dans sa flottaison, n’ayant plus de voiles  ni manœuvres, s’en alla couler à quelques miles au large de Fécamp, avec tous les blessés qu’il avait à son bord. Et, le corsaire, si maltraité lui-même qu’il pouvait à peine se mouvoir, mit plusieurs jours à gagner LE HAVRE, où l’équipage reçu une distinction par le Duc de ST AIGNAN, gouverneur qui rendit à son capitaine les honneurs funèbres.

 

Des exploits de ce genre excitaient l’émulation, et nombreux étaient les marins qui brûlaient de marcher sur les traces du Chevalier de cette ville.  A Cherbourg, dans ce temps là, s’il faut en croire l’éminent historien de la Marine Française, M ; de  LA RONCIERE, presque  tous les habitants étaient « de la cabale des armateurs » et commanditaient les armements des chevaliers de BEAUMONT, de RANTOT et d’OUVILLE. Ils suivaient l’exemple de la maîtresse du Roy, Madame de MONTESPAN qui avait armé en course trois navires, dont les captures devaient quelques années plus tard défrayer, LA FAYETTE, d’un bâtard Royal, futur amiral de France sous le nom de, Louis Alexandre de BOURBON, comte de TOULOUSE.

 

Le 7 Novembre  1672, Sortait  du Havre de Cherbourg, le navire « LA FRANCOISE », du port de  80 canons, armé en course avec trois canons et 55 hommes d’équipage. Il appartenant, pour la plus grande part, à un armateur de la ville, Jacques de LONLAY, sieur de la VARENGERE, et il avait comme capitaine, Pierre JALLOT, sieur de RANTOT, que son frère, le chevalier de BEAUMONT,

Accompagnait en qualité de lieutenant. Le lendemain étant par le travers d’Omonville, nos corsaires aperçoivent une frégate de 4 canons, arborant le pavillon Français, qui vient sur eux. L’ayant reconnue pour Hollandaise, ils la laissent approcher à porter de mousquet, lui envoient une décharge et s’en rendent maîtres après un vif combat. C’était « LA LOUISE ou LUOISE) de MILDEBOURG, capitaine Jacob FRANCK, ayant une commission du Prince d’ORANGE. A bord on trouva toute une cargaison d’armes , mousquets, coutelas, pistolets, haches d’abordage, piques et deux pavillons en plus du pavillon Français,l’un d’Angleterre l’autre de Mildebourg.

 

La même année, Le chevalier de, BEAUMONT JALLOT, figure sur » la liste des officiers choisis par le roi pour commander les vaisseaux que sa majesté  fait armer en ponant pour la campagne de 1672 ». Lieutenant en second sur le « SANS PAREIL », vaisseau de 66 canons et de 400 hommes, que commandait Mr de la CLOCHETTERIE, il prit part, en cette qualité, le 7 Juin 1672, à la bataille navale de SOLEBAY, dans laquelle on vit la flotte anglaise du duc d’York  et la flotte Français du comte d’Estrées  se réunir pour combattre la flotte hollandaise de RUYTER. Trente un vaisseaux Français tinrent en échec pendant toute une journée 43 vaisseaux Hollandais «  L’escadre  de France à combattu avec une bravoure extraordinaire » des capitaines anglais qui avaient quitté le champ de bataille pour sauver leur bâtiment tout délabrés de coups. Mais la victoire resta indécise, et des trois flottes en présence, la moins éprouvée fut encore celle de l’homme que COLBERT appelait «  le plus grand capitaine assurément qui ait jamais été en mer »  Michel Adrien de RUYTER.

 

En 1673, tandis que le Chevalier de RANTOT obtenait de l’Amirauté une commission de capitaine pour commander « LA FRANCOISE » et avec elle «  course sus aux pirates et gens sans aveux même aux Hollandais et autres ennemis de la couronne, son

frère Pierre JALLOT, armait en course, une frégate de 30 Pièces de canons «  LA SUZANNE »et s’emparai du vaisseau hollandais « LE MODELE », pour lequel il touchait une gratification de 2000 livres, le roi donnant alors aux armateurs 500 livres pour chaque pièce de canon capturée sur les navires ennemis . Mais la SUZANNE allait bientôt se trouver mêlée à une autre aventure qui eut à cette époque, un grand retentissement.

