| Actes notariés de couple CHARLES-NIEL |
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Madeleine Niel et Étienne CharlesDanielle Clément Aubin
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| Cette page est soumise aux lois de la propriété Article L. 111-1 et Article L. 123-1 du Code civil | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Ses surnomsAu cours de sa vie, deux surnoms furent donnés à Étienne Charles : celui de « Lajeunesse » lui est venu du régiment alors qu’il était soldat, celui de « du Tremblay » lui fut donné parce qu’il s’était établi au fief du Tremblay. Dans les registres des paroisses et les contrats notariés, nous retrouvons des actes au nom d’Étienne Charles, au nom d’Étienne Charles dit Lajeunesse et au nom d’Étienne Charles du Tremblay. Soldat de Carignan-Salière ou soldat du marquis de Tracy?Pour connaître la date exacte de l’arrivée en Nouvelle-France d’Étienne Charles, il me fallait retracer la compagnie à laquelle il avait appartenu. Mais, malgré l’intérêt que suscite l’histoire du régiment de Carignan-Salière et celle des compagnies du marquis de Tracy, cette page importante de notre histoire n’a fait, à ce jour, l’objet que de quelques textes, articles et livres. L’absence de sources importantes, la pénurie de documents de première main et la complexité du sujet ont jusqu’ici constitué un obstacle à l’établissement d’une liste fiable d’officiers, de sous-officiers et de soldats de chacune des compagnies.
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| Jusqu’à la publication, en 2004, du livre de Michel Langlois Carignan-Salière 1665-1668, j’avais toujours lu que mon ancêtre Étienne Charles était arrivé au pays en qualité de soldat, avec la compagnie du régiment de Poitou, du marquis de Tracy. C’est du moins ce qu’écrivait Marie-Blanche Clément dans un article publié, dans la revue MÉMOIRES de la SOCIÉTÉ GÉNÉALOGIQUE Canadienne-Française, en juin 1948. |
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Elle tirait sa source de Gérard Malchelosse et Régis Roy dans leur livre publié en 1925 Le Régiment de Carignan. L’auteur Jack Verney dans un livre publié en 1991 The good regiment, et Marcel Trudel, en 1995, dans La population du Canada en 1666 plaçaient eux aussi Étienne Charles dit Lajeunesse dans le régiment de Poitou du marquis de Tracy. Michel Langlois, historien et généalogiste a fait des recherches durant plus de trente ans pour tenter de reconstituer fidèlement la liste des membres de ces régiments. Selon Michel Langlois, notre ancêtre, Étienne Charles, était le Lajeunesse de la compagnie Contrecœur. Les trois autres auteurs, précédemment cités, estimaient que le Lajeunesse de cette compagnie était Étienne Benoît dit Lajeunesse. Dans son livre, Michel Langlois précise : « Étienne Benoît dit Lajeunesse était domestique des Sulpiciens en 1666 et 1667 ce qui démontre qu’il avait été engagé par eux et en conséquence n’est pas venu comme soldat. »[2] |
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Pour ma part, j’avais constaté qu’Étienne Charles avait reçu, le 25 septembre 1665 à Québec, le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel, alors que la compagnie Contrecœur avait quitté Québec pour le Richelieu, le 2 septembre 1665, afin de procéder à la construction d’un fort.