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                                Les RAMEAUX d' OLIVIER
                                                            My ancestor Olivier Nicolle
        

                                                Traduction anglaise par Marie-Claire Nicol USA

.Mise à jour du 3 mai 2013

Les RAMEAUX d' OLIVIER
Mon ancêtre Olivier Nicolle
par Jocelyne Nicol-Quillivic

 

Nous dédions cette histoire à nos petits-enfants Mathieu, Quentin, Anaïs, Vincent, Emilie, Marie, Laura, Gilbert, Louis et ceux à naître
et à mon père Henri

par Jocelyne Nicol et Bernard Quillivic

 

Nous trouvons nos premiers ancêtres Nicolle au hameau "la Nicolière"
("Nicollerie" dans un acte de 1667)
commune de St Pair-sur-Mer près de Granville dans la Manche avant les années 1600. Cette terre est bordé de la Rivière fluante du Moulin de Quairon au Moulin Neuf. La Nicollière est située juste à la limite avec St Planchers où il y a aussi une longue lignée de Nicolle dont un, Jacques Nicolle qui est aussi parti en Nouvelle-France en 1743. Son ancêtre le plus éloigné est Pancrace Nicolle. Rien ne peut prouver la relation familiale des Nicolle de St Pair et de ceux de St Planchers car les registres s'arrêtent vers 1650.

Nos ancêtres ont donné leurs noms aux lieux de leur habitation et de leurs terres. Ainsi, pour les Nicolle, c'était "La Nicolière", Gicquel, La Gicquellière, Maréchal, La Maréchallerie, Morin, La Morinière......

Pour le Chesnay petit hameau de la commune de St Pair-sur-Mer, lieu de naissance de Olivier et Joseph Nicolle qui partirent en Nouvelle-France,

ce lieu du Chesnay venait de Pierre et Thomas Chesnay qui le nommèrent ainsi en 1345. Il est situé près de la Mare à Bouillon et près du village de Bouillon.

Saint-Pair-sur-Mer, commune de naissance de nos ancêtres était une petite bourgade très développée déjà au temps des gaulois.

On retrouva des signes de vie sur ces lieux datant de 200 000 ans avant J-C.  

St Pair-sur-Mer était appelée SCISSI du temps des Gaulois. Quant au nom de St Pair beaucoup d’hypothèses se côtoient. Cela tourne autour de cinq personnages tous canonisés. Il y a St Gaud, St Paterne ou Pair, St Scubillion,
St Senier, St Aroaste. Mais aucun document n’a été trouvé pour dire d’où vient le nom actuel de la cité. Ces personnages ont vécus entre 400 et 680 après J.-C .Certains de ses saints font également partie des 7 saints fondateur de la Bretagne.

 

                             Moulin de St Pair
présentement rénové par un mécène d'Avranche
s

 


 

 

       

Photo personnelle

 


La Nicolière


Ferme à La Nicolière

photos de Nicole de Granville  
   

 

Dans le registre de 1667 des tabellions Larcher et Marcey de Granville pour St Pair, nous trouvons notre premier ancêtre le plus éloigné à date. il s'agit de Jean Nicolle. Dans cet acte notarié daté du 10 septembre 1667,  il est question d'un accord avec ses deux fils Jullian Nicolle et Claude Nicolle au sujet de la succession de leur père Jean Nicolle.et de la terre "La Nicollière". Cette terre est située entre le Moulin Neuf et le Moulin de Quairon maintenant Kairon.

La succession a déjà eu lieu le 12 février 1665. en l'étude des tabellions Larcher et Marcey.

Jullian et Claude ne s'entendant pas sur cette dite succession, Claude Nicolle avait été en loy. Celle-ci lui donna raison et ce jour du 10 septembre 1667, les deux frères signent un accord d'entente avec le tabellion Larcher et son acolyte Mercey. Dans cet acte, leur sœur Françoise Nicolle y est nommée. Elle est l'épouse d'Adrien Talua et ils ont un fils Jacques.

Granville en 1620
Photo collection privée de Jean Chuinard avec l'aimable autorisation de Mad. Micheline Chuinard
      
                                       

Presque la totalité des registres des Archives de St Lô ont été détruites lors du bombardement par les Alliés en 1944. Ont été rescapés en ce qui concerne St Pair deux petits registres de 20 centimètres par 15 cm avec quelques feuillets à l'intérieur. Cela concerne les années 1659 et 1667. J'ai donc ainsi pu retrouver deux actes concernant nos ancêtres. C'est dommage, car comme ils étaient propriétaires et avaient des biens, nous aurions pu trouver d'autres actes notariés dont celui du mariage de Claude et Catherine Vincent et également prouvé le lien entre la famille Nicolle de St Pair et les Nicolle de St Planchers.
 

Chemin menant à La Nicolière

photo de Nicole de Granville
 

Jehan Nicolle notre premier ancêtre connu est certainement décédé vers 1665 au vu de la date de l'acte de succession chez le notaire Larcher daté du

12 février 1665 à St Pair-sur-Mer. Il est a signalé qu'en 1660, le niveau d'alphabétisation est relativement élevé en Basse-Normandie : deux tiers des habitants savent lire et écrire !
(sources : Chroniques de France 1987)

Enfants de Jean Nicolle et de son épouse dont nous ne connaissons pas le nom :

Claude  ancêtre ° ca 1640 + 04.05.1704 Mariage avec Catherine Vincent Enfants : Jullien, Jean, Françoise, Nicolasse, Renée et Jeanne
Jullian   Mariage avec ? Mauvre Enfants : Elisabeth marié à Adrian Larcher fils naturel d'Elisabeth Larcher le 31.07.1700 St Pair
Françoise      
Jehanne      
Michelle   Mariage avec René Salmon Enfant : Suzanne marié à Jullian Malenfant

Claude Nicole né vers 1640 est décédé le 04/05/1704 à l'âge de 64 ans à Quéron (Kairon). commune de St Pair-sur Mer Ils étaient propriétaires de leur terre et en donnaient aussi en baillie. Acte notarié du 6 septembre 1667 , un accord entre Claude et Jullian Nicolle suite à la succession de leur père et d'un différent entre eux au sujet du Pré des Refeux.

Il est marié à Catherine Vincent. Il fut témoin avec son frère Jullian d'une vente de terre la Malenfandière qui appartenait à Susanne Salmon fille de défunts René Salmon et Michelle Nicolle et épouse de Jullian Malenfant le 24 juillet 1667.

Nous pouvons donc imaginer que Susanne Salmon soit une proche parente voire une cousine de Claude et Jullian Nicolle.

Voir les actes notariés ici


la marque de Claude Nicolle 1667

 


Acte de décès de Claude Nicolle le 4 mai 1704 à Quéron,  Saint Pair à l'âge de 64 ans sépulture cimetière de Quéron

par Maître Nicolas Dauphin prêtre.

 

Carte de Cassini, la Nicolière
est au nord de La Mareschallerie

Carte représentant les terres dépendantes de St Pair au temps de nos ancêtres

 

Claude Nicolle et Catherine Vincent eurent six enfants

Jullien ancêtre ° ca 1667 + 25.04.1722 Mariages Renée Cruchon et

Charlotte Gardin

1. Luc
2. Marie, Marguerite, Pierre-Julien, Françoise et Julien
Jean     marchand ° ca 1669 +18.12.1729 Mariages  Marie Barbe Julienne
Jeanne Bétille
1. Anne, Marie, Magdeleine, Magdeleine, Marie, Barbe, Jeanne,
    Pierre, Barbe et Magdeleine
2. Jeanne, Barbe, Jean, Jean, Jacques
Françoise ° ca 1672 + 26.05.1722 Mariage Adrien Talua Jacques
Nicolasse ° ca 1674 + 27.04.1700 Mariage Ambroise Coquet Jacqueline, Jacques, Nicolasse et Gillette
Renée ° 15.04.1675    
Jeanne ° 25.07.1677 + 01.03.1724

Mariage avec Jean Hecquard
04.10.1710 St Pair

X   MALLET Guillaume        1 fils Claude
XX Jean Hecquart est le fils de Jean et Madeleine Hirard
Marie   Mariage avec Michel BEUST 1 fils Jean BEUST (son petit-fils à ce Jean est venu avec Olivier et Joseph et s'est installé au Québec. Il est cousin au 3è degré avec Olivier mon ancêtre)

 

Jullien NICOLLE et Renée CRUCHON


Mariage Jullien NICOLLE et Renée CRUCHON le 11 janvier 1698 à Saint Pair sur Mer 50

 Renée Cruchon originaire de St Planchers, fille de Pierre Cruchon et Anne Chesnay.
photo Jocelyne Nicol

 

 

Ils  eurent 1 enfant :

 

Luc Nicolle ° 10 mars 1701     + 17 avril 1736 à Saint Pair Mariage avec Gillette Basset le 12 novembre 1722 Saint Pair


Acte de baptême Luc Nicolle
Luc est né et baptisé le 10 mars 1701 à Saint Pair
parrain Luc Bry et marraine Charlotte Piton

photo Jocelyne Nicol

Ils poursuivirent le travail sur la terre. Renée Cruchon est décédée certainement en 1709, l'année où il y a eu une grande épidémie.(sources Michèle Godret)
Jullien
se remarie le 26 juillet 1711 avec Charlotte Gardin  fille de Jacques et de Marguerite Duval
Ils eurent 5 enfants :

 

Marie ° 19.12.1712 + 13.12.1725  
Marguerite ° 04.10.1714 + 17.10.1726  
Pierre Julien ° 09.06.1717 +  
Françoise ° 09.04.1720 + Mariage avec Anthoine Raulle 21.05.1748 St Pair
Julien  matelot ° 09.08.1722 fils posthume + Mariage avec Françoise Dauphin 20.02.1748  à St Pair

Une fille :

Jeanne-Françoise née le 17.10.1749 St Pair

Julien Nicolle sur le navire Le Prince d'Orange parti de Granville le 19.03.1749 pour aller à Gaspé et de retour le 20.01.1750 à Granville. Il a 26 ans, est de taille haute, cheveux noirs, et est "habitant" sur le navire. Le Prince d'Orange est un navire construit en Angleterre de 125 tonneaux, il appartient au Sieur Boisnard de Granville et est commandé par Pierre François Jourdan. Jullien est accompagné par son neveu, Joseph Nicolle fils de son demi-frère Luc.