 

On sait qu’elle fut l’attitude de l’Angleterre pendant la guerre de Hollande. D’alliée  qu’elle était au début, elle ne tarda pas à devenir notre ennemie. Indisposée par le relèvement  de notre marine marchande, ayant perdu du fait de la guerre le commerce du nord et menacée de se voir enlever le commerce du levant par l’entrée en ligne de l’Espagne, l’Angleterre se retira de la lutte, le 19 Février 1674, en traitant séparément  avec les Pays bas. A l’alliance devait succéder logiquement l’hostilité. Afin d’éluder nos prohibitions,

Les  Hollandais, plaçant sous pavillon neutre les vaisseaux qui dormaient inutiles par milliers dans leurs ports, de faisaient délivrer à Londres lettres de naturalité et lettres de mer. « Une fourberie aussi grossière, flagrante contravention d’un règlement britannique qui réservait les passeports aux navires nationaux ne pouvait pas être tolérée par nous ». La complicité de l’Angleterre s’aggrava du transport de troupes et toutes sortes de marchandises de contrebande dans les états d’Italie sous la domination du roi d’Espagne. Quelque liberté

Que revendiquaient les  Anglais, de pareilles infractions à la neutralité étaient illégitimes. Il en résulte que les prises de guerre contre

Lesquelles la Grande Bretagne protesta, mais dans beaucoup, après de multiples procédures, furent reconnues légitimes. La tension s’accrût au mariage de la nièce de Charles II avec le Prince d’Orange. Le 10 Janvier 1678, la Grande Bretagne entrait dans le consortium de nos ennemis.

 

Or, deux années auparavant, dans le courant d’Avril 1676, les quatre Frères JALLOT, Pierre, Sieur de RANTOT, Henri Robert,

Chevalier de RANTOT, Jean , Sieur d’OUVILLE et Adrien, dit le Chevalier de BEAUMONT, faisant la course dans la Manche s’étaient emparés de cinq navires, soit disant Anglais , mais qu’ils prétendaient être Hollandais ou Hambourgeois

 

C’étaient :

 

LA GRANDE ELISABETH de LONDRES, capturée par LE POSTILLON commandée par Henri Robert, Chevalier de RANTOT

 

LE SAMUEL, capturé par la Frégate  L’HEUREUSE, commandée par Jean d’OUVILLE et son frère Adrien, chevalier de BEAUMONT

 

LE CYGNE, LA FLEUR DE MAI et LE GUILLAUME, capturés par LA SUZANNE, commandée par Pierre, chevalier de RANTOT

 

Deux autre bâtiments étrangers, LE DRAGON VERT et  LA PETITE ELISABETH  avaient été également été pris par des corsaires appartenant à la société dont faisaient partie les frères JALLOT, lors d’expéditions où ces derniers ne se trouvaient pas embarqués, le premier par un nommé LANOUE-COFFIN, le second un sieur LA PORTE-CAUSSIN, bourgeois de Cherbourg. Pillés et débarrassés des « meubles » et de l’argent qu’ils renfermaient, 7 navires capturés furent amenés en rade de Cherbourg.

 

 

 

Ce beau coup de filet faillit déchaîner la guerre avec l’Angleterre, s’emparer de bâtiments appartenant a une puissance neutre, et les piller, c’était un acte de piraterie, auquel  s’ajoutait une circonstance aggravante. Pour faire déclarer aux hommes aux équipages saisis qu’ils étaient Hollandais, nos corsaires avaient usé d’un moyen énergique. Comme ces matelots nieront, ce que ‘on voulait leur faire dire, ils furent sur l’ordre du Chevalier de BEAUMONT, attachés aux mâts, et là, après leur avoir entouré les mains avec des mèches, on y mit le feu. Pareille scène se passa sur  le SAMUEL, à l’instigation d’un nommé LE PAUTONNIER, qui servait sous les ordres du Chevalier d’OUVILLE. Mais une fois descendus à terre, les marins blessés se plaignirent. S’appuyant sur des certificats des chirurgiens de Cherbourg et de PARIS qui les avaient pansés, ils adressèrent  une plainte au ministre COLBERT. Un marchand de Londres, Jean VACQ propriétaire de LA  GRANDE ELISABETH, se joignit à eux. L’Angleterre toute entière s’émut. Au conseil d’Etat tenu à WITE-HALL, le 26 Avril, le roi Charles III décida d’informer son  ambassadeur en France des violences subies par ses sujets. Le 22 Mai, il lui adressa une lettre de cachet pour le charger de poursuivre en son nom les coupables. L’information judiciaire aboutit à un décret de prise de corps contre les frères  JALLOT et le bailli de Cherbourg, Jacques de LA FONTAINE, leur complice. Mais nos corsaires couraient déjà les mers à l’abri des atteintes de la maréchaussée. Une sentence du présidial de CAEN, des 20 et 21 Août 1676, les condamne à faire amende honorable en l’audience et devant la porte de l’église ST PIERRE, puis à avoir la tête tranchée, et leurs biens confisqués au profit du Roi. Etant contumaces, ils ne furent exécutés qu’en effigie. Le plus malheureux dans l’affaire fut le Bailli de Cherbourg ; la part qu’il avait prise à la vente des des navires capturés, lui valut d’être condamné à mort et, le 22 Août 1676, il fut exécuté, après avoir subi la question. Sept ans plus tard, le Roi étant à Versailles, délivra à nos corsaires des lettres de rémission, dont ils semblent, d’ailleurs, s’être mis fort peu en peine, car elles ne furent enregistrées que le 27 Mars 1692 au Présidial de CAEN, et encore, à l’enquête qui précéda cet enregistrement, les bénéficiaires de la mesure refusèrent avec insolence de répondre aux questions des juges.