[3] Ces informations semblaient contredire l’appartenance d’Étienne Charles à la compagnie de Contrecœur. J’ai donc envoyé, le 4 février 2005, un courriel à monsieur Michel Langlois lui mentionnant que j’avais un problème avec l’information sur mon ancêtre Étienne Charles dit Lajeunesse qu’il avait classé avec la compagnie Contrecœur contrairement aux autres auteurs, avant lui, qui le classaient avec le régiment de Poitou du sieur de Tracy. Je lui mentionnais que je croyais que c’était une erreur de le classer avec la compagnie Contrecœur car Étienne Charles avait reçu le scapulaire du Mont-Carmel à une date où la compagnie Contrecœur avait déjà quitté Québec. J’avais noté, que dans la courte biographie de mon ancêtre qui se trouvait dans son livre, monsieur Langlois n’avait pas indiqué qu’Étienne Charles avait reçu le scapulaire du Mont-Carmel et que peut-être cet oubli l’avait fait classer dans la mauvaise compagnie? J’avais aussi noté que dans le régiment de Poitou, il y avait un Lajeunesse qui est attribué à Léonard Dubord et il mentionnait que « le soldat Léonard Dubord est mentionné à la fois sous son nom et sous son surnom de Lajeunesse. » Il était donc plausible que ce Lajeunesse soit en fait mon ancêtre et qu’il ait bien appartenu au régiment de Poitou. Monsieur Langlois a eu la gentillesse de répondre à mon courriel et de me spécifier les raisons qui avaient fait classer Étienne Charles dans le régiment de Contrecœur : « Le cas d’Étienne
Charles dit Lajeunesse a été un de ceux qui m’a causé des
problèmes de classification. Toutefois, la raison principale
qui me l’a fait classer comme le Lajeunesse de la compagnie
du capitaine Contrecœur est le fait qu’il se marie à
Trois-Rivières en 1667. La compagnie du capitaine Antoine
Pecaudy de Contrecœur était cantonnée à Trois-Rivières en
1667. C’est là qu’il aurait rencontré sa future épouse, d’où
ce mariage à Trois-Rivières. Je n’aurai probablement jamais de confirmation hors de tout doute de la compagnie à laquelle mon ancêtre, Étienne Charles, a appartenu. Toutefois, son contrat de mariage confirme qu’il était bel et bien soldat, mais malheureusement, l’original de ce contrat détenu au Centre d’archives de Trois-Rivières, est à moitié effacé. Nous pouvons y lire qu’Étienne Charles était soldat mais le nom du régiment auquel il a appartenu est illisible.
La venue en Nouvelle-France d’Étienne CharlesS’il a bien appartenu à la compagnie Contrecœur du régiment de Carignan-Salière, c’est à bord du navire La Paix commandé par Jean Guillon, sieur de Laubertière qu’Étienne Charles quitta La Rochelle, le 13 mai 1665. Sur ce bateau prirent place les compagnies Colonelle, Contrecœur, Maximy et Saurel du régiment de Carignan-Salière. Le navire La Paix était une flûte royale d’une capacité de trois cents tonneaux selon certaines sources et de cent quatre-vingt tonneaux selon d’autres sources. Étienne Charles avait tout juste 22 ans quand il arriva à Québec, le 19 août 1665, en qualité de soldat. La compagnie Contrecœur participa à la construction du fort Sainte-Thérèse érigé, entre le 2 octobre et le 15 octobre 1665, sur l’île Sainte-Thérèse de la rivière Richelieu. Plusieurs soldats de cette compagnie participèrent aux deux incursions contre les Iroquois. J’ai retrouvé le nom d’Étienne Charles au registre de la confrérie du Scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel, à la date du 25 septembre 1665, à la paroisse Notre-Dame-de-Québec. Il faut savoir que durant la présence des soldats en Nouvelle-France, ces derniers recevaient le sacrement de confirmation si ce n’était déjà fait en France. Par la suite, les soldats pouvaient accepter d’appartenir à la confrérie du Scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel pour obtenir une protection constante de la Vierge Marie et être préservés des flammes de l’enfer après leur mort. L’on devenait membre de la confrérie par la réception du scapulaire, qui était composé de deux morceaux de laine brune tissée de forme rectangulaire, reliés entre eux par deux cordons de manière à pouvoir être porté autour du cou. Le scapulaire était béni par un prêtre et il devait être porté de manière continuelle, donc aussi pendant la nuit, mais il pouvait être dissimulé sous les vêtements. Le port du scapulaire donnait, semble-t-il, le privilège d’une bonne mort et d’une délivrance rapide du purgatoire.