 

Luc NICOLLE et Gillette BASSET

 

Mariage de Luc NICOLLE avec Gillette BASSET le 12 novembre 1722 à Saint Pair

Gillet Basset née vers 1703 fille de Julien Basset et de Judith Dufresne


 

Témoins : Jacques Basset frère de Gillette, Jean Nicole oncle de Luc, Luc Bry, Jean Basset et Jacques Novais

 

IIls eurent 4 enfants dont deux, Olivier et Joseph avec une descendance

MICHELLE ° 19 octobre 1723 et + 23.03.1727  
JOSEPH ° 06.01.1728 et  + 02.02.1803 St Thomas de Montmagny Qc Canada Mariage avec Geneviève Lefeuvre-Boulanger le
18.01.1768 St Thomas de Montmagny Qc Canada         3 enfants dont  un seul avec descendance :

Geneviève, Joseph et Jean-Baptiste

 

NICOLAS ° 03.05.1732 + 04.11.1757 St Pair  
OLIVIER ° 30.07.1735 + 26.10.1824 St Pair Mariage avec Marie-Louise Brochu le 18.02.1765 à St Vallier Qc Canada et eurent 10 enfants
 

Décès Luc Nicole le 17 avril 1736 ; sépulture 18 avril 1736 cimetière de Queron

par Charles François Posnez curé et maître Jardin prêtre vicaire

 


Gillette Basset  est décédée le 10.01.1753 St Pair. Sépulture le 11.01.1753 au cimetière de Kairon

Témoin, Joseph Nicolle son fils, matelot

 

 

Arrière et côté de l'église

Joseph nait le 6/1/1728 à St Pair S/ Mer 50 France.
Son baptême a lieu  le 7/1/1728
à Quéron St Pair S/Mer

Son parrain et sa marraine sont

Joseph Chenay et Marguerite Chenay.

 

L'église dans laquelle il fut baptisé s'appelait
Notre-Dame du Petit Monastère
dépendante de celle de St Pair.
Au début c'était une simple chapelle mais qui conservait la chape de St Martin.
Pendant un tiers de l'année les habitants de Kairon ne pouvaient à cause des eaux qui les environnaient aller vers  les communes voisines car celles-ci étaient inaccessibles .

Dans un texte de 1848 et conservé aux Archives de la paroisse de St Pair, on lit : "puis sur un mamelon en haut de la Mare de Bouillon s'élève la Chapelle du Petit Monastère ou église de Bouillon.

 

             
                              Devant de l'église

Vers 1820 la paroisse Notre-Dame du Petit Monastère réunit les villages suivants : Kairon, La Tonnerie, la Chanterie, La Hogue, la Gicquellière, le Chesnay, la Maréchallerie, le Sap,
la Morinière, Lézeaux, Angomesnil, Leudries, le Val, le Peseril et Surtare. 

           Eglise St Laurent de Kairon

     Photos personnelles

Elle s'appelle désormais St Laurent en l'honneur d'un de ses curés qui a beaucoup fait pour sa reconstruction et son amélioration

Olivier Nicolle mon ancêtre
 est né le 30.07.1735
Le Chesnay St Pair 50 France.
Il y a été baptisé le 31 juillet 1735.

Son parrain et sa marraine sont
Olivier Bougou et Angélique Sarville.

Leur  père Luc NICOLLE décède le 17.04.1736  à St Pair à l’âge de 35 ans.

Ce sera donc leur mère Gillette Basset
38 ans  qui élèvera ses trois fils seule :
Joseph 8 ans, Nicolas 4 ans  et Olivier 8 mois. Michelle leur fille étant décédée à l'âge de trois ans et demi le 23 mars 1727.

 

Dix-huit ans plus tard leur mère Gillette BASSET décède le 10.01.1753 à St Pair. Joseph est témoin pour l' acte de décès de sa mère et y est cité comme matelot,
il a 25 ans.

 

  Autel de l'église de St Laurent                                                                                                                                                                                                                                       Eglise de St Laurent vue de l'autel 
Photo:  Nicole 
de Granville                                                                                                                                                                                                                                     Photo:  Nicole de Granville

 Eglise Notre-Dame du Petit Monastère à Kairon maintenant St Laurent
où furent baptisées et enterrés nos ancêtres autour de l'église

 

Acte de baptême Olivier Nicolle né le 30 juillet 1735, baptisé le 31 juillet 1735 à Saint Pair
Parrain : Olivier Bougou de Granville, marraine, Marie Angélique Sarville de Granville

 

 

                                                                                             Le  Départ

 

Joseph NICOLLE  fait son deuxième voyage à Gaspé à bord du Prince d'Orange en 1749. Il est  parti de Granville le 19.03.1749 pour aller à Gaspé et de retour le 20.01.1750 à Granville. Il a 20 ans, est de taille moyenne, cheveux châtains, et est "novice" sur le navire. Il touche 36 livres de salaires. Le Prince d'Orange est un navire construit en Angleterre de 125 tonneaux, il appartient au Sieur Boisnard de Granville et est commandé par Pierre François Jourdan. Son oncle Jullien NICOLLE l'accompagne  Jullien a 26 ans, est de taille haute, cheveux noirs, et est "habitant" sur le navire.

 


                                            

                 Le port de Granville vue de St Pair d'où nos ancêtres sont partis pour le Québec

                                                            Vue de Granville côté de St Pair
photos personnelles

 

Joseph Nicolle est témoin le 15 février 1753 au mariage de son cousin germain côté maternel, Henry Beust et de Jeanne Cotentin.

Henry Beust est le fils de sa tante Geneviève Basset sœur de sa mère Gillette Basset.

 

Joseph avait signé un contrat de travail pour Gaspé certainement avec Joseph Cadet . Joseph à bord du Jean Alexandre part  le 28.02.1754 pour Gaspé.

 

Le Jean Alexandre construit en 1753 à Granville du port de deux cents tonneaux tirant d’eau chargé 12 pieds  et non chargé 10 pieds 2 ponts, deux gaillards appartenant au Sieur François Boismaré, armé à Granville par lui-même et sous le commandement de Sieur Jean Coquet. Les passagers qui étaient avec lui sont : Nicolas CLOSAY, Nicolas BEUST, Jean BEUST tous de St Pair,  Michel LAISNE des Biards et Nicolas LESENECHAL.

Nous avons consulté les registres de retour des navires (désarmement en langage de la marine) et  Joseph n’est pas revenu à Granville mais certainement à Saint Malo.


Par contre, nous retrouvons Joseph qui est  parrain de Julienne Marguerite Bourgeois le 11.01.1755 à St Pair fille de Luc et Julienne Dauphin.

 

Pour notre ancêtre Olivier, nous sommes convaincus qu’il est parti de Saint Malo. Saint Malo et Granville sont dans la même baie du Mont Saint Michel. Les deux ports travaillaient ensemble. En 2007 et 2008, nous irons chercher les roles des navires en partance de Saint Malo et notre espérance est grande

 

Joseph s’embarque à nouveau pour la Nouvelle France le 11 mars 1755 pour Gaspé  à bord de « La Favorite ». Un navire construit à Granville en 1755 de port de 150 tonneaux tirant d’eau chargé de 11 pieds et non chargé de 9 pieds, 2 ponts et 1 gaillard appartenant à René Perrée armé par lui-même à Granville sous son commandement. . Les passagers qui étaient avec lui sont : ? Flambard, Jean DANIEL, Robert NIEL, Julien BEAUMONT tous de Granville, puis Julllien POULLAIN de Grand Celan, Jean GOSSE de Barfleur, Nicolas CLOSET, Jacques GENTIL, Jacques PRIER, François BOUGEOIS, Jacques POSNE, François LE ROY, Guillaume LE GRAS et Julien BESTILLE  tous de St Pair, Pierre BARRE de La Rochelle, Jacques EULIN de Notre-Dame de Cresnay, Jean FOUCHE de Brassé, Gabriel HEBERT de Vains, Pierre LOUIS  de Genest et Jean-Baptiste DUQUESNE de Maupertuis. (Recherches personnelles effectuées aux archives historiques de la marine à Cherbourg)

 

Pourquoi nos ancêtres partaient-il a la  pêche a la Morue Il est vrai qu’ à cette époque le port de Granville  situé a moins de 2 kilomètre de St Pair, était un port des plus prospère grâce  à ses chalutiers et navires de commerce qui faisaient route vers la Nouvelle-France et les Antilles .