 

Les fluctuations  diverses des rapports anglo-français à cette époque suffisent à expliquer la sévérité, puis l’indulgence des tribunaux à l’égard des Frères JALLOT. Ceux-ci d’ailleurs, n’étaient nullement émus de leur condamnation. Loin de se sauver en SUEDE, comme on l’a prétendu, ils ne quittaient la Hague que pour  leurs courses en Mer Décapités en Effigie, ils continuaient à porter haut la tête et n’aimaient point qu’on leur manquât de respect. Voici une curieuse anecdote qui en fait foi. Le 4 Mars 1688, Pierre JALLOT sieur de RANTOT, et Jean JALLOT , sieur  d’OUVILLE, habitant la paroisse de DIGULLEVILLE, apprennent qu’un navire Hollandais vient de s’échouer sur la pointe de JARDEHEU ; ils s’embarquent dans un canot pour se rendre sur les lieux du naufrage, et trouvent là,, sur des rochers que la mer découvre, plusieurs particuliers de la côte en conversation avec un officier de l’Amirauté de Cherbourg, Thomas CRESTE, sieur de VALAVAL, venu enquêter sur le pillage des effets échoués. Une altercation ne tarde pas à s’élever entre les hommes.

Les habitants de la côte soutiennent qu’ils ont  le droit aux tiers des marchandises, parce qu’ils les ont pêchées. Les sieurs JALLOT prétendent que ces marchandises, ayant été trouvées au bas de l’eau sont « varech » et à ce titre, leurs appartiennent, comme seigneurs gravagers.

 

Le chevalier de RANTOT, notre fraudeur, appartenait à une lignée de marins, et il était ainsi que ces frères, un corsaire accompli. (Voir prises faites). Au moment où l’Intendant FOUCAULT prescrivait d’instruire son procès, à peine âgé de 40 ans, il avait derrière lui un passé de belles prouesses dont, plus tard, dans ses malheurs, il se plaignait à évoquer le souvenir. Mais parmi ces actions d’éclat, il y en avait une qu’il est impossible de passer sous silence parce qu’elle avait, plus que les autres, mis en relief son esprit d’initiative et qu’elle l’avait signalé à l’attention des gens de mer.

 

Il s’agit du sauvetage de l’un des trois vaisseaux de la Flotte de TOURVILLE, qui après la bataille de la Hougue vinrent se réfugier à Cherbourg. Le Vaisseau Amiral lui-même , ce fameux » SOLEIL ROYAL », si endommagé par l’artillerie ennemie que Tourville avait dû l’abandonner au commandement de son capitaine, Monsieur DESNOS, pour passer sur » L’AMBITIEUX ». Ne pouvant doubler la pointe de Fermanville, il avait été obligé de relâcher près de Cherbourg, et des navires ennemis, qui le serraient de près se disposaient de le couler. RANTOT sauta dans une chaloupe, se fit hisser à bord du SOLEIL ROYAL et donna l’ordre dans couper la mâture. Il réussit ainsi à le rapprocher de la terre d’environ1/2 quart  de lieue, non sans avoir tiré 5 coups de canon de la batterie d’en bas contre les vaisseaux anglais sui le poursuivaient, et,  avoir mis l’un de ceux-ci, le contre Amiral, hors de combat. RANTOT voulait conduire « LE SOLEIL ROYAL » dans la fosse du GALET où il aurait été à l’abri des brûlots. Mais les Officiers s’y opposèrent et le navire, que l’on ne put défendre, fut ainsi que ses 2 compagnons, » L’ADMIRABLE et LE TRIOMPHANT »,  incendié le lendemain par les Anglais.