Madeleine NielMadeleine Niel est la fille de Robert Niel et d’Anne Lambert, des Normands, qui lui donnèrent le jour, vers 1651, dans la paroisse de Saint-Gervais de Rouen en Normandie.
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Cependant, l’histoire nous a appris que cette paix, résultat d’un traité signé en 1667, était à refaire et à maintenir pour ainsi dire chaque jour, car elle était excessivement instable. En effet la paix de 1667, bien que fragile, dura jusqu’au début des années 1680 qui marquèrent le début du retour en force des incursions iroquoises. La situation pour les habitants de la Nouvelle-France n’était pas la même qu’en 1667. Avant 1667, la population était en grande partie concentrée dans la région de trois forts : Montréal, Trois-Rivières et Québec ou dans leur voisinage immédiat. En 1680, la situation était totalement différente. Des colons s’étaient établis tout le long du fleuve, des seigneuries avaient été concédées, les colons défrichaient et travaillaient aux champs partout entre Québec et Montréal. Ainsi, une grande partie de la population était exposée aux raids des Iroquois et ne pouvait donc se défendre efficacement. Les Iroquois, avec l’habilité qui leur était coutumière, n’avaient qu’à se glisser dans les forêts pour attaquer par surprise, massacrer les habitants et les bestiaux et brûler les habitations et les récoltes. |
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Le 12 août 1695, les Iroquois parurent au fief du Tremblay. Ils tuèrent, des voisins de Madeleine et d’Étienne, Jean Deniau et sa femme Hélène Dodin lesquels étaient occupés à la moisson de leur récolte. Le fort du Tremblay fut construit la même année. Étienne Charles participa très certainement à la corvée de construction de cette fortification de bois qui servait à protéger les habitants du fief du Tremblay. Selon les documents de l’époque, le fort du Tremblay fut construit à l’extrémité est de la seigneurie de Longueuil, sur une terre, voisine du fief du Tremblay, appartenant à Jean-Baptiste Ménard. Des habitants, comme la famille d’Étienne Charles, y formaient alors un tout petit village, appelé le village du fort du Tremblay, même si dans les faits ce village était situé dans la seigneurie de Longueuil et non dans le fief du Tremblay. De cette date, jusqu’à la signature du traité de paix de 1701, les terres concédées furent pratiquement toutes inoccupées, on n’y retrouvait que de vieux bâtiments en ruines; les maisons étant toutes regroupées au village du fort du Tremblay. Christophe Février sieur de Lacroix fut tué par les Iroquois, le 29 septembre 1695, sur la partie boisée de sa terre. Rappelons qu’il était un honorable bourgeois, venu de France et établi à Boucherville depuis 1671. Christophe Février était un ami, à tout le moins une connaissance, de Madeleine Niel et d’Étienne Charles car il fut l’un des trois témoins à l’occasion de leur mariage, le 24 octobre 1667, à Trois-Rivières. Il fut aussi témoin à l’acte notarié du 30 mai 1687, par lequel acte Madeleine Niel et Étienne Charles accordaient une quittance à Léonard Montreuil pour l’achat d’une terre au fief du Tremblay. Dans les années 1690, les Français conduisirent deux expéditions militaires contre les Iroquois. La première, en 1693, visait les Agniers tandis que la seconde, en 1696, était dirigée contre les Onontagués et les Onneiouts. Lors de l’expédition de 1693, les Français et leurs alliés brûlèrent les trois principaux villages des Agniers. Ils firent aussi plusieurs centaines de captifs, des femmes et des enfants surtout, qu’ils durent toutefois relâcher sur le chemin du retour, parce qu’ils étaient poursuivis par les Iroquois. Après ces attaques, et celles que les peuples amérindiens alliés aux Français menèrent contre les Iroquois, la position de faiblesse