Granville prenait une très grosse part dans la pêche à la morue et cela rapportait de très belles sommes aux propriétaires de bateaux , capitaine et équipage. Cela donnait donc du travail et des envies d’ aventures à tous les gens des environs.

 

                                Pêche à la morue

 

 

                                                           

 

 

 

 


                               Préparation de la morue

Selon le Mémoire sur la navigation et le commerce du port et du quartier de Granville daté du  17 décembre 1740, l’inspecteur Sicard

Disait ceci :

« Le commerce le plus considérable de Granville consiste en celui de la pêche de la morue. Tous les navires y sont employés et les équipages engagés au cinquième du poisson et du fret et reçoivent des avances ou pots de vin qui ne leur sont pas précomptés sur le cinquième »

 « Environ 32 à 40 navires dès plus petits avec depuis 11 jusqu’à 19 hommes d’équipage, y compris un, ou deux ou trois mousses,

Vont faire la pêche de la morue verte sur le Grand Banc de Terre-Neuve. Ils vont en partant de Granville prendre leur sel à l’île de Ré pour saler le poisson sur le banc et leur pêche finie ils viennent en décharge de la morue et des huiles qui en proviennent au Havre, Honfleur et Dieppe et ils font ensuite leur retour à Granville pour y désarmer avec leur lest et quelques goldron, bray, planches pour le compte du propriétaire et quelquefois du moulage. »

 « Les autres navires sont employés à faire la pêche de la morue sèche à Terre-Neuve à savoir onze navires et qui ont de 30 jusqu’à 91 hommes d’équipage, y compris trois à neuf mousses à la Grande Baye (Labrador), onze navires avec de 23 à 48 personnes y compris de 3 à 10 mousses aux Côtes de Gaspé, 6 autres navires avec un équipage de 17 à 63 personnes y compris de 2 à 6 mousses au Petit Nord et de 1 à 12 hommes et 2 mousses engagés au mois à l’Ile Royale. »

 « Ils vont prendre leur sel à St Malo lorsqu’il n’y en a point à Granville. Les navires qui vont à la Grande Baye y portent outre leur sel

Des chaloupes pour leur servirent à faire la pêche à la côte n’y ayant point d’habitants. Ceux qui vont à Gaspé où il s’est établi quelques habitants y portent des vivres. »

 « Ceux qui vont au Petit Nord (la côte nord-est de Terre-Neuve) y portent de même que ceux de la Grande Baye des chaloupes pour la pêche et ceux qui vont à l’île Royale y portent leur sels avec des vivres, ustensiles et autres marchandises qu’ils vendent en troc d’huile et de morue. »

 « Les plus grands de ces navires, et même ceux qui ont du canon vont après leur pêche en décharge de morue sèche et huile, une partie à Marseille, Gênes et ports d’Italie. Ils gardent les deux tiers de leurs équipages ou le navire qui leur est nécessaire pour se défendre contre les Saltins (pirates mauresques) renvoyant le surplus par les moyens navires, ceux qu’on appelle en sac (ressac) et ils chargent à fret dans ces ports pour Le Havre, Dunkerque, Saint-Malo, La Rochelle et Nantes et viennent désarmés à Granville.

Les autres viennent en deçà des caps savoir à Bilbao, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Saint Malo et Granville.... »

« Il vient en droiture de Terre-Neuve à Granville huit à dix de ces navires dont deux sont chargés de morue verte et les autres de sèche.  Outre les avances à l’  armement payées à l’équipage sous le nom de pot de vin il leur appartiendra pour salaires au désarmement le cinquième du produit de la vente de la pêche et de ce qui en proviendra, et si le navire à du  fret dans les lieux de décharge, il sera pareillement dû aux équipages le cinquième du produit du fret.

 

 

          

                                                     La traversée

                     

 

 

                    

                      

 

Nicolas leur frère était navigant, c'est-à-dire pêcheur de morue. Il est témoin le 19 février 1757 à St Pair sur Mer, au mariage de son cousin Gaud Beust fils de Gilles et de Geneviève Basset (sœur de sa mère) et de Marie-Anne Jacqueline Hecquard.

Décès de Nicolas NICOLLE  le 04.11.1757 à St Pair. Olivier et Joseph sont au Québec certainement à Château Richer. Ils y feront la pêche à la morue à Mont-Louis à compter du printemps.

 

Les archives de St Lô ont été détruites lors des bombardements en 1944 par les Alliés. Nous n’avons plus d’archives notariales concernant St Pair et Granville durant les années 1700. Nous ne pourrons donc pas connaître la succession des enfants de Luc Nicolle et Gillette Basset et aussi les contrats d’engagements signés par Joseph et Olivier avec Sieur Cadet. Car celui-ci  signait les contrats chez les notaires de Granville,  tandis que Michel Mahiet,  les faisait signer en Nouvelle-France. Cadet et Mahiet étaient associés depuis 1753 au 9 mars  1758. Si nous nous avançons sur ce sujet des contrats avec Cadet, c’est que nous avons de fortes présomptions qu’Olivier et Joseph étaient sous contrats avec Joseph Cadet depuis le début en 1754 et 1755 à Gaspé. Car Joseph Cadet était aussi de Granville tout comme Michel Mahiet. Il est certain qu’ils recrutaient leurs concitoyens de Granville et des alentours, dont St Pair qui est à seulement 1 kilomètre et demi de Granville.

 

 Le 27 avril 1758,  à Château Richer près de Québec chez le notaire Crespin Antoine père nous trouvons  une quittance qui nous  apporte la preuve que  Olivier Nicole et Jacques Benoit navigateurs domiciliés à Château Richer auxquels Michel Mahiet leur verse pour "la pêche de l'automne dernier" à Olivier «  la somme de deux cents cinquante sept livres dix-sept sols pour solde de tous comptes »  et la somme de deux cents quarante-huit livres à Jacques Benoit pour solde de tout compte  pour la saison de pêche de l'année précédente soit 1757.
Témoins de cet acte : Aubin Tixier et François Poulin.

 

Nous retrouvons les deux frères Olivier et Joseph Nicolle, signant chez le notaire Crespin Antoine père (1750-1782) un contrat avec Michel MAHIET le 12 avril 1758 à Château Richer où il est inscrit ceci :

« Les sieurs Joseph et Olivier Nicolle frères pêcheurs de morue……..ont reconnu et confesse être engagé et s’engager par ces présentes pour le temps de cette présente année……au Sieur Michel Mahiet navigateur et propriétaire du fief et de la Seigneurie vulgairement appelée Mont Louis……..pour faire la Pêche pour cette présente année jusqu’au vingt-cinq août prochain à la charge pour les dits Nicole de fournir leur chaloupe nommée « La Marianne »….

Pour moyennant le prix et la somme de huit cents trente livres que le dit Sieur Mahiet s’oblige leur payer tant pour leur gage que pour loyer de leur chaloupe et de les nourrir pendant la dite pêche…le dit sieur Mahiet s’engage à fournir à ses frais un homme pour faire la ditte pêche conjointement aux dits Nicole et de leur fournir ……tous les agrès nécessaires…..paraffé en l’étude du notaire avant-midy, douze avril mil sept cent cinquante-huit en présence de Sieurs Louis Nadeau, et Marc Perron…..

Signatures de Olivier et Joseph Nicole et Louis Nadeau et le notaire.

 

La saison de pêche terminée, Michel Mahiet ramène ses engagés à Château Richer et Québec ses employés qui terminaient le 25 août.

 

Donc, notre ancêtre Olivier Nicole  et son frère Joseph Nicolle  ne pouvaient pas être à Mont Louis lors de l’attaque anglaise  du major Dalling le 19 septembre 1758.

Car ce n’est qu’au retour de Québec et Château Richer, après avoir déposé ses engagés et fait le plein de vivres pour passer l’hiver avec sa famille à Mont Louis, que Michel Mahiet arrivant sur place à bord de sa goélette armée "Le Vigilant" qu'il fut pris par les Anglais lui et son équipage ainsi que son épouse et ses enfants et les quelques personnes étant restées sur place.(voir Mont-Louis)


Donc sachant que Michel Mahiet payait le solde de leur salaire qu'au printemps suivant la pêche de l'année précédente, nous sommes donc certain qu'Olivier et Joseph n'ont pas été payés pour leur saison de pêche de 1758 à part les acomptes qu'ils auraient pu toucher. 

Que sont devenus Olivier et son frère durant ces années de 1758 à 1762.

 

 

Etablissement de la pêche à la Morue séchée au XVIIIè siècle, comme notre ancêtre Olivier Nicolle et son frère ont connus au Mont Louis.