 

 

 

FOURQUET Julien.

 

 

En 1695, L’INFAILLIBLE, reprit la mer, cette fois ci sous le commandement d’un autre Cherbourgeois  nommé FOURQUET Julien.

 

Le 10 Mai 1695, à la hauteur de PORTLAND, FOURQUET s’empara de « LA JEANNE et MARIE » e GUERNESEY qui allait de JERSEY à HANSTONNE sous le commandement du sieur CHAMBERLAND natif de GUERNESEY.

Le 12 Juin, il s’empara de la NOTRE DAME DE BEGOGNE, de SAN SEBASTIEN, chargée de vin. Mais le jugement déclara le navire de mauvaise prise parce que le capitaine avait un passeport reconnu valable en vertu du traité de bonne correspondance entre la France et l’Espagne. Le navire dut donc être relâche. Heureusement, le même jour, FOURQUET pris le long des  côtes d’Angleterre, un navire dont l’équipage se sauva à terre à l’approche du corsaire .C’était une caïche dont le nom n’a pas été porté dans le jugement de bonne prise.

 

Le 25 Septembre, étant au large des Iles Anglo-Normandes, il rançonna le navire « LE DANIEL » de GUERNESEY, en retenant le maître pour otage, .La rançon s’éleva à 190 livres sterling.

 

Le 1er Octobre de la même année, se trouvant tout proche de PORTLAND il s’empara d’un navire OSTENDAIS

Qu’il amena à CHERBOURG, c’était l « LA STE MARGUERITE », le maître de la prise, nommé CUISSELINCK

Déclara que le navire appartenait à des marchands d’OSTENDE et qu’il portait un chargement de houblon à WATERFORT.

 


LE HEDOIS Gilles

Sieur du Bocage

 Appelé aussi LE HEDOUAY, LE HEDOUIS

 

 

Né le 10 Novembre 1658.

Au cours de sa carrière de marin, dirige divers bâtiments cherbourgeois et malouins.

Revenu en France, il commande en 1692, LE MATIGNON, armé par les frères YSET  de Salicorne et YSET de Grand-Maison (200 Tonneaux, 24 canons et 170 Hommes, lettre de marque du 22 Juillet 1692.

 

Il s’empare du GUILLAUME le 09/10/1692

 

                        De L’INFAILLIBLE (Frégate) en 1694

 

                        De LA MARIE le 06/05/1694

 

                        Du DON le 11/06/1694. Mené à Cherbourg, il venait  de Southampton et appartenait à des marchands de JERSEY ;

 

                        De LA CAUSE DES PROTESTANTS, le 11 Juin 1694 (rançonné pour la somme de 100 Livres).

 

                        De LA DEMOISELLE DE RIGA, le 16 Juin 1694 (amené à Cherbourg Capitaine Nathaniel Samson, venant de l’Ile de WIGHT et  allant à

            JERSEY.)

 

Passé au service du Portugal, défend la ville de RIO de JANEIRO en 1711 lorsqu’elle fut attaquée par DUGAY TROUIN.

 

 

LOISIEUX Charles
 

Un autre marin Cherbourgeois, Charles LOISIEUX, au commandes, de la Frégate «  LA BRAVE, s’empara le 16 Mai 1695 du navire Anglais « L’UNITE » de HANSTONNE dont le capitaine s’appelait George DROMER Ce navire allait de HANSTONNE à BOSSELETON, lorsqu’il fut pris, il était chargé de brai et d’autres marchandises.

 

Au mois de Juin, avec l’aide de la GLORIEUSE, capitaine Jacques NEVEU, il rançonne 6 Navires.

 

Au mois de AOUT, toujours avec l’aide de  LA GLORIEUSE commandée par Jacques NEVEU s’empare de la « BONNE INTENTION » sous PORTLAND, le navire était déserté par son équipage qui avait réussi à fuir dans une chaloupe du bord.

 

 

NEVEU Jacques

 

 

Le capitaine Jacques NEVEU, pendant la campagne de course qu’il fit aux commandes de la frégate LA GLORIEUSE, de Juin à Septembre 1695 fut très fructueuse.

 

Le 6 Juin, étant en Cie DU SUCCES, de ST MALO, Jacques NEVEU rencontra au large de DUBLIN, « LA ROSE, « de Dublin,, puis le « PATRICE » de Wicklow, il les rançonna tous les deux. Le surlendemain, il rançonna également « LE JEAN » de BEEWOGAN... Resté seul, il rançonna le même jours « LE GUILLAUME » pour  140 livres et le 9 Juin « LA MARIE » de Dublin pour 200 Livres et enfin « LA GUILLEMETTE MARIE », pour 20 Livres.