dans laquelle se trouvaient les Cinq-Nations les incitèrent à accepter les propositions de paix des Français et qui conduisit à la signature du traité de La Grande Paix de Montréal, en 1701. « Ainsi fini ce qu’on peut appeler un siècle de guerre. On a attaché, avec raison d’ailleurs, beaucoup d’importance à la paix générale de 1701. Elle marquait une puissante tentative, faite par la France, d’imposer dans le monde indien qui l’entourait une paix régie et administrée par elle. Elle terminait aussi une guerre sanglante, qui avait coûté bien du sang, des angoisses, des destructions et des massacres. C’était, d’une certaine façon, la fin des guerres indiennes, sous les deux formes distinctes qu’elles avaient connues : des forts assiégés et tenus étroitement serrés, de manière que tous ceux qui en sortaient couraient un risque de mort; et attaques à l’improviste et à la dérobée, rapides et vives, contre des colonies dans une forêt. »[7]
Les épidémiesDes épidémies, généralement introduites par les navires arrivant infestés, ont, à de nombreuses occasions, décimé la population. Les conditions d’hygiène souvent déficientes, créaient un terrain propice à l’éclosion et à la propagation des maladies. En effet, de l’automne 1687 à la fin de l’été 1688, il y a eu une épidémie de fièvre pourpre et de rougeole dans la colonie, faisant environ trois cents victimes. Des quarante actes de sépulture que j’ai consultés dans les registres de Boucherville, aucun décès des habitants du fief du Tremblay ne fut toutefois à déplorer si ce n’est la fille de Barbe Montreuil et de Pierre Gareau lesquels séjournaient de façon sporadique dans la maison du père de Barbe qui habitait le fief du Tremblay. La variole, aussi appelée petite vérole, une maladie infectieuse d’origine virale très contagieuse et épidémique, a sévit dans la colonie en 1702 et 1703. L’estimation du nombre de victimes dans la colonie dépassait les 1 000 personnes. Dans la seigneurie de Boucherville, au fief du Tremblay et dans la seigneurie de Longueuil, l’épidémie a surtout fait ses ravages entre le 1er mai et le 31 juillet 1703. D’ailleurs, en 1703, à Boucherville et à Longueuil le nombre d’actes de sépulture a dépassé le nombre d’actes de baptême. À Boucherville, en 1703, on déplora vingt-trois décès, tandis qu’à Longueuil on dénombra dix-neuf décès. Les mois de mai, juin et juillet 1703 furent les plus meurtriers avec trente-deux des quarante-deux inhumations. Le fief du Tremblay n’échappa pas à l’épidémie. Pierre Gareau et Barbe Montreuil ont enterré, le 13 juillet 1703, leur fille Marguerite âgée de sept semaines et leur fils Michel âgée de 10 ans. Jean-Baptiste Deniau et Thérèse Ménard ont quant à eux pleuré le décès, le 4 juin 1703, de leur fils Pierre Deniau, âgé de 27 mois. Deux des petits-fils de Madeleine Niel et d’Étienne Charles ont été terrassés par la maladie. Il s’agit du fils d’Hélène Charles et de Michel Viau qui fut inhumé, à Longueuil, le 1er juin 1703 et qui n’avait pas 3 ans et du fils de Marguerite Charles et de François Dubois qui, âgé de 3 mois à peine, fut inhumé, à Longueuil, le 26 juillet 1703.
Le décès d’Étienne CharlesÉtienne Charles décéda âgé de 80 ans et fut inhumé à Laval[8], dans la paroisse Saint-François-de-Sales, le 16 mai 1724. À l’acte de sépulture on le nomma Étienne Lajeunesse du Tremblay. L’acte de sépulture mentionne qu’Étienne est décédé « après s’être confessé et avoir reçu les sacrements de l’eucharistie et de l’extrême-onction et avoir donné des marques de piété et de religion ». Le curé ne mentionne pas la date de son décès. Alexis Gariépy et Pierre Filiatrault assistèrent à son inhumation. Il rejoignit alors quatre des ses enfants décédés avant lui, Françoise Charles en 1682, Michel Charles en 1703, Catherine Charles en 1704 et Madeleine Charles en 1709.