D'après le Traité des pesches par Duhamel du Monceau dans Encyclopédie, planches des pêches (Paris Editions Panckoucke 1793)

 

 

 

 

 

 

 

          
Morue séchée appelée aussi morue plate
Tiré du Traité général des pesches par Duhamel du Monceau 1772

(Dictionnaire nationnal du Canada)

 






                             
Si cette photo vous appartient, veuillez me contacter jocelyne.quillivic@orange.fr

Il est certain que Joseph était à Québec le 15 janvier 1762 où il signait un acte de « témoignage de liberté au mariage » pour Alexis Fauchon, des Biards, près de St Pair. certainement un de leurs compagnons. René Pelchat des Biards, Normandie et Rigauville étaient témoins également.

 

Nous retrouvons Joseph et Olivier à St Vallier pour le mariage d’Alexis Fauchon et de Marie Dodier le 8 février 1762.

 Olivier Nicolle est à St Vallier pour le baptême de son futur neveu Jean-Olivier Roy comme le parrain de celui-ci avec Françoise Brochu sa future belle-sœur qui est marraine  le  05/12/1763. L’enfant est le  fils de Jacques Roy et Marie Marguerite Brochu.

 

Olivier et Marie-Louise Brochu sont le 09 février 1765 chez le notaire Joseph Fortier à St Michel de Bellechasse pour leur contrat de mariage.

Les futurs époux mettent tout en commun. Olivier apporte 300 livres à la communauté et Marie-Louise 200 livres .En présence de son frère

Joseph Nicolle, de Jean Beust (écrit Lebeuf )  son cousin Jean Brochu le père de Marie-Louise, Pierre Brochu son frère et Michel Goreut.

Leur mariage a  lieu à St Vallier le lendemain  le 10 février 1765. 

Les témoins sont : son frère Joseph Nicolle, Jean Beust
, Charles Bétille de
St Pair sur Mer, André Tanguay.(La tante de Marie-Louise s'est unie avec la famille Tanguay).

 


MARIAGE Olivier NICOLLE et Marie-Louise BROCHU
Sources : http://search.labs.familysearch.org/


Cliquer sur leur nom pour voir toute leur descendance

NICOLE Marie-Louise ° 17.12.1765 St Vallier Qc +  14.10.1814 St Michel cté de Bellechasse Qc
  Mariage le 06.11.1809 à St Vallier Qc MONTMINY Jean-Baptiste
NICOLE Marie Geneviève ° 12.10.1767 St Vallier Qc + 25.12.1819 Montmagny Qc
  Mariage  09.10.1787  St François de la Rivière  Sud LOUINEAU-Deneault  Louis
NICOLE Clément-Olivier ° 12.09.1769 St Vallier Qc + 25.12.1819 Montmagny Qc
  Mariage le 24.07.1797 St Vallier Qc FLEURY Françoise
NICOLE Joseph François ° 08.01.1772 St Michel de la Durantaye Qc + 02.12.1853 St Michel cté de Bellechasse Qc
  Mariage le 12.11.1804 St Vallier Qc VALLEE Marie-Reine
NICOLE Angélique ° 06.08.1773 St Michel de Bellechasse + 19.10.1773 St Michel cté de Bellechasse Qc
NICOLE Joseph Armand (Clément) ° 02.07.1774 St Michel de Bellechasse +  26.07.1774 St Michel de Bellechasse
NICOLE Marie-Rose (Rosalie) ° 06.07.1776 St Michel de Bellechasse + 16.06.1820 St Thomas de Montmagny Qc
  Mariage le 15.01.1793 St Thomas de Montmagny LANGLOIS Jean-Chrysostome
NICOLE Charles ° 04.06.1778 St Michel de Bellechasse +25.02.1782 St Michel de Bellechasse
NICOLE Jean-Baptiste ° 17.06.1780 St Michel de Bellechasse + 02.08.1780 St Michel de Bellechasse
NICOLE Laurent ° 23.08.1781 St Michel de Bellechasse +  12.04.1781 St Michel cté de Bellechasse 

 

Olivier présent à Saint Vallier le 21/04/1765 où il est le parrain  au baptême de Jean Blanchard fils de François et Marie-Josephte Prud’homme.
 

Leur fille ainée  Marie Louise Nicole nait et est baptisée  le 17 /12/1765 à St Vallier. Son  parrain est Joseph Nicole oncle paternel et sa marraine  Françoise Brochu sa tante maternelle
 

 

Le 12 octobre 1767 à St Vallier, nait Marie Geneviève Nicole leur seconde fille. Parrain et marraine sont Jean Beust de St Pair et Geneviève Roy.

 

 

 

L'église de St Thomas de Montmagny
située à la Pointe à la Caille
 

L'église de St Thomas de Montmagny
située à la Pointe à la Caille au temps de nos ancêtres Olivier et Joseph qui s'y maria.

 

Photo tirée de "Montmagny : Sur la trace de nos ancêtres"

Publication St Laurent, St Jean Port-Joli 2000 24p

Le 17 janvier 1768 Joseph  signe  son contrat de mariage avec Geneviève Lefeuvre à St Thomas de la Pointe à la Caille appelée ainsi car les cailles, ces gallinacées y étaient en abondance.

Les témoins présent  étaient Olivié Nicolle, le frère de Joseph, Geneviève  Lorendeau, la mère de l’épouse, Augustin et Joseph Lefeuvre les frères de la mariée ; Lesvèque Notaire, Sieur Charles Simoneau , Louis  Thibault, Charles Norais, Jean Beust , Jean Baptiste le Cornet , François Oh , Charles Langlois, Olivier ne signe pas au mariage religieux de Joseph le 18/01/1768 à Montmagny. Ce qui est étonnant.

 

Même si Joseph était agriculteur, il était aussi navigateur, car inscrit sur plusieurs actes notariés comme l'étant. Il devait donc faire les saisons de pêche certainement durant quelques années après son mariage. Il était aussi respecté et estimé car dans les actes on le nomme Sieur Nicolle. Tous les actes notariés sont passés devant le notaire Nicolas Charles Louis Lévesque qui venait de Bouillon, petit village près de St Pair sur Mer et qui demeurait lui-aussi à St Thomas de la Pointe à la Caille. D'ailleurs à l'inventaire et vente des biens suite au décès de Geneviève son épouse, c'est le notaire Lévesque qui achète le lit garni de Joseph et Geneviève

 

 

La vie d'Olivier Nicolle et de son frère Joseph Nicolle au travers des actes d'état civil et religieux ainsi que les actes notariés

 

Enfin, un premier fils pour Olivier ! Clément Olivier Nicole arrive en ce monde le 12.09.1769 à St Vallier. La marraine est Marie Susanne Brochu et le parrain Clément Patris.

Nous retrouvons Olivier Nicolle comme témoin à la Durantaye le 15/01/1770 au mariage de son filleul Clément Patry fils de Clément et

Marie-Dorothée Brochu avec Thérèse Latulippe fille de Joseph Quéret-Latulippe et Marguerite Bissonnette.

 

Note :1. Même si cela est inscrit sur l'acte de mariage,  le parrain de Clément Patry n'est pas Olivier Nicolle mais Pierre Patry sources PRDH
2.La Durantaye était le seigneurie de Charles-Francois Thériault comprenant les villages de St-Michel, St Vallier et Berthier-sur-Mer et un 4ème.
 

Olivier est de nouveau témoin à Saint Vallier au mariage de sa belle-sœur Marie Susanne Brochu et Jacques Roi le 08/04/1771.

 

Quant à Joseph nous le retrouvons à Montmagny au baptême de sa fille Marie Geneviève Nicol le 23/09/1771.

 

Olivier inscrit sur l’acte de baptême de son fils Joseph François Nicol le 06/01/1772 à St Michel de la Durantaye.

Son parrain est Jean-Baptiste Paquette et sa marraine Marie-Josephe Therrien.

 

Joseph à St Pierre de la Rivière du Sud  (deviendra Montmagny avec un assemblage de communes) pour la naissance de son premier fils Joseph Nicol le06/05/1773
l'enfant décède  à l'âge de trois mois le 01/09/1773

 

Olivier inscrit sur l’acte de baptême de sa fille Marie Angélique Nicole le 10/08/1773 à la Durantaye. Son parrain et sa marraine sont Joseph Bibeau et Josephe Couture. Angélique décèdera le 19.10.1773 à l’âge de deux mois et demi.

 

Olivier Nicol est témoin  à la Durantaye le 27/09/1773 au mariage de son neveu Jacques Patry fils de Clément Patry et Marie-Dorothée Brochu avec

Marie Françoise Furois fille de Jacques et Madeleine Plante. Marie-Dorothée Brochu est la demi-sœur de Marie-Louise Brochu épouse d’Olivier.