.

 

Le 18/08/1695, LA GLORIEUSE rencontra par le travers de l’Ile de WIGHT, un bâtiment anglais nommé «  L’ELISABETH » qu’il mena à CHERBOURG, le maître de la prise, Guillaume CAMPION était natif d’OSTENDE et l’armateur, HAG de NERINA était de ROTTERDAM. Le navire allait d’OSTENDE en Irlande avec un chargement de bœufs pour le compte de marchands de ROTTERDAM.

 

Le 29 /08/1695, la GLORIEUSE étant au large de PORTLAND, prit un bâtiment dont l’équipage se sauva à terre à sa vue, c’était « LA BONNE INTENTION, sur lequel le jugement de bonne prise du 06/10/1695 ne donne aucun détail.

 

 

GUERRE DE SUCCESSION D’Espagne (1702-1713)

 

Pour la guerre de succession d’Espagne, nous n’avons trouvé que les noms de Cinq corsaire Cherbourgeois, Pierre HAREL, DU ROCHER LE DEPENSIER, DE MERVILLE, DE NEUVILLE et Pierre DUHAMEL.

 

 

HAREL Pierre

 

 

Ce marin était au commandement d’une barque longue nommée « LA PRETIEUSE » lorsque le 20 Mai 1702, il s’empara le long des côtes d’Angleterre du navire nommé « LE BARWICH ». Ce bâtiment commandé par Jean COLINWOOD, venait de la Barbade, chargé de sucre, mélasse, gingembre, cacao, bois de campêche, coton, tabac et autres marchandises pour le compte de marchands de Londres où il allait lorsqu’il a été pris. Le jugement de bonne prise est du 05/07/1702.

 

 

 

DU ROCHER LE DEPENSIER

 

 Ce corsaire était à la tête d’une frégate « LE ST SULPICE » dont nous ignorons l’importance, le 10 Décembre 1703, il prit à 10 lieues au NNO des Sorlingues, le navire Anglais « L’AMOUR » et l’envoya à Cherbourg.Il était chargé de tabac. Son capitaine se nommait François WELLS.

 

 

 

DE MERVILLE

 

 Le Sieur de MERVILLE, commandait également une frégate, « LE CONQUERANT », avec sous ses ordres un sieur nommé Laurent LAMBARRE. Lorsqu’il se trouva le 24 Avril 1704 à la hauteur des Sorlingues, face à face avec un navire hollandais, « LE SMACK », chargé de tuiles et de briques et de tabac, il l’amarina et l’envoya à Cherbourg. Le capitaine de la prise d’appelait Henry ARMEN, originaire de LA FRISE.

 

 

 

DE NEUVILLE

 

Ces renseignements sont assez précis mais peu nombreux .Nous avons été un peu plus heureux avec le navire corsaire « ANGELIQUE » qui eut successivement deux capitaines, Le SIEUR DE NEUVILLE ET Pierre DUHAMEL. Le premier en 1704, le second en 1705.

 

Le  3 juin 1704, le Sieur de NEUVILLE, étant au commandement de L’ANGELIQUE », s’empara à la hauteur de la pointe de PERLAN d’un bâtiment hollandais « LA VACHE BIGARREE », chargé de beurre, cuir et autres marchandises qu’il envoya à CHERBOURG

 

Continuant sa course, toujours aux environs de la pointe de PERLAN, il reprit le 18 Juillet, un navire anglais à un corsaire de Flessingue, «  LE LION TOURNE » qui l’avait repris lui-même à un corsaire de ST MALO. Ce petit bâtiment un « HIAC » ou brigantin était chargé de sucre et de gingembre et n’avait pas de nom, tout au moins, les Officiers de l’Amirauté de Cherbourg ne lui en donnent  pas.

 

L’ANGELIQUE, revenue à Cherbourg le 21 Juillet, le sieur de NEUVILLE fut averti 4 jours plus tard, qu’un corsaire de Flessingue venait de prendre au large une barque française . Il mit la voile aussitôt, prit le hollandais en chasse et lui arracha « LA GRIVOISE » de la Rochelle qui était tombée entre ses marins.