Le décès de Madeleine NielMadeleine Niel survécut
un peu plus de huit ans à son cher Étienne. Le 16 août 1732, au
même endroit, fut inhumée Madeleine Niel, décédée la veille
après avoir reçu tous les sacrements. Ses fils Jean-Baptiste
Charles et Étienne Charles furent témoins à l’acte de sépulture. Les apparitions dans les actes civils et les recensementsMadeleine Niel et Étienne Charles apparurent aussi dans certains actes de baptême, de mariage, de sépulture et dans certains recensements. Au recensement de 1666 et 1667, Étienne Charles n’apparait dans aucun des deux recensements, ce qui est normal étant donné que les soldats n’étaient pas recensés. Le 26 avril 1672, à Montréal, Madeleine Niel fut nommée marraine de Jacques Boisseau. Ce dernier était le fils de Pierre Boisseau et d’Anne Foubert, des voisins de Madeleine Niel et d’Étienne Charles au fief du Tremblay. Lors du recensement de 1681, il y avait six censitaires et vingt-huit habitants au fief du Tremblay : Antoine Dupré et son épouse Élizabeth Valiquette, Étienne Charles, sa femme Madeleine Niel, de même que leurs six premiers enfants, Jean Petit, Jean Deniau, son épouse Hélène Dodin, ainsi que leurs six enfants, Nicolas Dubré, Louis Lamoureux ainsi que sa femme Françoise Boivin et leurs six enfants.[9] On y mentionnait Étienne Charles comme étant âgé de 32 ans, alors qu’il avait en réalité 38 ans. Il vivait avec sa femme, Madeleine Niel, âgée de 30 ans et leurs six enfants; Madeleine 11 ans, Clément 9 ans, Catherine 7 ans, Michel 5 ans, Étienne 3 ans et Hélène 1 an. Ces notes ne correspondent pas exactement avec les dates de naissance d’Hélène et d’Étienne. En 1681, Hélène avait 3 ans et Étienne 1 an. Selon ce même recensement, Étienne Charles possédait une vache et huit arpents en valeur. A propos de l’âge de nos ancêtres, il ne faut pas s’étonner de retrouver à de multiples occasions des erreurs dans l’âge qui est mentionné dans les divers documents. La plupart ne savaient ni lire ni écrire et les familles comptaient de nombreux enfants. Nos ancêtres devaient donc faire entièrement appel à leur mémoire pour se souvenir de leur date et année de naissance. Le 31 janvier 1687, le premier petits-enfants de Madeleine Niel et d’Étienne Charles vit le jour. Étienne, grand-père, eut l’immense honneur d’être le parrain de Marie-Françoise Petit, fille de Louis Petit et de sa fille aînée Marie Charles. La cérémonie du baptême eut lieu le 1er février 1687, à Boucherville.Le 5 avril 1688, au baptême de Catherine Lamoureux à Boucherville, Madeleine Niel fut de nouveau marraine. Sa filleule était la fille de Louis Lamoureux et de Françoise Boivin. Leur fille, Marguerite Charles, accoucha d’un premier enfant le 18 janvier 1701. Étienne Charles fut présent au baptême, qui eut lieu le jour même à Longueuil. Il agit à nouveau à titre de parrain, cette fois pour Marie-Josèphe Dubois. Le 14 janvier 1701, leur fille Catherine Charles donna naissance à un deuxième enfant, une fille qui fut prénommée Catherine. Le lendemain à l’occasion du baptême à Longueuil, Étienne Charles eut à nouveau l’honneur d’être parrain. Étienne Charles se rendit le 18 février 1720 à Longueuil pour assister aux funérailles de son gendre Michel Viau, l’époux d’Hélène Charles sa fille. On mentionnait alors Étienne Charles résident de Longueuil, ce qui me laisse supposer que Madeleine et Étienne, après la vente de leur terre au fief du Tremblay aient trouvé refuge chez leur fille Hélène Charles. Étienne Charles assista également, à Montréal, au mariage en secondes noces de sa fille Anne Charles avec Charles Sureau dit Blondin, le 28 février 1720, de même qu’à Longueuil, au mariage de deux de ses petites-filles, Marie-Rose Lespérance, le 12 août 1720 et Marie Viau, le 30 septembre 1721. Madeleine fut de nouveau marraine le 21 août 1725. Cette fois, il s’agissait de son arrière-petite-fille, baptisée à Longueuil sous le nom de Marie-Madeleine Caillé. Cette dernière était la fille de Madeleine Charles et de Noël-Ignace Caillé et la petite-fille de Michel Charles et de Jeanne Cadieux.