 

Acte notarié : St Michel ( lieu-dit la Rivière Boyé )
Le 17 Juillet 1774 en l’ absence de Olivié Nicole
.  Achat d’ une terre à son profit : Michel La Croix lui vend une terre de 20 arpents ,sur une parcelle de 60 appartenant à  lui-même et ses deux sœurs. Cette terre vient en prolongation  au nord-est d’une terre appartenant déjà à Olivié Nicole

Témoins : Sieur Michel Gotron et Robert Léonard Roufflet ; Notaire Jacques Fortier

 

Par un advenant du 30 octobre 1774 en la présence de Olivié Nicolle.  Le vendeur Michel La Croix reconnait avoir une dette de 212 livres à l’ encontre de l’ acheteur Olivier Nicole et que cette somme couvre la première échéance de cet achat ; le solde sera payé a la St Michel (29 Septembre) de l’année suivante.


Photo :
Vue de la Rivière Boyer si cette photo vous appartient me contacter jocelyne.quillivic@orange.fr

                                                                                                                      

 

La Rivière Boyer
photos de notre cousine Marie-Claire Nicol des USA

 

Joseph Nicole  à Montmagny le 19/01/1775 au baptême de Jean-Baptiste Nicole son unique fils et enfant. Jean-Baptiste Lefeuvre et Ursule Fournier sont parrain et marraine.

Olivier inscrit sur l’acte de baptême de son fils Joseph Armand Nicole (aussi appelé Joseph Clément) à la Durantaye le 03/07/1775.  Son  parrain et sa marraine sont : Joseph Michaud et Susanne Couture. Joseph Armand décèdera le 26 juillet 1775.
ATTENTION :

Joseph Armand (Clémand) et Joseph Clément sont une seule et unique personne (erreur certainement du prêtre pour le prénom)

 



 

Olivier à la Durantaye, le 08.05.1776, il est le parrain d’  Olivier Nicol Bétille fils de Charles Bétille et Angélique Greffard. Charles Bestille-Bétille-Béti de St Pair est plus qu'un compagnon.
Nous verrons plus loin à quel point Charles Bétille et Olivier sont unis.

 

Deux mois plus tard, 6 juillet 1776 les deux familles se trouvent réunis cette fois,  toujours à La Durantaye pour le baptême de Marie-Rosalie Nicole le  où sa marraine est Angélique Greffard, épouse de Charles Bétille. Mais plus que l'amitié, grâce à leur mariage Olivier et Charles sont devenus cousins.


Marie-Louise Brochu épouse d'Olivier  et Angélique Greffard épouse de Charles Bétille étaient cousines germaines. Elles avaient la même grand-mère paternelle, Marie-Françoise DELAUNAY.

 

Olivier inscrit sur l’acte de baptême de son fils Charles Nicole à  la Durantaye le 20/07/1778 Charles Bestille (Béti) et Marie Françoise Beaudouin sont parrain et marraine.
Charles décèdera le 25.02.1782 à près de quatre ans.

 

Olivier inscrit sur l’acte de baptême de son fils Jean-Baptiste Nicole à la Durantaye le17.06.1780.  Son  parrain est: Joseph Paquet, marraine illisible.
Jean-Baptiste décèdera le 02.08.1780 à l’âge d’un mois et demi.



 

Olivier est témoin  à  St Vallier  le  05/02/1781 au mariage de son neveu par alliance André Brochu, fils de Pierre-Philippe Brochu et de Marie-Geneviève Roy
avec Marie Geneviève Roy fille de Etienne-Noël Roy et Marie-Reine Fradet.

 

Olivier inscrit sur l’acte de baptême de son dernier fils et enfant Laurent Nicole  à la Durantaye  le23/07/1781 Marie-Françoise Gagnon et Laurent Couture sont parrain et marraine.
Laurent décèdera le 12.08.1781 à l’âge de trois semaines.


 

1) 25.03.1782 Vente de terre d'Olivier Nicolle à Joseph Guilmet  
Olivier Nicole signe un acte de vente pour une terre située à la troisième concession de la Durantaye et paroisse de St Michel au sieur Joseph Guilmet de la paroisse de St Michel.  Une terre qu'il avait acheté le 17 juillet 1774 à Michel Lacroix fils située près de la Rivière Boyer en présence de Pierre Chicou et de Germain Blondeau. (voir actes ici)

 

Décès

Geneviève Lefeuvre dit Boulanger l’épouse de Joseph Nicolle, frère d’Olivier, décède le 6 juillet 1782 à St Thomas de Montmagny.

Joseph était certainement fou de douleur à la perte de son épouse car il fait donation de ses biens à Jacques Gomont 21 ans devant le notaire Lévesque, le 5 août 1783. Comme il sent que son âge avance selon le texte, il fait donation de ses biens en échange et clauses  ( c'est lui qui reste gestionnaire,) d'une pension alimentaire pour lui et son fils Jean-Baptiste âgé de 8 ans jusqu'aux seize ans de celui-ci.

 

Le 9 août 1783 il y a inventaire des biens de la communauté de Joseph Nicolle et de feu Geneviève Lefeuvre-Boulanger. Augustin Lefeuvre (frère de Geneviève) est le subrogé et tuteur de Jean-Baptiste Nicolle, son neveu. Le 12 août il y a partage des terres entre Jacques Gomont représentant Joseph Nicolle et Augustin Lefeuvre représentant Jean-Baptiste Nicolle fils de Joseph.

Egalement le 12 août et le 13 août, il y a vente des biens de la communauté de mariage entre Joseph et Geneviève sa défunte épouse.

A cette vente des biens Olivier a acheté : 3 chemises pour 10 francs, un mantelet en gabardine et un manteau en coton pour 8 livres et 19 sols,

6 coiffes à 40 sols, 5 minots de blé à 25 livres et 1 minot et demi d’avoine pour 25 sols.

 

Jacques Gomont épouse le 11 novembre de la même année 1783, Thérèse Gaudreau. C'est donc elle qui s'occupera pendant 2 ans de Jean-Baptiste. Puis celle-ci décède le 11 novembre 1785  et c'est quelques jours après que Jacques Gomont son époux renonce à la donation de Joseph

(Il se remariera en janvier 1787 avec Marguerite Morin.). Donc ce  6 novembre 1785, devant le notaire Lévesque, Jacques Gomont renonce à la donation de Joseph Nicolle  Il y est dit :"que le dit Sieur Joseph Nicolle est rétabli et certifie au ….et est semblable à ce qu’il était avant la dite donation dans tous les immeubles..... "

 

Maintenant pour mieux comprendre la suite de l'histoire de notre ancêtre Olivier Nicolle nous devons retourner à la grande Histoire au Québec et les évènements qui y sont advenus. Que s’est-il passé ?

 

"En l'année 1759 la Nouvelle-France agonise.... Il en coûte beaucoup à nos ancêtres d'être sous le joug des Anglais. L'on voit dans de nombreuses paroisses les gens se soulever....et en particulier à St Michel. Le mouvement réactionnaire des Canadiens déplait au Général Murray qui lance une attaque. L'église de St Michel est criblée de balles, beaucoup de maisons sont incendiées et les gens s'enfuient en arrière des concessions et certains meurent. Une fois que la capitulation de Montréal fut signé, il n'y avait plus aucun doute, nous étions sujets de sa Majesté le Roi d'Angleterre.

Le clergé était accusé de collaboration avec l'ennemi. La résistance la plus vive fut à St Michel. Le 1 er octobre 1775, au prêche de la messe où le jésuite Lefranc essaye d'apaiser les esprits, une voix s'élève dans l'assistance : "C'est assez longtemps  prêcher pour les Anglais"

Cela fut un grand remue-ménage chez Mgr Briand évêque de Québec qui écrivit une longue lettre de réprobation. Il écrit même: "On peut dire que la conservation de la colonie au roi d'Angleterre est le fruit de la fermeté du clergé et de sa fidélité."

Les coupables de l' insurrection se retirent au 4 è rang de la seigneurie de la Durantaye et jurent de ne jamais accepter le nouveau régime et de rester français jusqu'au bout même si la France paraissait les avoir reniés. L'un d'eux n'a-t-il pas eu tous ces biens détruits par l'ennemi ? Et un autre n'a-t-il pas vu de ses propres yeux l'un de ses proches tué par un Anglais sur le Pont de la Rivière Boyer ? Ils  furent tués et enterrés au 4è rang de St Michel. Certains furent excommuniés.

Mais dans le fond de leur cœur, ils continuaient à lutter pour rester français."

En 1783, l'Angleterre se voit obligée de reconnaître officiellement l'indépendance des États-Unis. L'année suivante, une lettre circule à Montréal et dans les régions avoisinantes, signée par le comte d'Estaing "au nom du roi (de France) à tous les anciens Français de l'Amérique septentrionale".
On peut y lire:
"Vous êtes nés Français, vous n'avez pu cesser de l'être. (…) Je ne ferai point sentir à tout un peuple, car tout un peuple, quand il acquiert le droit de penser et d'agir, connaît son intérêt; que se lier avec les États-Unis, c'est s'assurer son bonheur; mais je déclarerai, comme je le déclare solennellement au nom de Sa Majesté qui m'y a autorisé et qui m'a ordonné de le faire, que tous ses anciens sujets de l'Amérique septentrionale qui ne reconnaîtront plus la suprématie de l'Angleterre peuvent compter sur sa protection et son appui."