 

Continuant sa course, de NEUVILLE, retourne le 5 Août 1704, à la hauteur du Cap de FERLAN. Là il s’empara du « JACQUES » de CORK, mais comme ce bâtiment n’avait pas de valeur et que le capitaine refusait de donner rançon, il le fit couler bas. Peu de tempos après il prit « LA MARIE » de TAPSON qu’il envoya en France, mais cette prise n’arriva jamais en France. Sans doute fut elle reprise par les anglais. Heureusement de NEUVILLE avait enlevé du bâtiment et transféré sur son bord, huit pièces de toile de hollande, deux pièces de toile de mousseline, deux pièces de fichus, 10 livres de muscade, 25 livres de poivre, 25 Livres de fil à faire des filets, 31 guinées d’or , 2 Louis d’or. Ainsi tout n’était pas perdu.

 

 

DU HAMEL (Pierre)

 

 

L’année suivante, c’est sous le commandement de Pierre DU HAMEL, que l’Angélique reprit la mer.

 

Le 31 Mai 1705, DU HAMEL étant à la pointe des Esquilles, prit un bâtiment nommé « LE POSTILLON » de COPENHAGUE, chargé de vin qu’il mena à Cherbourg, Le maître de la prise était un nommé Jean MULLARD ou MULLER. Ce navire était chargé pour le compte de marchands danois.

 

Le 8 Juin suivant, se trouvant le long des côtes d’Angleterre, entre GODESTER et PORTLAND, DU HAMEL prit un navire, non nommé dans la procédure des Officiers de l’Amirauté, chargé d’oranges et de citrons, qu’il envoya à DIEPPE. Le maître de la prise s’appelait Jean BRAND.

 

Le 10 Juin, c'est-à-dire au cours de la même campagne, la Frégate longeant les côtes d’Angleterre, son capitaine rançonna une chaloupe de GUERNESEY, également non nommée, pour la somme de 100 livres sterling, en retenant un matelot en otage.

 

En septembre, l’ANGÉLIQUE, repartit pour une nouvelle course, toujours avec le capitaine DU HAMEL. Se trouvant le 21 Septembre à la hauteur de l’Ile de WIGHT, celui-ci s’empara d’un bâtiment hollandais « LE LAMELAN » d’Amsterdam qui avait un passeport français suranné. Ce navire était chargé de garance, azur, mercerie et autres marchandises. Le capitaine était le Sieur Corneille REYNE D’EDAM ; Le navire fut envoyé au HAVRE de Grâce et le jugement de bonne prise fut rendu le 7 Juillet 1705.

 

Tels sont les quelques renseignements, peu nombreux hélas recueillis sur les corsaires cherbourgeois sous le règne de LOUIS le QUATORZIEME

 

 

RACINE (François Ménard)

(1774-1817)


Fils de Jeanne Françoise RACINE de la paroisse de HEAUVILLE et de Louis LE CROISEY de ND D’ALLONNE, mariés en 1745. Issu d’une famille pauvre et dernier de 5 enfants.

Son père décède  à 35 ans, et reprend plus tard le nom de sa mère. Signalement 1m 57, cheveux châtains.

 

Embarque à Cherbourg à l’âge de 15 ans comme mousse sur LA VAILLANTE HIRONDELLE (48 Tonneaux, capitaine Jean Nicolas LE BRISEUR de ST VAAST).

 

Part le 29 Mai 1790 pour la Martinique à bord de LA SOUVERAINE VOLANTE, ne reviendra en France que le 15 Juin 1791.

 

Le 07 Septembre  1791, monte à bord du VAINQUEUR (Ex BIENVEILLANT) chasse marée de 1786 commandé par Michel LANGLOIUS, du ROZEL.

 

De Juin  au 24 Septembre 1792, navigue en tant que novice sur le Vaisseau AMERICA Capitaine DUCLOS GUYOT.

 

Sert comme matelot pendant 15 mois sur L’EOLE et participe à l’expédition sur ST DOMINGUE.

 

Sert comme maître de timonerie sur LE BRAVE jusqu’au 3 AOUT 1804.

 

Epouse Marie Louise PHILIPPE et se fixe à CAMARET.

 

Début 1810, aux commandes de LA NOUVELLE UNION, est fait prisonnier et s’évade en Décembre.

 

Le 04/03/1811, il embarque sur LE HAZARD.

 

Le 22/03, 1811  monte à bord de l’ACHILLE.

 

Le 20 Mars 1812, est fait prisonnier mais fausse compagnie à ses gardiens le 30 Mars et rejoint la France en canot.

 

Mai 1812, prend le commandement de L’ANARCHARSIS, 6 canons d’une livre sur affûts et désarme le 1er Novembre.

 

Réarme le 4 Novembre mais est relevé de son commandement le 11 Janvier 1813.