Madeleine Niel et Étienne Charles furent les parents de douze enfants, huit filles et quatre garçons. Marie-Blanche Clément, dans un article publié dans la revue MÉMOIRES de la SOCIÉTÉ GÉNÉALOGIQUE Canadienne-Française de juin 1948, mentionne que le couple eut treize enfants. Mes recherches ne m’ont pas permis de retracer ce treizième enfant, si jamais il a existé.
La mortalité infantileLa mortalité infantile en Nouvelle-France était importante. Selon les démographes de l’université de Montréal, le taux de mortalité infantile était de 17,1 % avant 1680 et de 24,2 % dans les trois premières décennies du 18e siècle. Au moins, un enfant sur quatre décédait avant l’âge de un an, dont 2 à 4 % étaient mort-nés ou mouraient à la naissance alors qu’au 18e siècle deux enfants sur cinq décédaient avant l’âge de 15 ans. En ce qui concerne Madeleine Niel et d’Étienne Charles, leur progéniture jouissait d’une excellente santé. En effet, un seul de leurs douze enfants décéda en bas âge. Eux-mêmes, malgré des conditions de vie difficiles moururent à un âge avancé.
Des unions avec des descendants de soldatsDouze pousses avaient surgi de cette nouvelle plantation en cette terre de promesses qui allait étendre ses ramifications surtout au Québec. Et onze de ses rameaux a donné naissance à une nouvelle famille, à une nouvelle descendance. Madeleine Niel et Étienne Charles laissèrent à la postérité plus de cent petits-enfants, une descendance digne des patriarches de la Bible. Les enfants de Madeleine Niel et d’Étienne Charles, s’unirent à de bonnes familles de l’époque. Quelques-unes de ces familles avaient pour chef un ancien soldat du régiment de Carignan-Salière : Dupré dit Rochefort, Viau dit Lespérance et Robin dit Lapointe. Leurs enfants s’essaimèrent surtout dans les régions de Varennes, de Boucherville, de Longueuil, de Montréal, de Laval et de Terrebonne. Leurs enfants furent connus sous les patronymes de « Charles », de « Lajeunesse » et de « Clément ».