 

sources : Mario Mimeault "Autour de la Conquête 1745-1775

et Chez Cousture  mailto:http://republiquelibre.org/cousture/1775.HTM

Jocelyne Nicol 

 

  

 

Décès de Marie-Louise Brochu épouse d'Olivier Nicole

 

 

1)Le dix-huit janvier 1783 à St Michel de La Durantaye  décède à l’âge de 41 ans, Marie-Louise Brochu épouse d’  Olivier Nicolle.
Ce qui est très étonnant, c’est que sur l’acte de décès de Marie-Louise Brochu il n’est pas inscrit qu’elle était l’épouse d’Olivier Nicolle. Il n’y a pas la signature d’Olivier Nicolle? les témoins ont été Charles Tanguai et Morice Maillet. Elle laisse des orphelins : Marie-Louise 17 ans, Marie-Geneviève 15 ans, Clément Olivier 13 ans, Joseph François 11 ans et la petite dernière Marie-Rosalie 6 ans ½. 
 

 

 

 

2) Le 24 septembre 1784
Notre ancêtre Olivié Nicolle laisse seuls ses 5 enfants mineurs et disparait.


Fonds Cour supérieure, District judiciaire de Québec, Tutelle et Curatelle
cote: CC301,S1, D6158

 

Requête en autorisation à Maitre Riverin à procéder :
1° à l’élection de tutelle des mineurs Nicole
2° à l’élection d’un curateur à l’absence d’Olivier Nicole, père

 

Aux Honorables Juges
de la Cour des Prérogatives du District de Québec


Supplie humblement Jean Brochu habitant de St-Vallier et représente q’Olivier Nicole natif de l’Ancienne France habitant de St-Michel sud de la Rivière Boyer, veuf de Louise Brochu décédée il y a environ deux ans et demi, quoiqu’établi sur une terre située au dit lieu de St Michel depuis dix à onze ans et y demeurant avec ses cinq enfants, sans avoir fait inventaire de la communauté, serait parti de chez lui le deux may dernier dans la nuit disant à ses enfants qu’il venait à la ville acheter des souliers : Que depuis ce temps le sieur Bonnet demeurant en cette ville a dit avoir vu le dit Nicole en cette ville pendant environ  huit jours après tel départ de chez lui Que ledit Nicole n’étant pas revenu chez lui et n’ayant pu savoir où il était allé, les parents des dits enfants ont été informés qu’il avait donné quelques fois à entendre qu’il voulait retourner en France pour retirer ce qu’il y avait de biens : Que les dits enfants mineurs ont restés environ huit jours maitres de leur conduite dans la maison de leur père d’où le suppliant comme oncle maternel en a retiré deux chez lui et placé les trois autres en attendant quelqu’arrangement.

Ce  considéré il plaise à la Cour autoriser Maitre Riverin notaire dudit lieu résident à St Vallier ou qui lui plaira à l’effet de faire assembler les parents et amis des dits cinq enfants mineurs pour procéder à l’élection de leur tuteur et subrogé tuteur

En outre à assembler les parents et amis notamment le seul frère et plus proche parent en ce païs dudit Olivier Nicole à l’effet d’élire un curateur en son absence.

Desquelles élections il sera dressé actes pour iceux rapportés au greffe, être homologué si faire ce doit Et ferez bien.

Québec 24 septembre 1784
A. Panet
Avocat

 

3)

 

    Acte de tutelle et curatelle fait chez le notaire Riverin le 19 octobre 1784
 

Cet acte a été trouvé par notre cousin Lucien Brochu, qui est le descendant de Jean-Baptiste Brochu
demi-frère de Marie-Louise Brochu. C'est son ancêtre qui a été nommé tuteur des enfants d'Olivier et Marie-Louise Brochu
Un grand merci à toi, cher Lucien.
 

 

 

L’An mil sept cent quatre vint quatre le dix neuf octobre à huit heure le matin à la réquisition du Sieur Jean Brochu de la paroisse de St Valier lequel en conséquence de la permission de l’honorable Juge de la cour des prérogations district de Québec en datte du 24 septembre dernier et a fait assembler les parents tant paternelle que maternelle des cinq enfants mineurs issus du mariage dudit Olivier Sieur Olivier Nicole absent depuis environ le deux may dernier sans scavoir où il est et de Marie Louise Brochu sa défunte femme aux fin de donner Bon et Fidelle avis sur la nomination à faire d’un tuteur et subrogétuteur aux dits mineurs le tout en leur âmes et consciences et aussi à la nomination du curateur pour Olivier Nicole

A Scavoir

Le Sieur Jean Brochu oncle maternelle des dits mineurs
le Sieur Pierre Brochu oncle maternelle
le Sieur Jacques Roy de St Michel oncle maternelle comme ayant épousé Marie Françoise Brochu
le Sieur Jacques Roy de St Valier oncle maternelle comme ayant épousé Marie Suzanne Brochu

le Sieur Jacques Patris cousin des dits mineurs
Le sieur Charles Bétille cousin
Simon Corriveaux cousin des dits mineurs Auxquels nous avons fait prêter serment en leurs âmes et consciences de donner Bon et Fidelle avis sur l’élection de tutelle en question lesquels après s’estre retirés et delibérer entre eux ont dit nomément que leurs avis est que le Sieur Jean Brochu oncle maternelle des dits cinq enfants mineurs soit un tuteur aux dits mineurs et le sieur Simon Corriveaux soit un subrogétuteur et que le Sieur Charles Bétille soit le dit curateur au dit Olivier Nicole absent de laquelle délibération pour vous donner acte et ont les dits tuteur et subrogétuteur et curateur élus volontairement accepté leurs dit charges Promis et Juré en leurs âmes et conscience de s’acquitter chacun du devoir de leurs charges faite et passé ce Jour et auquelles présence de la dite assemblée à déclarer ne savoir signé exception du sieur Charles Béthille qui a signé avec nous dit notaire sur le présent les dits tuteur et subrogétuteur ayant déclarer ne savoir signé de cet enquis
Lecture faite suivant l’ordonnance
f deux renvoye apposé Bon          Signatures : Charles Bétille et Riverin notaire


 

Cet acte de tutelle a été homologué le 7 janvier 1785 par les juges.
 

Note de notre cousin Lucien Brochu :
 

Ma recension des archives de la Cour des plaidoyers communs que possède la BNQ. Comme je le craignais, je n’y ai pas trouvé trace de l’homologation des actes de tutelle et de curatelle d’Olivier Nicol. Je n’ai d’ailleurs vu aucune  homologation dans ces archives, de quelque nature que ce soit. L’important est quand même que nous sachions que cette homologation a vraiment eu lieu puisque la tutelle a fait l’objet d’un compte-rendu présenté par le tuteur lui-même, Jean-Baptiste Brochu, le  21 janvier 1793.

Pour votre information, et pour éviter que quelqu’un d’autres qui s’intéresse au dossier d’Olivier Nicol, refasse inutilement cette recherche, je vous donne les numéros de dossiers qui ont été passés en revus. Classés à la cote TL15, S2, ce sont les dossiers 2291 à 2337 incl., et 3007 à 3219 incl., qui vont de 1784 à 1786 ; les dossiers 3220 è 3349, qui vont de 1786 à 1788.

 

4) d' un acte du 19.10.1784 d'inventaire des biens de la communauté d'Olivier et de feue son épouse Marie-Louise Brochu.

A 9 heures du matin, le notaire Riverain procède à l'inventaire en présence du Sieur Jean Brochu tuteurs des enfants d'Olivier Nicole et de feu Marie-Louise Brochu ainsi que Charles Bétille curateur (représentant) d'Olivier Nicole absent, ainsi que du Sieur Simon Bricault subrogateur des dits mineurs, de sieur Jean-Baptiste Fortier gardien des dits meubles et immeubles qui ont été estimés par sieur Nicolas Mercier.
L'inventaire comprend des ustensiles de cuisine, des outils pour l'agriculture, un pistolet, des bêtes, des rouets, métier à tisser etc
(voir acte ici)

Egalement, une terre située dans la troisième concession de la Durantaye en la paroisse St Michel bornée au nord est à Jean-Baptiste  Gourgeon et au sud est par Michel Tanguay ainsi qu'un bout de maison en bois vrillé, ensemble d' une grange et une étable en bois  qui restent entre les mains du tuteur des enfants.

Il est signalé sur cet acte que Olivier Nicole et Marie-Louise Brochu s'était marié sous la communauté des biens jusque dans leurs héritages douaires préfixés de trois cents livres préciput de deux cents livres. Acte passé devant le notaire Fortier le 9 février 1765

 

5)19.10.1784 Procès verbal de la Vente suite à l'inventaire des biens de Olivier Nicole et Marie-Louise Brochu

A 11 heures du matin, sont présents Jean Brochu tuteur des enfants mineur d'Olivier Nicole et feue Marie-Louise Brochu, Olivier Nicole absent, en présence de Sieur Simon Bricault subrogateur des dits enfants et du Sieur Charles Bétille curateur (représentant) d'Olivier Nicole.