 

Le 15 Février 1813, reprend le commandement de L’EMBUSCADE (7 Tonneaux) construit à GRANVILLE pour la course en 1807, armée de 2 pierriers d’une ½ livre de balle, 4 Espingoles, 12 fusils, 12 pistolets, 12 sabres et 6 Haches.Prend comme port d’attache un petit port près de OMONVILLE qui portera son nom plus tard et qui se composait à l’époque d’une petite jetée submersible de pierres sèches  d’une quinzaine de mètres de long. Son quartier général se situait à l’endroit où est le restaurant L’ERGUILLERE, juste au dessus du Port. Désarme le 6 Août 1813 et devient le propriétaire de l’AIMABLE ANNETTE du HAVRE.

 

Achète, le 14 Septembre 1814, pour la somme de 400 Francs, un 2 mâts appelé LA BONNE ANNETTE, Pour faire du cabotage sous commandement.

 

Le 16 Janvier 1815, à la suite de mauvaises affaires, LA BONNE ANNETTE est saisie et vendue ?

 

Le 04 Février 1815, embarque sur LA PROVIDENCE jusqu’au 24 Mai.

 

Le 24 Janvier 1816, il commande L’HIRONDELLE, mais une dette de 400 FR le fait jeter en prison.

 

Le 08/05/1816, commande le Sloop, LE VOYAGEUR (16 Tonneaux construit en 1815.

 

En JUIN 1816, commande  L’ACTIF qui désarme  le 25 Février 1817.

 

Le 25 Mars 1817, commande LES 3 AMIS, mais se voit obligé de désarmé le propriétaire étant impliqué dans des affaires de fraude.

 

Reprend le commandement de L’ACTIF en Juin 1817

 

Part le 18 Juin 1817 aux commandes de LA PETITE CATHERINE (15 Tonneaux) de CAEN, en remplacement du capitaine titulaire indisponible, fait route pour GUERNESEY mais ne parviendra jamais à destination.

 

 

 

BLACK William Alexander

 

Né en 1768 à PROVIDENCE. Etat de Rhodes Island, de parents bourgeois ayant perdu tous leurs biens lors de la guerre de Sécession.

Il quitte l’Amérique à 23 ans pour L’Europe.

Nationalisé Français en                  , s’était marié quelques années plus tôt avec la fille d’un négociant Dieppois qui lui donna deux fils, Eugène et Adolphe qui firent carrière dans l’armée et partirent en 1830 avec les partisans belges qui luttaient contre les hollandais.

Il ouvrit en 1802, le café de PARIS, à CHERBOURG où il vécut en petit bourgeois jusqu’à son décès en septembre 1836.

 

Amateur de Paris et d’aventures comme beaucoup de ces concitoyens de l’époque, il aurait dit on, pris la mer pour s’emparer d’un soldat Anglais en armes.
Il aurait mené non seulement le soldat mais la guérite qui l’abritait à la grande surprise de ce dernier qui aurait été renvoyé chez lui avec les félicitations des joyeux parieurs.

 

Il commande en 1797, L’ESPERANCE, L’ENTREPRENANT, L’HEUREUX SPECULATEUR (Sloop de 27 Tonneaux, 2 canons, 2 Pierriers, son second était de BOSTON et son Lieutenant de NEW YORK), L’HEUREUX SPECULATEUR N° 2 (Brick de 61 Tonneaux, 8 canons 4 Pierriers, ancienne prise anglaise vendue 25000 livres), LA MARGUERITE, LE COURRIER, LE CYGNE (ou SWANN), L’ELEONORE, L’AIGLE et L’ARBALETE.

 

Le 30/06/1797, L’ENTREPRENANT, 16 Hommes, 4 pierriers et 4 Espingoles s’empare de L’ESPERANCE, chargée de genièvre et eau de vie

 

Le 08/11/1797, L’HEUREUX SPECULATEUR ramène LA MARGUERITE capturée à 12 lieues au nord de  AURIGNY. Après 3 coups de canon.

 

Le 30/11/1797 ; L’HEUREUX SPECULATEUR il s’empare aux environs de POOLE  du TWO BROTHERS dont c’était la première sortie. Il était chargé de froment moulu, orge, houblon, pièces d’étoffes de MANCHESTER de mercerie, peinture, briques, chaises, quincaillerie, pipes à fumer, apothicairerie le tout pour un montant de 100000 Livres.

 

Le 21 Décembre, prend le PRINCE OF WALES au large des CASQUETS.