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Les enfants de Madeleine Niel
et d’Étienne Charles
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(b.) Nom au baptême (m.) Nom au mariage (s.) Nom lors de la sépulture |
(n.) Date de naissance (l.) Lieu du baptême (paroisse ou église ou comté) (b.) Date du baptême (p.) Parrain (m.) Marraine |
(c.) Nom du conjoint (l.) Lieu du mariage (paroisse ou église ou comté) (d.) Date du mariage (p.) Père du conjoint (m.) Mère du conjoint |
(d.) Date du décès (l.) Lieu de sépulture (paroisse ou église ou comté) (s.) Date de sépulture
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(b.) Marie-Madeleine Charles (m.) Marie Charles (s.) Marie Charles |
(n.) 8 septembre 1669 (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (b.) 17 novembre 1669 (p.) Charles Denart (m.) Marie Chauvin |
(c.) Louis Petit (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (d.) 7 janvier 1686 (p.) Nicolas Petit (m.) Marie-Françoise Pouponnelle |
(d.) 5 février 1709 (l.) Varennes (Sainte-Anne) (s.) 6 février 1709 |
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(b.) Clément Charles (s.) Clément Charles |
(n.) 28 octobre 1671 (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (b.) 29 octobre 1671 (p.) Clément Collardaux (m.) Marguerite Sellerin |
(c.) Marie Dupré (l.) Inconnu (d.) Inconnue (p.) Antoine Dupré (m.) Élizabeth Valiquette |
(d.) Non mentionnée (l.) Terrebonne (Saint-Louis-de-France) (s.) 13 février 1743 |
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(b.) Catherine Charles (m.) Catherine Charles (s.) Catherine Charles dite Lajeunesse |
(n.) 1er février 1674 (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (b.) 2 février 1674 (p.) Pierre Boisseau (m.) Catherine Clérice |
(c.) Jean Bissonnette (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (d.) 16 mars 1700 (p.) Jacques Bissonnette (m.) Marguerite Collet |
(d.) 8 janvier 1704 (l.) Montréal (Basilique Notre-Dame) (s.) 8 janvier 1704
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(b.) Michel Charles (m.) Michel Charles (s.) Michel Lajeunesse |
(n.) 4 février 1676 (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (b.) 5 février 1676 (p.) Michel Dubuc (m.) Catherine Isambert |
(c.) Jeanne Cadieux (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (d.) 16 juin 1698 (p.) Jean Cadieux (m.) Marie Valade |
(d.) Non mentionnée (l.) Montréal (Basilique Notre-Dame) (s.) 13 juillet 1703 |
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(b.) Hélène Charles (m.1) Hélène Charles (m.2) Hélène Charles dite Lajeunesse (s.) Hélène Charles |
(n.) Non mentionnée (l.) Montréal (Basilique Notre-Dame) (b.) 12 août 1678 (p.) Louis Denis (m.) Hélène Dodin |
(c.) Michel Viau (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (d.) 28 octobre 1698 (p.) Jacques Viau (m.) Madeleine Plouart |
(d.) 22 février 1752 (l.) Longueuil (Saint-Antoine-de-Pade) (s.) 23 février 1752 |
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(c.) Étienne Benoît dit Livernois (l.) Longueuil (Saint-Antoine-de-Pade) (d.) 23 juin 1722 (p.) Paul Benoît (m.) Élizabeth Gobinet |
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(b.) Étienne Charles (m.1) Étienne Charles (m.2) Étienne Charles (s.) Étienne Charles |
(n.) 30 novembre 1680 (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (b.) 4 décembre 1680 (p.) Jean Petit (m.) Marguerite Ménard |
(c.) Marie-Josèphe Robin (l.) Longueuil (Saint-Antoine-de-Pade) (d.) 3 septembre 1702 (p.) Jean Robin (m.) Jeanne Charton |
(d.) Non mentionnée (l.) Laval (Sainte-Rose-de-Lima) (s.) 6 février 1759 |
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(c.) Marie-Françoise Leclerc (l.) Terrebonne (Saint-Louis-de-France) (d.) 27 juillet 1735 (p.) Robert Leclerc (m.) Marie Jallet |
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(b.) Françoise Charles (s.) Françoise Charles |
(n.) 19 décembre 1682 (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (b.) 20 décembre 1682 (p.) François Lanctôt (m.) Marguerite Étienne |