Il a été procédé à la vente (voir acte) des articles de l'inventaire pour une somme de 286 livres. Vu le contrat de mariage, cette somme est partagée en deux soit 153 et 123 livres. Témoins Pierre Chicou et Germain Blondeau.

 

Le 29 octobre 1785, le fils de Joseph,  Jean-Baptiste alors âgé de 10 ans, hérite d'une terre de sa cousine germaine, Marie-Josephe Lefeuvre.

Joseph Nicolle revend donc cette terre ce jour dit, à Ignace Bellanger fils d'Ignace, qui habite en la paroisse St Roch Seigneurie de Sieur Ducharnay.  

 

6) Sur le contrat de la vente des biens de la communauté de Marie-Louise Brochu et Olivier Nicolle en date du 19 octobre 1784, il y a une note en date du 12 décembre 1785 qui dit que "Charles Bétille était le curateur d'Olivier Nicole ici présent et que Charles Bétille lui a donné 200 livres et 20 sols  de la vente de ses biens" Que Olivier Nicole quitte et décharge Charles Bétille de sa qualité de curateur envers lui.

Signatures d'Olivier Nicole et de maitre Riverin

 

                                                               

 

                                                                                                      Que devient notre ancêtre Olivier Nicole

 

Ce sera la dernière fois que nous voyons au Québec la signature d’Olivier Nicolle autant sur des actes d’état civil que sur des actes notariés.

Quand Olivier part pour la France ? Nous n'en savons rien, certainement après le 6 avril 1786. Nous retrouvons un "billet sous seing privé"  fait chez le notaire N. Boissault  où il est écrit ceci :

"Moi, Ollivier Nicolle j'ai passé le présent (billet) à Jean Brochu mon beau-frère, comme je lui permet en qualité de tuteur pour mes enfants que si en cas de besoin, il est en état de prendre sur ma part de l'argent pour leur soutien ce qui fait que je vous donne ce présent (billet) pour servir et valoir que raison à St Michel

le 6 avril 1786
                                                             Signatures : Olivié Nicolle     N. Boissault, notaire

 

 

 

Pourquoi part-il ? 

Nous croyons qu'il voulait rester français suite à la période très agitée qui s'est passé à St Michel dans ces années-là. Son épouse étant décédée, il a certainement voulu partir vivre en France au Chenay auquel il était resté attaché et où Joseph et lui avaient des biens en héritage. Il était certainement dépassé de se retrouver seul avec 5 enfants à charge. Pourquoi ses enfants ne sont pas partis avec lui ? Les troubles commençaient en France, juste avant la Révolution française.
Il y a beaucoup de questions qui resteront sans réponse.

Mais nous constatons par ce billet retrouvé par notre cousin Lucien Brochu, qui nous permet de vérifier que les rapports avec les BROCHU étaient excellents, vu la confiance qu'Olivier apporte à son beau-frère Jean (Jean-Baptiste Brochu, demi-frère de Marie-Louise Brochu, épouse de notre ancêtre Olivié Nicolle.


La vie par les actes d'Olivier en France

 

Nous  retrouvons Olivier ensuite en France au mois d'août 1789 sur un acte de baptême comme parrain d’Olive Roze Nicolle fille de son cousin Charles et son épouse Louise Marie Bourgeois.

Il habite au Chenay et sur les actes il est dit ancien marin et laboureur.

Le 9 octobre 1787, à St François de la Rivière du Sud, Marie-Geneviève Nicole, fille d’ Olivier Nicole et de feue Marie-Louise Brochu,

épouse Louis Denaux-Louineau-Luneau. Ou Louineau-Denaux. Sur l’acte de mariage il est inscrit : Denaux-Luneau.

Joseph Nicole n’assiste pas à la cérémonie. Nous sommes à près de 5 ans du décès de Marie-Louise Brochu  épouse d’Olivier.  

 

Olivier Nicolle est donc de retour en France au moment de la Révolution française. Il vit au Chenay, petit lieu-dit de la commune de saint-Pair-sur-Mer près de Granville. Nous le retrouvons souvent avec la famille de Charles Nicolle son cousin au 3è degré. Vivait-il avec Charles son cousin et sa famille ? Cela est très plausible. Lorsque Joseph et Olivier sont partis en Nouvelle-France, ils ont certainement laissé leur héritage, soit la maison et leur terre en usage à leur cousin.

 

Charles Nicolle était agriculteur et navigant, ce qui signifie qu'il allait à la pêche à la morue.
Il est marié à Marie-louise Bourgeois et il
s ont 8 enfants : Marie-Louise, Julienne, Jacques François, Françoise Jacqueline, Louise, Charles François, Jacques et Olive Roze qui est la filleule d'Olivier.
Charles Nicolle est décédé en 1808 dans une prison de Bristol en Angleterre, après y avoir été fait prisonnier par les navires anglais.
Son fils, Jacques Nicolle est décédé à St Pierre et Miquelon en 1821.

 

Au moment de la Révolution, les Saint-Pairais ont demandé lors  d'une assemblée du 25 février 1789 à présenter leurs doléances. Peut-être qu'Olivier y était. Ils disent selon ce que rapporte Michel Couloubier dans son livre, "La Terre, le Ciel, la Mer" :

"que le clergé et la noblesse possèdent la plus grande partie des biens du Royaume mais ne paient pas ensemble la moitié des impôts que le "tiers état" paie seul (tiers état = le peuple)   " grand nombre d'exempts et de privilèges fait les malheurs du tiers état et rend la perception des impôts difficile..."   " Les habitants ne pouvant y vivre sont dans la nécessité de prendre le dur et ingrat métier de la navigation. Dès qu'un garçon atteint 12 ans, il prend le parti de la mer, souvent il y péri."  En 1789, la population de St Pair-sur-Mer est estimée à 1425 habitants.

 

Nous retrouvons Olivier Nicolle, en France à St Pair comme parrain au baptême d’Olive Roze Nicolle née et baptisée le 31 août 1789 à St Pair .

La marraine de l’enfant est sa sœur Julienne Nicolle. Les parents d’Olive Roze sont Charles Nicolle et de Louise Marie Bourgeois.

Olive Roze est la jumelle première née, tandis que son frère Jacques Nicolle jumeau dernier né a pour parrain et marraine, Charles Grimaux et Jeanne Bry.

 

Charles Nicolle est le fils de Jacques Nicolle et de Louise Roy qui se sont mariés à St Planchers le 16 juin 1744.

Jacques Nicolle est le fils de Jean Nicolle et Jeanne Bestille marié  le 13 mai 1721 à St Pair.

Jean Nicolle est le fils de Claude Nicolle notre ancêtre direct. Il est également  le frère de Jullien, notre ancêtre direct.

 

ClaudeðJeanðJacquesðCharles

ClaudeðJullienðLucðOlivier

Olivier et Charles sont donc cousins au 3è degré.

 

                                                  Saint Pair vue du Moulin à vent 19è siècle                                                       Saint Pair vue du Moulin à vent en 2006
                                                                    
photo collection personnelle

 

 Au Québec, Marie Rosalie Nicol, sa fille,  épousait le 15 janvier 1793 à St Thomas de la Pointe à la Caille Jean Chrysostome Langlois fils de Jean-Chrysostome et de Marie-Clothilde Couture. Sur l’acte de mariage,  il est bien inscrit de la présence de Joseph Nicole son oncle paternel .
Ses oncles maternels, Pierre et André Brochu sont également témoins de ce mariage et signent.

 

21 janvier 1793

Compte de tutelle rendu par Jean-Baptiste Brochu à Olivier, Louise et Marie Rosalie Nicole enfants d'Olivier Nicole et Marie-Louise Brochu pour les années 1786-1787-1788-1789-1790-1791

 

Jean-Baptiste Brochu tuteur des enfants d 'Olivier et Marie-Louise Brochu ainsi qu'il apparait dans l'acte de tutelle de Maître Riverin en date du 19 octobre 1785 leur rend compte des produits d'affermage de la terre d'Olivier en la 3è concession de La Durantaye paroisse St Michel pour la somme de 196 livres.

qui sera partagé entre les enfants Olivier, Marie Louise et Marie Rosalie ainsi qu'à Joseph Nicole qui n'est pas présent au moment de l'acte. Ce compte n'est que la moitié de la somme de l'affermage, l'autre moitié de la somme a servi à l'entretien et la nourriture des enfants suivant l'ordre et la permission donné par Olivier sous seing privé en date du 6 avril 1786.

Témoins Pierre Perrault et François Roy.


 

Fait divers à St Pair

Nous retrouvons donc notre Olivier avec Charles Nicolle son cousin au 4è degré lors d’un fait divers. Celui-ci est inscrit dans les registres de la mairie de St Pair sur Mer en date du 21 octobre 1793. Il y est écrit «  qu’Olivier Nicolle, laboureur 55 ans avec Charles Nicolle, navigant, 44 ans ont trouvée une personne noyée au village de la Maréchalerie commune de St Pair.
Cette personne était Marie Poinel âgée de 32 ans de
St Pierre de Cormay ?qui était servante chez Françoise Bourgeois veuve de Jacques Dauphin à St Pair. »

Etaient présents le juge de Paix, l’officier de la sûreté du canton de Granville et le maire, Henry Beust.
Signatures d’Olivier et de Charles Nicolle et le maire, Henry Beust.(Henry Beust est le cousin germain d'Olivier)

 

 

                                                                                                     
                                                                          Siège de Granville par les Vendéens et Incendie de la rue des Juifs le 14 novembre 1793
Photo collection privée Jean Chuinard avec l'aimable autorisation de Madame Micheline Chuinard

 

Notre ancêtre a certainement vécu le Siège de Granville en 1793 lors de l'attaque des Vendéens.  St Pair est à peine à 1 kilomètre et demi de Granville.