 

Le 22, le sloop THE SEVEN  BROTHER et quelques jours plus tard, LE THOMAS WILLIAM fraudeur sans papiers. (Pris à l’abordage)

 

Au cours de cette année 1797, à bord  de L’ENTREPRENANT (10 hommes, 4 Pierriers et  4 Espingoles, s’empare par ruse à GUERNESEY en se faisant passer pour un Anglais, d’un navire Anglais gréé en Brick.

 

En Février 1798, L’HEUREUX SPECULATEUR, Armé par MOSQUERON et dirigé par BLACK conduit à DIELETTE, LE NEPTUNE, chargé de bois de construction.

Seul propriétaire de son bateau, il s’associa à l’armement MOSQUERON puis plus tard à GOUEY D-DULONGPREY.

 

A certains moments, BLACK en raison des ses activités d’armateur dut rester à terre mais sous l’empire, il reprit la course.

 

En 1808, à bord de petites unités et il remporta de nouveaux succès. Cependant, alors qu’il commandait « LE COURRIER », un lougre, il fut obligé d’amener  pavillon devant le brick anglais « LE  LINET » bien supérieur en hommes et en armement. Il était en effet armé de 14 caronades de 14 livres de balles et son équipage était fort de 75 marins.

Le capitaine Anglais dans son rapport de mer disait : l’opinion de tous les officiers à bord du brick de sa majesté était que le lougre ne pouvait tenir contre notre brick mais à notre étonnement, il a soutenu notre feu, boulets et mitraille, ainsi que la fusillade pendant une heure et demie pendant lequel le beaupré a été coupé par un boulet et ses voiles au moins dix fois ont été rehissées. Le lougre faisait tant d’eau qu’il était dans le cas de couler au fond. Nous soussignés, déclarent positivement que rien que la nécessité  la plus pressante a forcé la capitaine BLACK d’amener son pavillon à une force bien supérieure.

 

Le capitaine devait d’ailleurs s’évader.

 

LE COUP DE MAIN DE GUERNESEY

 

Le rapport de mer relatant la capture du brick anglais « L’ESPERANCE » à GUERNESEY

Mené par la hardi et rusé capitaine BLACK. Après avoir échappé  au cours de maintes péripéties à un rapide cutter ennemi. L’Américain arriva sur la rade de l’Ile Anglo normande, le  29 Juin 1797.Accosté par les autorités, il répondit qu’il était Américain et se rendait à LISBONNE mais que les vents contraires l’avaient obligé de relâcher. Appelé chez le gouverneur, il remonta à son bord et le 30 au soir, ayant vu qu’un brick était à petite distance, il résolut de s’en emparer. Bientôt il passa à l’abordage avec ses hommes, soupait les câbles et mettait à la voile, prenant son propre bateau en remorque.

 

Les coups de feu avaient évidemment donné l’alerte et quatre bâtiments anglais armés se lancèrent à la poursuite de BLACK, mais ils ne parvinrent pas à le rejoindre à cause de la marche supérieure de sa prise.Après avoir gagné la rade de PLAINVY, non sans avoir essuyé les coups de canon d’une frégate anglaise, Il se rendit à CHERBOURG.

 

A la suite de ce coup d’audace, le commissaire principal de la Marine écrivait au Ministre et celui-ci lui répondait en ces termes : j’ai reçu, citoyen avec votre lettre du 19 de ce  mois, le rapport qui l’accompagnait par  lequel le capitaine corsaire de LENTREPRENANT rend compte des moyens qu’il a employés et des dangers qu’il a courus pour s’emparer d’un bâtiment anglais qu’il a amené à Cherbourg. Je ne crois pas devoir prendre connaissance des ruses dont les corsaires croient devoir se servir pour remplir le but de leur armement, dès le moment qu’ils ont rempli les formalités prescrites par les lois de la course c’est à eux de  garantir vis-à-vis de l’ennemi, les risques qu’ils peuvent courir et c’est à l’administration à veiller avec la prudence et le zèle qui  vous caractérisent pour que ces hommes dont la moralité pourrait présenter des suspicions, ne compromettent pas la sûreté publique.

 

 

Sources : Les corsaires Français sous la République et l’Empire- PARIS 1847 –Napoléon Gallois. Journal de Cherbourg des 2 et 17 Octobre 1836

 

Revue Historique des Armées N° 164 de Septembre 1986- A.W BLACK Un corsaire Américain au service de la France.

 

Annuaire de  1924 de Paul LECACHEUX

 

François RACINE (1774-1817) de Janine BRUGERE et Hugues PLAIDEUX – revue du

Département de la Manche –Janvier 1991.

 

Revue du Département de la Manche 1963 pages 237-243 par Charles de la MORANDIERE

 

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