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(d.) Non mentionnée (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (s.) 22 décembre 1682 |
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(b.) Marguerite Charles (m.) Marguerite Charles (s.) Marie-Marguerite Lajeunesse |
(n.) 23 août 1684 (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (b.) 24 août 1684 (p.) Léonard Montreuil (m.) Marguerite Étienne |
(c.) François Dubois (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (d.) 18 janvier 1700 (p.) Jean Dubois (m.) Catherine Dumas |
(d.) 10 février 1750 (l.) Terrebonne (Saint-Louis-de-France) (s.) 11 février 1750 |
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(b.) Marie-Madeleine Charles (m.) Marie Charles (s.) Marie Clément |
(n.) 2 février 1687 (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (b.) 3 février 1687 (p.) René Deniau (m.) Marguerite Deniau |
(c.) Pierre Régnier (l.) Longueuil (Saint-Antoine-de-Pade) (d.) 31 janvier 1718 (p.) Henri Régnier (m.) Marie Chaudron |
(d.) 7 mai 1756 (l.) Montréal (Basilique Notre-Dame) (s.) 8 mai 1756 |
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(b.) Jean-Baptiste Charles (m.1) Jean-Baptiste Charles (m.2) Jean-Baptiste Charles (s.) Jean-Baptiste Charles |
(n.) 15 avril 1689 (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (b.) 16 avril 1689 (p.) Jean-Baptiste Ménard |
(c.) Marie-Anne Bourdon (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (d.) 29 octobre 1715 (p.) Jacques Bourdon (m.) Marie Ménard |
(d.) Non mentionnée (l.) Laval (Saint-François-de-Sales) (s.) 29 juillet 1745 |
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(c.) Marie Lamothe (l.) Laval (Saint-François-de-Sales) (d.) 25 février 1729 (p.) François Lamothe (m.) Marie Leroux |
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(b.) Anne Charles (m.1) Anne Charles (m.2) Marie-Anne Charles (s.) Marie-Anne Lajeunesse |
(n.) 20 janvier 1691 (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (b.) 21 janvier 1691 (p.) Louis Ménard (m.) Anne Talbot |
(c.) Marin Bourdon (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (d.) 23 décembre 1709 (p.) Jacques Bourdon (m.) Marie Ménard |
(d.) Non mentionnée (l.) Pointe-Claire (Saint-Joachim) (s.) 25 décembre 1753 |
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(c.) Charles Sureau dit Blondin (l.) Montréal (Basilique Notre-Dame) (d.) 28 février 1720 (p.) Hilaire Sureau (m.) Louise Paradis |
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(b.) Jeanne Charles (m.) Jeanne Charles (s.) Marie-Jeanne Lajeunesse |
(n.) 5 avril 1693 (l.) Boucherville (Sainte-Famille) (b.) 5 avril 1693 (p.) Pierre Lancoignée (m.) Marguerite Blois |
(c.) Ignace Bourdon (l.) Longueuil (Saint-Antoine-de-Pade) (d.) 13 avril 1711 (p.) Jacques Bourdon (m.) Marie Ménard |
(d.) Non mentionnée (l.) Berthierville (Sainte-Geneviève) (s.) 22 novembre 1728 |
Voir la transcription des actes notariés :
Actes notariés de couple CHARLES-NIEL
[1] Marie-Blanche CLÉMENT, « Les familles Charles dites Lajeunesse dites Clément », MÉMOIRES de la SOCIÉTÉ GÉNÉALOGIQUE Canadienne-Française, Vol. III, no 2, juin 1948, p. 113.
[2] Michel LANGLOIS, Carignan-Salière 1665-1668, Drummondville, La Maison des ancêtres inc., 2004, p. 139.
[3] Michel LANGLOIS, Carignan-Salière 1665-1668, Drummondville, La Maison des ancêtres inc., 2004, p. 66 et p. 508.[3] Michel LANGLOIS, Carignan-Salière 1665-1668, Drummondville, La Maison des ancêtres inc., 2004, p. 66 et p. 508.
[4] Viateur BOULET, 1608/1760 - Les transporteurs de nos ancêtres, 1998, p 69.
[5]
Émilienne SÉGUIN, « Le pain bénit », LUSTUCRU, no 4, automne
1977, p. 5.
[6]
Rivière Jésus : autrefois appellation de la Rivière-des-Mille-Îles.
[7] Léo-Paul DESROSIERS, Iroquoisie Tome 4, [s. l.], Les Éditions du Septentrion, 1999, P. 347.
[8] Autrefois nommé l’Île Jésus.
[9] Benjamin SULTE, Histoire des Canadiens-Français 1608-1880, Wilson & compagnie, Montréal, 1882, volume V, p.72.