Note : Pour les Vendéens
Insurrection contre la révolution qui bouleversa les départements de Vendée, de Loire inférieure et de Maine et Loire. Elle a pour origine l'opposition de la population a la levée de 300 000 hommes décidés par la Convention le 23 février 1793. Les insurgés en majorité paysans se donnent pour chef Cathelineau, Charrette, Stofflet, Lescure, Bonchamps, et La Rochejaquelein et forment l'armée catholique et royale.
Ils connaissent d'abord quelques succès à Cholet en mars 1793, Fontenay en mai et à Saumur en juin. Les Vendéens franchissent la Loire et atteignent Granville où ils espèrent recevoir l'aide des anglais qui ne viendra pas.
A leur retour, ils subissent les désastres du Mans et de Savenay en décembre. Cruauté et massacre de part et d'autres font de ces combats une guerre sans merci. Un sursaut des Vendéens a lieu lors du débarquement anglais  de Quiberon. Mais en 1796, le général Hoche pacifie le pays


Voici succinctement un résumé de ce fait d'histoire de la Révolution française :

 

"Après avoir occupé Avranches et Pontorson (10 novembre), La Rochejaquelein assiège en vain Granville avec trente mille hommes découragés. Il somme la place de se rendre « au nom de l'humanité et de la religion ». Le conventionnel Le Carpentier et les généraux Peyre et Vachot, entourés de toutes les forces du pays leur répondent à coups de canons. Ils savent que les Vendéens, toujours malheureux dans les sièges, n'ont pas même d'échelle pour monter à l'assaut, et que l'Angleterre n'enverra ni flotte ni artillerie. Les Vendéens reviennent à la charge par la grève ; ils escaladent le roc en y enfonçant leurs baïonnettes.

Aux lueurs de l'incendie qui enveloppe Granville, ils aperçoivent les trois étages de forts et de canons qui les foudroient. Les défenseurs de Granville redeviennent alors citoyens et repoussent le feu avec le même courage que l'assaut Après le dernier combat, on trouva sur le bord de la mer plus de 1.200 cadavres étendus la face contre terre, et dépouillés de leurs armes et de leurs vêtements. -
Les Vendéens perdirent environ 2.000 hommes. (Launay, d'après un témoin oculaire).

Pitre-Chevalier et Darmaing, p. 253. "

 

Au Québec, quelques années plus tard, le 24 juillet 1797 à St Vallier, le mariage de son premier fils  Clément-Olivier Nicole que nous surnommons, Olivier # 2 avec Françoise Fleury fille de François et de Marie-Françoise Dubeau. Sont témoins ses oncles, Joseph Nicole et Pierre Brochu.

 

Le deux février 1803 à St Thomas de Montmagny, Joseph Nicolle, le frère d’Olivier décède à son tour sur sa terre d’adoption, auprès de son fils Jean-Baptiste. Il sera inhumé à St Thomas de Montmagny, le trois février 1803 en présence de son fils Jean-Baptiste d’Alexis Boutat, de Joseph Deneau ainsi que la famille et de nombreux amis.
Son frère Olivier  avec qui il a vécu cette belle et difficile aventure n’est pas là……

 

Puis en 1804, ce sera le tour de Joseph François Nicole, fils d’Olivier et feue Marie-Louise Brochu qui épouse Marie-Reine Vallée fille de François et de Marie Lefebvre-Boulanger  le 12.11.1804 à St-Vallier. Son frère Olivier Nicole # 2 sera son témoin ainsi que son oncle Pierre Brochu.

 

Olivier assiste en tant que premier témoin  au mariage de Louise Nicolle 24 ans et de Charles Chenay 20 ans le 4 avril 1809 à St Pair-sur-Mer.

Voici une partie de la copie de l’acte de mariage :

Charles Chenay 20 ans né à St Pair le 07.11.1784, laboureur, fils de feu Jacques Olivier Chenay et de feue Marie Olive Le Chevalier

Louise Nicolle 24 ans, née à St Pair le 21.08.1784, fille de feu Charles Nicolle, navigant, décédé le 19.09.1808 à l’hôpital de  Bristol Angleterre (son décès est inscrit sur les registres à Boulogne-sur-Mer et de Louise Bourgeois, laboureur (tel qu’écrit dans l’acte).

Témoins : Olivier Nicolle 74 ans ancien marin, cousin au 5è degré de l’épouse, François Dauphin 30 ans cousin maternel de l’épouse, Charles Langevin 55 ans ancien préposé aux douanes, Alexis Marie Lefeuvre 22 ans, menuisier à St Pair.

 

La même année, deux mois plus tard, le 8 juin 1809 à St Pair-sur Mer, Julienne Nicolle34 ans,  fille de feu Charles Nicolle et de Louise Marie Bourgeois épouse Louis-Jean Aubert 31 ans, né à St Pair le 30.08.1777 fils de Julien Aubert ancien marin et de Marie Colas.

Les témoins sont Olivier Nicolle 74 ans ancien marin de St Pair cousin au 4è degré de parenté de l’épouse, Charles Chenay 24 ans laboureur

de St Pair, beau-frère de l’épouse et Alexis Marie Lefeuvre 22 ans menuisier de St Pair.

 

La même année 1809, Marie-Louise Nicole, fille aînée d’Olivier et de feue Marie-Louise Brochu se prépare au mariage à l’âge de 45 ans.

Quelle vie a-t-elle eu ? Elle s’est retrouvée à 17 ans tout juste orpheline et abandonnée ? par son père Olivier avec ses 4 frères et sœurs, Geneviève qui a 15 ans, Olivier 13 ans, Joseph François 11 ans et Marie-Rosalie 6 ans ½. C’est elle qui s’est dévouée pour les élever avec l’aide sans aucun doute de Joseph le frère d’Olivier ainsi que de ses oncles  maternels, Jean-Baptiste et Pierre Brochu les demi-frères de Marie-Louise Brochu sa mère.


Cette même année, Olivier son père assiste et est témoin au mariage de sa nièce au 5 è degré…..et qui s’appelle aussi Louise Nicolle.

Etrange destin, que celui de Marie-Louise Nicole….Elle épouse donc le 6 novembre 1809 à St Vallier  Jean-Baptiste Montmigny âgé de 61 ans veuf de Marie-Magdeleine Rousseau et père d’un fils Jean-Baptiste.

 

                                                                                                                                Décès d'Olivier Nicolle

Le 26 octobre de l'an 1824 est décédé à trois heures de l'après-midi Nicolle Olivier âgé de quatre-vingt-neuf ans né en cette commune le trente juillet mil sept cent trente-cinq, fils de feu Luc Nicolle et de feue Gillette Basset est décédé en son domicile du hameau du Chenay .

Témoins Ferréol Foulon 45 ans et  René Beaumont 47 ans tous deux cultivateurs et voisin du défunt. (voir actes)

 

 

 

 

 

 

 

 

Acte de décès sur deux feuillets de Olivier Nicolle décédé à St Pair sur Mer 50
le 26 octobre 1824

 

Acte de décès d’Olivier Nicolle

 

L’An Mil huit cent quatre-vingt-quatre, le vingt-six octobre à neuf heures du soir, pardevant nous Alexis Lefevre Chanterie, Adjoint pour l’absence du maire officier de l’état civil pour la commune de Saint Pair canton de Granville, arrondissement d’Avranches, département de la Manche, sont comparus Ferréol Foulon, âgé de quarante-cinq ans et René Beaumont, âgé de quarante-deux ans, cultivateurs, domiciliés en cette commune et voisins du décédé ci-après dénommé, lesquels nous ont déclaré que ce jourd’hui, à trois heures de l’après-midi, Nicolle Olivier âgé de quatre-vingt-neuf ans, né en cette commune le trente juillet mil sept cent trente-cinq, ancien marin, fils de feu Luc Nicolle et feue Gillette Basset est décédé en son domicile au hameau

Du Chesnay en son domicile, en cette dite commune, et les déclarants ont signés avec nous le présent acte de décès après que lecture leur en a été faite.

 Signatures : F. Foulon, R. Beaumont et A. Lefèvre 

Acte d'inhumation d'Olivier Nicole

 

Olivier Nicole agé de quatre vingt neuf ans, décédé d'hier a été inhumé dans le cimetière de Queron ce trente octobre mil huit cents vingt-quatre, par nous curé, en présence des soussignés.

 

C. Grimaux (Charles)  et Pignon

 

Sources Archives diocésaines de Coutances

 

© Jocelyne Nicol

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